Simulateur de salaire net en France (2026)

Calcul dans votre navigateur, sans envoi de données. Net = montant viré sur le compte bancaire (après cotisations et impôt à la source quand il existe). Résultat indicatif, voir les hypothèses affichées sous le résultat.

Pourquoi le statut pèse plus que le métier

Deux personnes qui exercent la même profession, par exemple kinésithérapeute ou architecte, peuvent relever de régimes sociaux sans rapport : l’une est salariée d’une clinique ou d’une agence, l’autre exerce en libéral ou en micro-entreprise. Dans le premier cas, le calcul part d’un brut inscrit sur un bulletin et retranche des cotisations salariales. Dans le second, il part d’un chiffre d’affaires ou d’un bénéfice et applique des cotisations d’indépendant, avec un décalage dans le temps.

Avant de chercher la page « de son métier », il est donc plus sûr de se demander qui paie, avec quel document et selon quelle règle. Cinq familles couvrent presque tous les cas : le salarié du secteur privé, l’agent public, le travailleur à employeur particulier ou à mission, le stagiaire ou l’étudiant, et le travailleur indépendant ou micro-entrepreneur.

Famille 1 : le salarié du secteur privé, cadre ou non

C’est la situation de référence du simulateur. Le brut est réduit par la vieillesse, la retraite complémentaire, la contribution d’équilibre général, la CSG et la CRDS. Pour 2 500 € bruts mensuels, un non-cadre obtient 1 978,99 € de net avant impôt, un cadre 1 978,39 €. L’écart de 0,60 € tient à une seule cotisation, celle de l’Apec (0,024 %). On croit souvent qu’être cadre change radicalement les retenues : sur la fiche de paie du salarié, ce n’est presque pas le cas. L’écart sensible se situe ailleurs, dans la prévoyance, la retraite supplémentaire et la rémunération elle-même.

En Alsace-Moselle, le même salarié non-cadre paie une cotisation maladie de 1,30 %, soit 32,50 € de plus par mois, et son net avant impôt tombe à 1 946,49 €. Les métiers de la pharmacie, de l’architecture ou de la santé salariée relèvent de cette famille, avec leurs conventions collectives propres, qui fixent grilles, primes et majorations.

Famille 2 : l’agent public, du traitement indiciaire au net

Chez un fonctionnaire, la rémunération se construit autrement : un indice majoré multiplié par la valeur du point d’indice donne le traitement, auquel s’ajoutent indemnité de résidence, supplément familial et primes. Environ 4,92 € bruts par mois sont ajoutés par point d’indice supplémentaire, ce qui permet de chiffrer un changement d’échelon.

Les retenues diffèrent aussi : la retenue pour pension civile ou à la CNRACL est de 11,10 % du traitement indiciaire, et les primes cotisent au RAFP à 5 %, dans la limite de 20 % du traitement. Pour un brut de 2 500 € dont 20 % de primes, le net avant impôt ressort à 2 019,74 €, soit plus que pour un salarié du privé au même brut, parce que la pension civile ne frappe que le traitement. Les droits à la retraite relèvent en revanche de régimes différents et ne se comparent pas ligne à ligne. Professeurs, agents territoriaux et fonctionnaires d’État partagent cette logique, avec des grilles distinctes.

Famille 3 : les statuts à mission ou à employeur particulier

L’intérimaire, l’assistante maternelle, la nounou, l’auxiliaire de vie, la femme de ménage, le vacataire, le VRP et l’intermittent du spectacle sont tous salariés, mais leur paie intègre des éléments particuliers :

Ces situations exigent de lire le bulletin avant de chiffrer : une même somme totale ne se décompose pas de la même façon selon la part d’indemnités.

Famille 4 : stagiaire et étudiant

Un stagiaire n’est pas un salarié : il perçoit une gratification, obligatoire au-delà de deux mois de présence, dont le plancher est de 4,50 € par heure en 2026 (15 % d’un plafond horaire de 30 €). Pour un mois standard de 151,67 heures, ce plancher donne 682,50 €. Les cotisations ne s’appliquent que sur la part supérieure à ce seuil, ce qui rend un stage au minimum légal exonéré de cotisations salariales.

