Pourquoi le net andorran est si proche du brut

Le premier réflexe d’un salarié qui compare Andorre avec la France ou l’Espagne est de chercher les postes de retenue qu’il connaît : assurance chômage, retraite complémentaire, contribution sociale généralisée, prélèvement à la source. La fiche de paie andorrane est beaucoup plus courte. La sécurité sociale est gérée par un organisme unique, la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS), qui prélève un taux global de 22 % du salaire, dont 6,5 % sont à la charge du salarié et 15,5 % à celle de l’employeur.

Du côté de l’impôt, l’IRPF (impost sobre la renda de les persones físiques) applique un taux de 10 % sur la part de revenu qui dépasse un minimum personnel de 24 000 € par an. Une bonification vient encore alléger la cotisation due sur les revenus du travail. Le résultat, pour un salarié célibataire gagnant 3 000 € bruts par mois, est un net qui représente plus de 90 % du brut, comme le montre l’exemple plus bas.

Cette simplicité ne dit rien du niveau de protection : les prestations de la CASS obéissent à leurs propres règles, distinctes de celles des régimes français ou espagnol, et elles se vérifient auprès de la caisse. Le « net » de cette page est le montant qui arrive sur le compte après la cotisation CASS et l’IRPF retenu par l’employeur.

La cotisation CASS : 6,5 % à la charge du salarié

Selon la CASS, la cotisation des salariés se décompose en deux branches. La branche générale (maladie, maternité, accidents non professionnels) représente 3 % pour le salarié et 7 % pour l’employeur. La branche retraite représente 3,5 % pour le salarié et 8,5 % pour l’employeur.

BranchePart salariéPart employeurTotal
Générale3 %7 %10 %
Retraite3,5 %8,5 %12 %
Ensemble6,5 %15,5 %22 %

L’assiette est le salaire total, y compris les compléments, les primes et les avantages en nature. La page officielle de la CASS précise que la retenue de 6,5 % doit être prélevée par l’employeur et qu’elle ne peut pas être modifiée par accord entre les parties : un contrat qui prétendrait faire supporter la totalité des 22 % par l’employeur serait sans effet à l’égard de la caisse.

Cas particulier des salariés déjà retraités

Un salarié qui perçoit déjà sa pension de retraite continue de cotiser, mais seulement à la branche générale : le taux global tombe à 10 % du salaire brut, soit 3 % pour le salarié et 7 % pour l’employeur.

Calendrier et pénalités

L’employeur déclare et paie les cotisations chaque mois, entre le 1er et le 15 du mois suivant, par le biais du certificat numérique. Un retard est sanctionné par un supplément de 5 % (jusqu’à un mois), 10 % (de un à six mois) ou 20 % (au-delà). Ne pas reverser les 6,5 % retenus sur le salaire figure parmi les infractions très graves, passibles d’amendes exprimées en points de retraite. Pour le salarié, la leçon pratique est simple : vérifier une fois par an, auprès de la CASS, que les cotisations de son employeur sont bien enregistrées.

L’IRPF andorran : un taux de 10 % et un minimum de 24 000 €

Le guide de l’administration fiscale andorrane (Departament de Tributs i de Fronteres) indique que le taux de l’IRPF est de 10 %, appliqué séparément à la base générale et à la base de l’épargne. Les revenus du travail relèvent de la base générale, après déduction des charges admises, pour aboutir à la « renda neta del treball ».

L’effet de la bonification est facile à illustrer : pour un revenu net du travail de 40 000 €, la part imposable est de 16 000 €, la cotisation brute de 1 600 € et la bonification de 800 €. Entre 24 000 € et 40 000 €, le taux effectif est donc d’environ 5 %. Au-delà, comme la bonification reste plafonnée, le taux effectif se rapproche progressivement de 10 %.

Retenue de l’employeur et régularisation

L’employeur retient et reverse périodiquement l’impôt sur les salaires. Chaque année, l’administration envoie aux contribuables concernés une proposition de liquidation partielle (formulaires 300.3 ou 300.4) qui tient lieu de déclaration limitée aux revenus du travail ; elle peut être acceptée jusqu’au 30 septembre de l’année suivante. Un solde dû se règle à la même date, un trop-perçu est remboursé dans les trois mois. La déclaration classique se dépose du 1er avril au 30 septembre.

Le salaire minimum depuis le 1er juillet 2026

Le salaire minimum interprofessionnel est fixé sur la base de l’article 73 de la loi 31/2018 sur les relations de travail. Un premier décret (n° 8/2026 du 14 janvier 2026) l’avait établi pour 2026 ; le décret 253/2026 du 1er juillet 2026, publié au BOPA n° 77 du 8 juillet 2026, l’a relevé pour les salariés de 15 ans et plus.

PériodeHoraireJournalier (8 h)Mensuel
Janvier à juin 20268,80 €–1 525,33 €
Depuis le 1er juillet 20269,05 €72,40 €1 568,66 €

Les montants de la période de janvier à juin proviennent d’un site d’information secondaire et sont donnés à titre de repère ; ceux de juillet 2026 figurent dans la circulaire de la CASS. Le montant mensuel équivaut à 40 heures hebdomadaires. Le texte officiel ne précise pas, dans les extraits consultés, le nombre de mensualités : vérifiez dans le contrat si le salaire est versé en 12 ou en 14 fois, car cela change la valeur de chaque virement mais pas le total annuel convenu.

