Trois bulletins de paie avant l'arrêt : la période observée

Pour un arrêt maladie ordinaire, la caisse retient le total des trois derniers salaires bruts avant le jour de l'arrêt, puis le divise par 91,25 (365 jours divisés par 4 trimestres). Le résultat est le salaire journalier de base (SJB). Cette méthode explique qu'une prime ponctuelle versée dans la fenêtre fasse monter la base, et qu'un mois partiellement payé la fasse baisser.

Le montant mensuel brut qui apparaît sur la fiche de paie, avant toute déduction de cotisations, est l'assiette. Les trois derniers mois sont ceux qui précèdent immédiatement la date de l'arrêt ; si vous aviez déjà un arrêt antérieur, la fenêtre est décalée d'autant.

Pour l'ouverture des droits, la caisse exige un minimum d'activité : 150 heures travaillées sur les trois mois civils précédents (ou les 90 jours), ou des cotisations sur une rémunération d'au moins 1 015 fois le Smic horaire sur les six mois civils. Au-delà de six mois d'arrêt, les exigences passent à 600 heures sur les douze derniers mois, ou 2 030 fois le Smic horaire.

La formule : 50 % du salaire journalier de base, dans la limite d'un plafond

L'indemnité journalière (IJ) est égale à 50 % du SJB. Elle est calculée sur un salaire plafonné : pour les arrêts débutant à partir du 1er avril 2025, la fiche de service-public indique un plafond de 1,4 fois le Smic mensuel, soit 2 613,82 € en 2026 (1,8 fois le Smic pour les arrêts antérieurs). L'IJ maximale par jour pour une maladie ordinaire est de 42,97 € en 2026, comme le confirme la page des montants maximum de l'Assurance maladie.

Salaire brut mensuel (stable)Total des 3 moisSJBIJ journalière
1 867,02 € (Smic mensuel)5 601,06 €61,38 €30,69 €
1 920,00 €5 760,00 €63,12 €31,56 €
2 400,00 €7 200,00 €78,90 €39,45 €
3 000,00 €9 000,00 €98,63 €, ramené au plafond42,97 €
4 000,00 €12 000,00 €131,51 €, ramené au plafond42,97 €

À partir d'un brut mensuel d'environ 2 614 €, l'indemnité cesse d'augmenter. Un cadre à 4 000 € et un salarié à 3 000 € reçoivent la même IJ de la Sécurité sociale : la différence de revenu est alors comblée, en tout ou partie, par le maintien de salaire de l'employeur ou par la prévoyance.

Les trois jours de carence et le paiement par jour calendaire

Chaque arrêt est soumis à un délai de carence de trois jours : les indemnités ne sont dues qu'à partir du quatrième jour. Il n'y a pas de nouvelle carence si la reprise entre deux arrêts dure moins de 48 heures, ni pour les arrêts successifs liés à une affection de longue durée. Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, les IJ courent dès le premier jour.

Les IJ sont versées pour chaque jour calendaire, samedis et dimanches compris, tous les 14 jours. Le calcul d'un arrêt se fait donc sur des jours de calendrier, jamais sur des jours ouvrés.

Exemple : un arrêt de 30 jours à 2 400 € brut

Le SJB est de 78,90 € et l'IJ de 39,45 €. Avec trois jours de carence, 27 jours sont indemnisés : 27 × 39,45 € = 1 065,15 € bruts de Sécurité sociale. Pour comparaison, le salaire brut du mois était de 2 400 €. Sans rien d'autre, la perte brute atteint 1 334,85 € ; c'est ce trou que comblent les compléments décrits plus bas.

Primes, mois incomplets et variations de salaire dans la fenêtre

La somme des trois derniers salaires bruts inclut en pratique tout ce qui a été payé dans la fenêtre, mais certaines situations déforment la base.

Le point essentiel est que le calcul repose sur l'attestation de salaire transmise par l'employeur à la caisse. Une erreur dans cette attestation (salaire mal ventilé, prime absente) se répercute sur chaque versement jusqu'à ce qu'elle soit corrigée.

