Simulateur de salaire net en France (2026)

Calcul dans votre navigateur, sans envoi de données. Net = montant viré sur le compte bancaire (après cotisations et impôt à la source quand il existe). Résultat indicatif, voir les hypothèses affichées sous le résultat.

Ce qu’est vraiment un treizième mois

Le treizième mois n’est pas une catégorie à part dans le Code du travail : c’est une prime annuelle, d’un montant égal en général à un mois de salaire brut, qui s’ajoute aux douze paies habituelles. Elle est due lorsqu’elle est prévue par le contrat de travail, par un accord collectif ou une convention de branche, par un usage constant dans l’entreprise ou par un engagement de l’employeur. Sans l’une de ces sources, rien ne l’impose.

Une fois versée, elle fait partie du salaire. La fiche pratique consacrée aux primes sur le site du service public précise d’ailleurs que le treizième mois figure parmi les primes annuelles qui entrent dans la rémunération et dans l’assiette des cotisations sociales. Elle subit donc les mêmes prélèvements que le reste du brut : cotisations salariales, CSG, CRDS, puis impôt retenu à la source.

Deux présentations coexistent, et elles se confondent souvent dans les offres d’emploi. Dans la première, la prime est versée en bloc, généralement en novembre ou en décembre. Dans la seconde, le salaire annuel est simplement divisé par treize et chaque mensualité est plus faible, le treizième versement n’étant alors que la treizième part du même total. Pour comparer deux propositions, il faut toujours ramener l’offre à un brut annuel, puis regarder le rythme de versement.

La formule du brut annuel et de la mensualité équivalente

Le calcul de base tient en deux lignes. Avec un salaire mensuel de référence S, le brut annuel est 13 × S. À l’inverse, un brut annuel A versé sur treize mois donne une mensualité de A ÷ 13. Pour retrouver un équivalent sur douze mois, on calcule A ÷ 12, ce qui revient à multiplier S par 13/12, soit 1,0833.

HypothèseCalculRésultat
Mensualité de 2 500 € brut, 13 versements2 500 × 1332 500 € brut par an
Équivalent lissé sur 12 mois32 500 ÷ 122 708,33 € brut
Package de 36 000 € sur 13 mois36 000 ÷ 132 769,23 € brut par mois
Même package sur 12 mois36 000 ÷ 123 000,00 € brut par mois

La dernière ligne est la plus parlante : annoncer 2 769 € par mois au lieu de 3 000 € donne l’impression d’une baisse, alors que l’enveloppe annuelle est identique. Le salaire horaire se déduit de la même manière : on part du brut annuel et on le divise par le nombre d’heures payées dans l’année, jamais par un mois isolé qui contiendrait la prime.

Le prorata : arrivée et départ en cours d’année

Quand le salarié n’a pas été présent toute l’année, la prime est proratisée si le texte qui l’institue le prévoit. Le principe courant est de multiplier le montant d’un mois par le nombre de mois de présence divisé par douze. La fiche du Code du travail numérique consacrée aux primes de convention collective de la branche immobilière l’illustre : le treizième mois y est calculé sur le dernier salaire brut mensuel, les absences indemnisées à 100 % ou à 90 % comptent comme du temps de présence, et le salarié qui part en cours d’année touche la prime au prorata de sa présence. Cette règle est celle de cette convention précise : dans une autre branche, la formule peut différer, et le contrat prime s’il est plus favorable.

Le piège le plus courant concerne les mois partiels : arrondir à l’entier supérieur ou inférieur, compter en jours calendaires ou en jours ouvrés change le résultat de quelques dizaines d’euros. Vérifiez la méthode avant de contester un bulletin.

Exemple détaillé : le bulletin du mois de versement

Prenons un salarié non-cadre du privé payé 2 500 € brut par mois, hors Alsace-Moselle. Son bulletin ordinaire donne un net avant impôt de 1 978,99 €. Le mois où la prime s’ajoute, le brut passe à 5 000 € et le net avant impôt à 3 962,83 €. La différence, 1 983,84 €, représente 79,4 % de la prime : le reste a été absorbé par les cotisations salariales, la CSG et la CRDS.

Ligne (simulateur France)Mois ordinaireMois avec treizième mois
Salaire brut2 500,00 €5 000,00 €
Net avant impôt sur le revenu1 978,99 €3 962,83 €
Prélèvement à la source, taux neutre59,46 € (2,9 %)566,53 € (13,8 %)
Net à payer, taux neutre1 919,54 €3 396,30 €
Prélèvement à la source, taux personnalisé de 6 %123,01 €246,32 €
Net à payer, taux personnalisé de 6 %1 855,98 €3 716,51 €

La prime nette réellement virée est donc de 1 476,76 € avec le taux neutre, mais de 1 860,53 € avec un taux personnalisé de 6 %. L’écart de 383,77 € ne représente pas un impôt supplémentaire définitif : c’est une avance plus lourde, régularisée l’année suivante.