L’étudiant qui travaille en parallèle de ses études peut avoir deux sources : un job salarié classique et une gratification. Les deux ne suivent pas les mêmes règles ; il faut les séparer avant de calculer le revenu net de chaque source. Les pages dédiées détaillent ces cas sans les mélanger.

Famille 5 : indépendant, micro-entrepreneur et revenus de plateforme

Ici, il n’y a pas de brut ni de net au sens du bulletin. Le micro-entrepreneur applique un taux de cotisations au chiffre d’affaires encaissé, sans déduire de charges. Le taux dépend de l’activité : 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 25,6 % pour une activité libérale non réglementée. Sur 36 000 € de chiffre d’affaires en prestations de services, cela donne 7 632 € de cotisations. Avec le versement libératoire de l’impôt (1,7 % pour ce type d’activité), il reste 27 756 € par an avant frais, soit 2 313 € par mois.

Ce chiffre ne se compare pas directement à un net de salarié : 36 000 € de chiffre d’affaires ne sont pas 36 000 € bruts, car le micro-entrepreneur supporte seul ses frais, sa mutuelle et sa retraite. À titre de repère, un brut annuel de 36 000 € pour un salarié non-cadre donne environ 28 497 € de net avant impôt, mais avec une couverture chômage et un employeur qui cotise de son côté.

Livreurs de plateformes, créateurs de contenu sur YouTube ou TikTok, architectes ou kinésithérapeutes en libéral relèvent de cette famille, avec des particularités : retenue américaine sur l’audience étrangère, cotisations forfaitaires des deux premières années, caisses de retraite professionnelles propres à chaque profession libérale.

Trois erreurs de lecture qui reviennent chez tous les statuts

  1. Comparer un chiffre d’affaires à un brut. Le premier est avant toute charge, le second est déjà un coût pour l’employeur réduit des cotisations salariales.
  2. Oublier les éléments hors salaire. Indemnités de fin de mission, indemnités d’entretien d’une assistante maternelle ou frais d’un VRP ne se traitent pas comme du salaire.
  3. Confondre la convention collective et la loi. La loi fixe les planchers (SMIC de 1 867,02 € bruts mensuels, gratification de stage), la convention ajoute des grilles et des primes qui varient d’une branche à l’autre.

Quand vous hésitez entre deux pages, retenez la plus proche du document que vous avez en main : bulletin, facture, relevé de plateforme ou convention de stage.

Questions fréquentes

Un cadre a-t-il beaucoup plus de retenues qu’un non-cadre ?

Pas sur le calcul du salarié lui-même : à 2 500 € bruts, l’écart de net avant impôt est de 0,60 € par mois, correspondant à la cotisation Apec de 0,024 %. Les différences viennent surtout de la prévoyance et de la rémunération.

Un fonctionnaire est-il mieux payé qu’un salarié du privé au même brut ?

Au même brut de 2 500 € avec 20 % de primes, le net avant impôt est de 2 019,74 € contre 1 978,99 € dans le privé, car la retenue pour pension civile de 11,10 % ne porte que sur le traitement. Les régimes de retraite diffèrent toutefois.

Le minimum de gratification d’un stage est-il soumis à cotisations ?

Non, tant que la gratification ne dépasse pas 4,50 € par heure de présence en 2026. Au-delà de ce seuil, la part excédentaire est soumise à cotisations.

Peut-on comparer le revenu d’un micro-entrepreneur à un salaire ?

Seulement après avoir retranché les frais professionnels et en tenant compte de la protection sociale. Un chiffre d’affaires de 36 000 € en services laisse environ 27 756 € après cotisations et versement libératoire, avant frais.

Pourquoi l’intérimaire a-t-il un brut supérieur à celui du contrat ?

Parce que s’ajoutent à son salaire une indemnité de fin de mission de 10 % et une indemnité de congés payés de 10 % du total. Ces deux sommes sont du salaire soumis à cotisations.

Pour aller plus loin : organismes et ressources