À ce niveau, un salarié au minimum perçoit environ 18 824 € bruts sur douze mois, soit moins que le minimum personnel de 24 000 € : aucun IRPF n’est dû. Seule la cotisation de 6,5 % est retenue.

Exemple chiffré : 3 000 € bruts par mois

Hypothèses de l’exemple : un salarié célibataire, sans autre revenu, payé 3 000 € bruts sur douze mois, soit 36 000 € par an. On suppose que la cotisation CASS est déduite pour obtenir le revenu net du travail et que le minimum personnel de 24 000 € s’applique sans déduction supplémentaire. Ce calcul illustre la mécanique ; il ne remplace pas une simulation officielle.

ÉtapeCalculMontant annuel
Salaire brut3 000 € × 1236 000 €
Cotisation CASS salarié6,5 % de 36 000 €2 340 €
Revenu net du travail36 000 € − 2 340 €33 660 €
Part imposable33 660 € − 24 000 €9 660 €
Cotisation avant bonification10 % de 9 660 €966 €
Bonification50 % (plafond 800 €)− 483 €
IRPF dû966 € − 483 €483 €
Net perçu36 000 € − 2 340 € − 483 €33 177 €

Le net mensuel ressort à environ 2 764,75 €, soit 92,2 % du brut. Si la déduction de la cotisation CASS n’était pas admise dans la base de l’IRPF, la part imposable passerait à 12 000 € et l’impôt à 600 € après bonification : l’écart est de 117 € par an, ce qui montre que l’incertitude porte sur peu d’argent mais qu’il vaut la peine de la lever en demandant la règle à l’administration.

Lire un contrat de travail andorran

Avant de comparer deux offres, quelques points méritent une vérification écrite.

  1. Montant exprimé en brut ou en net : beaucoup d’offres en Andorre sont annoncées en brut annuel ; demandez si le chiffre inclut ou non d’éventuelles mensualités supplémentaires.
  2. Part de variable : primes et commissions entrent dans l’assiette de la CASS, mais elles peuvent faire basculer le revenu au-delà du minimum de 24 000 € et déclencher l’impôt.
  3. Avantages en nature : logement, véhicule ou forfait de ski sont cotisables lorsqu’ils font partie de la rémunération.
  4. Statut fiscal de résident : les règles décrites ici visent le résident fiscal ; un non-résident relève d’un impôt distinct sur le revenu, qui a ses propres taux.
  5. Convention franco-andorrane et frontaliers : la situation d’un travailleur qui réside en France ou en Espagne dépend de conventions bilatérales ; ce point n’est pas traité ici et relève de l’administration fiscale de son pays de résidence.

Le salarié doit pouvoir obtenir de son employeur un certificat de salaire et de retenues, qui sert à contrôler les chiffres de la proposition de liquidation envoyée chaque année.

Ce que ces taux ne disent pas

Plusieurs paramètres ne sont pas couverts par les sources officielles consultées pour cette page et ne sont donc pas chiffrés ici : l’existence d’un plafond de base de cotisation à la CASS, la fiscalité exacte des indemnités de départ, le régime des heures supplémentaires et la règle de versement du 13e mois ou de gratifications. Les fiches de la CASS indiquent seulement que l’assiette est le salaire total ; la caisse invite à consulter le Butlletí Oficial du Principat d’Andorra (BOPA) pour tout usage juridique.

La monnaie est l’euro, ce qui supprime tout risque de change pour un salarié européen. L’année fiscale suit l’année civile et la déclaration annuelle s’ouvre en avril. Pour une comparaison avec un pays voisin, le simulateur de salaire français ou espagnol du site donne un net comparable sur une base commune.

Questions fréquentes

Quel est le taux de la cotisation salariale CASS en Andorre ?

La CASS indique une part salarié de 6,5 % du salaire, soit 3 % pour la branche générale et 3,5 % pour la retraite. L’employeur paie 15,5 %, pour un total de 22 %. Le salarié déjà retraité ne cotise qu’à la branche générale, à 3 %.

Le salarié paie-t-il l’IRPF dès le premier euro ?

Non. Le guide de l’administration fiscale prévoit un minimum personnel de 24 000 € par an (30 000 € en cas de handicap reconnu). Le taux de 10 % ne s’applique qu’à la part de revenu au-dessus de ce minimum, avec une bonification de 50 % plafonnée à 800 € sur les revenus du travail.

Quel est le salaire minimum en Andorre en 2026 ?

Depuis le 1er juillet 2026, il est de 9,05 € de l’heure, 72,40 € par jour de 8 heures et 1 568,66 € par mois, selon la circulaire de la CASS qui s’appuie sur le décret 253/2026. Il valait 8,80 € de l’heure depuis le décret 8/2026 du mois de janvier.

L’employeur retient-il l’impôt sur le salaire ?

Oui, l’employeur retient et reverse périodiquement l’impôt sur les salaires. L’administration envoie ensuite une proposition de liquidation partielle que le contribuable peut accepter jusqu’au 30 septembre de l’année suivante, ou bien il dépose une déclaration entre le 1er avril et le 30 septembre.

Peut-on convenir avec l’employeur qu’il prenne en charge les 6,5 % ?

La CASS précise que l’employeur doit retenir cette part sur le salaire et qu’elle ne peut pas être modifiée par accord. Une prise en charge peut en revanche passer par une augmentation du brut, qui reste soumise à la cotisation.

Pour aller plus loin : organismes et ressources