Pourquoi le taux neutre écrase la prime

L’impôt retenu sur le bulletin résulte d’un produit : base mensuelle imposable par taux de prélèvement. Cette base est légèrement supérieure au net avant impôt, car elle ne retire pas la CSG non déductible ni la CRDS. Dans l’exemple, la base d’un mois ordinaire est de 2 050,22 € ; celle du mois de la prime atteint 4 105,28 €.

Or le taux neutre n’est pas un taux moyen : c’est un taux lu dans une grille par tranches de base mensuelle, appliqué à toute la base. Entre 2 060 € et 2 170 € le taux est de 3,5 %, et à partir de 4 019 € on passe à 13,8 %. Le simple fait de doubler le brut un mois fait donc sauter le salarié de la tranche à 2,9 % à celle de 13,8 %. Pour un salarié dont le taux personnalisé est de 6 %, la grille neutre surestime la retenue ce mois-là et la sous-estime les autres.

La page économie.gouv.fr sur la gestion du taux rappelle que le taux neutre est un choix réservé aux salariés qui ne souhaitent pas communiquer leur taux personnalisé à l’employeur, et que, s’il est inférieur au taux réel, la différence doit être versée à l’administration. À l’inverse, s’il est supérieur, l’excédent est restitué au moment de la régularisation annuelle. Le mois de la prime est le moment où ce mécanisme se voit le plus.

Versement en bloc, en deux fois ou lissé : l’effet sur le net

Au même brut annuel, le rythme de versement modifie la trésorerie mais très peu le net annuel, sous réserve que le salaire reste sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale de 4 005 € et que le taux de prélèvement soit personnalisé.

Scénario, taux personnalisé de 6 %Net à payerTotal annuel
12 mois à 3 000 € brut (36 000 € par an)2 227,18 € par mois26 726,16 €
13 mois à 2 769,23 € brut2 055,85 € par mois26 726,05 €
Prime de 2 500 € versée en deux fois 1 250 € : mois à 3 750 € brut2 783,97 € le mois du versement-

Les deux totaux annuels ne diffèrent que de 0,11 €, un arrondi. Le lissage n’enrichit ni n’appauvrit : il déplace la paie dans le calendrier. Avec le taux neutre, en revanche, la prime payée d’un coup subit 13,8 % sur la base alors que deux moitiés de 1 250 € restent dans des tranches plus basses : un mois à 3 750 € brut supporte 7,5 %, contre 13,8 % pour le mois à 5 000 €. Le choix du rythme appartient à l’employeur et au contrat ; le salarié peut en revanche demander l’application d’un taux personnalisé pour éviter cet effet.

Les pièges de vérification sur le bulletin

Le bulletin du mois de versement mérite une relecture ligne à ligne. Quelques points reviennent régulièrement.

Treizième mois et négociation d’une offre

Lors d’une embauche ou d’une négociation, trois questions suffisent à cadrer le treizième mois. D’où vient-il : contrat, convention ou usage ? Est-il garanti ou conditionné à une présence au 31 décembre, à des objectifs ou à la situation de l’entreprise ? Est-il proratisé en cas de départ ? Une prime conditionnée par la présence à une date fixe peut disparaître pour qui démissionne en novembre, alors qu’une prime proratisée suit le salarié jusqu’à son dernier jour.

Pour comparer deux offres, convertissez-les en brut annuel garanti, puis en net annuel à l’aide du simulateur ci-dessus en entrant la mensualité équivalente. Un salaire annoncé « sur 13 mois » sans précision sur la garantie doit être rapproché d’un 12 mois fixe. La part variable ou conditionnelle ne se compte pas au même niveau que le garanti.

Questions fréquentes

Le treizième mois est-il obligatoire ?

Il est obligatoire lorsqu’il est prévu par le contrat de travail, un accord collectif ou une convention de branche, un usage ou un engagement de l’employeur. En l’absence de ces sources, aucune règle ne l’impose. Une fois versé, il est considéré comme du salaire.

Le treizième mois est-il soumis aux cotisations et à l’impôt ?

Oui. Il entre dans le brut du mois de versement et supporte les cotisations salariales, la CSG, la CRDS et le prélèvement à la source, comme le reste de la rémunération. Il est aussi compris dans le net imposable annuel.

Comment calculer le treizième mois en cas d’entrée en cours d’année ?

On multiplie en général un mois de salaire par le nombre de mois de présence divisé par douze. Avec 2 500 € brut et neuf mois de présence, on obtient 1 875 € brut. Le texte applicable précise la méthode pour les mois incomplets.

Pourquoi mon net de décembre est-il inférieur à ce que j’attendais ?

Une partie de la prime est absorbée par les cotisations, mais surtout par le prélèvement à la source si votre taux est le taux neutre, qui monte par paliers avec la base mensuelle. Avec un taux personnalisé, la prime nette est nettement plus élevée.

Un salaire sur 13 mois est-il plus avantageux qu’un salaire sur 12 mois ?

Seul le brut annuel garanti compte. À brut annuel égal, le net annuel est quasiment identique ; seul le calendrier des versements change. Une offre de 36 000 € sur 13 mois équivaut à 3 000 € par mois sur 12 mois.

Pour aller plus loin : organismes et ressources