Le maintien de salaire de l'employeur : une deuxième couche de calcul

Le salarié qui compte au moins un an d'ancienneté, qui transmet le certificat médical sous 48 heures et qui n'est ni saisonnier, ni intermittent, ni temporaire, ni travailleur à domicile, peut recevoir un complément de son employeur. Le délai de carence légal est de sept jours, sauf convention plus favorable. La durée de maintien dépend de l'ancienneté : de 60 jours entre un et cinq ans à 180 jours pour 31 ans et plus, avec 90 % du salaire brut dans un premier temps, puis 66,66 %. Les IJ de la Sécurité sociale sont déduites du montant dû.

Exemple chiffré sur 30 jours

Un salarié de trois ans d'ancienneté perçoit 2 400 € brut. Pendant la phase à 90 %, l'employeur doit garantir 2 160 € brut (90 % de 2 400 €) pour 30 jours. L'IJ de 39,45 € × 30 jours donne 1 183,50 € ; le complément de l'employeur est donc de 976,50 € brut. Ce montant est une illustration : votre convention collective peut prévoir mieux, comme un maintien à 100 % ou une carence plus courte.

Durée maximale, cumuls et temps partiel thérapeutique

La Sécurité sociale verse en principe jusqu'à 12 mois d'indemnités sur une période de trois ans, ou jusqu'à trois ans en cas d'affection de longue durée. Les IJ se cumulent avec une pension d'invalidité (selon son taux), avec une pension de vieillesse si vous travaillez encore, et avec le complément de l'employeur ; elles ne se cumulent ni avec l'allocation chômage ni avec les IJ de maternité ou d'accident du travail.

Une reprise à temps partiel thérapeutique peut ouvrir droit à des IJ ; renseignez-vous auprès de la caisse pour leur calcul exact. Pour la suite, notamment une rupture du contrat, la référence pour les autres calculs reste celle d'avant l'arrêt : c'est la règle retenue pour l'indemnité de licenciement et pour le salaire de référence du chômage.

Enfin, les IJ sont imposables et soumises à des prélèvements sociaux ; le détail dépend de la situation du salarié (arrêt, ALD, accident du travail), ce qui explique l'écart entre l'indemnité brute calculée ci-dessus et la somme effectivement reçue sur le compte bancaire.

Questions fréquentes

Quel est le montant maximum de l'indemnité journalière maladie en 2026 ?

Selon la page de l'Assurance maladie publiée le 1er juin 2026, le maximum pour une maladie ordinaire est de 42,97 € par jour. Il correspond à 50 % d'un salaire journalier de base plafonné, calculé sur 1,4 fois le Smic mensuel, soit 2 613,82 € selon la fiche de service-public.

Pourquoi divise-t-on les trois mois par 91,25 ?

Parce que 365 jours divisés par 4 trimestres donnent 91,25 jours en moyenne par période de trois mois. Cette division convertit les trois derniers salaires bruts en un salaire journalier de base, sur lequel s'applique ensuite le taux de 50 %.

Les jours de carence sont-ils toujours de trois ?

Oui pour un arrêt maladie ordinaire. Il n'y a pas de nouvelle carence si deux arrêts sont séparés de moins de 48 heures, ni pour les arrêts successifs liés à une affection de longue durée. Pour un accident du travail, les indemnités commencent dès le premier jour.

Mon employeur doit-il compléter mes indemnités ?

Si vous avez au moins un an d'ancienneté et remplissez les conditions de forme, oui, après un délai de carence de sept jours sauf convention plus favorable. Le complément est de 90 % du salaire brut puis 66,66 %, indemnités de la Sécurité sociale déduites, pour une durée qui dépend de l'ancienneté.

Un arrêt maladie réduit-il mon salaire de référence pour le chômage ou le licenciement ?

Non. Pour le chômage, France Travail reconstitue le salaire habituel pendant la période d'arrêt. Pour l'indemnité de licenciement, la référence est celle des 12 ou 3 mois qui précèdent l'arrêt, comme l'indique la fiche de service-public.

Pour aller plus loin : organismes et ressources