Simulateur de salaire net en France (2026)

Calcul dans votre navigateur, sans envoi de données. Net = montant viré sur le compte bancaire (après cotisations et impôt à la source quand il existe). Résultat indicatif, voir les hypothèses affichées sous le résultat.

Ce qui compose la paie d’une mission

Le bulletin d’une mission d’intérim additionne trois blocs. Le premier est le salaire de base : heures normales, heures supplémentaires et éventuelles primes de poste. Le deuxième est l’indemnité de fin de mission (IFM), souvent appelée prime de précarité. Le troisième est l’indemnité compensatrice de congés payés (ICCP), qui rémunère les congés acquis pendant la mission et non pris. Les deux indemnités apparaissent sur le dernier bulletin de la mission et le reçu pour solde de tout compte.

Cette structure explique pourquoi, à taux horaire égal, un intérimaire gagne davantage qu’un salarié permanent sur la même période, mais n’a ni congés payés pris en nature ni garantie de continuité. Le calcul ci-dessous suit la logique de la loi : il ne couvre pas les accords de branche ou d’entreprise qui peuvent apporter d’autres primes.

Le principe de rémunération équivalente

Une fois la période d’essai passée, l’intérimaire perçoit au moins le salaire d’un salarié de l’entreprise utilisatrice qui a une qualification et un poste équivalents. Il bénéficie aussi des primes et accessoires de salaire prévus pour ces postes. Concrètement, le taux horaire qui figure sur le contrat de mission doit être comparé à celui de l’entreprise utilisatrice, et non à la seule grille de l’agence.

Les jours fériés sont payés sans condition d’ancienneté si les autres salariés de l’entreprise en bénéficient. Dans le bâtiment, l’indemnité d’intempéries est versée sans condition d’ancienneté non plus. Ces avantages sont des éléments de salaire : ils entrent dans le brut sur lequel se calculent ensuite les deux indemnités.

L’indemnité de fin de mission : 10 % du brut total

L’IFM est au moins égale à 10 % de la rémunération totale brute de la mission, renouvellements compris. Elle est versée avec le dernier salaire. Elle n’est pas due dans plusieurs cas : l’entreprise utilisatrice embauche l’intérimaire en CDI immédiatement après la mission ; l’entreprise lui dispense une formation complémentaire à l’issue de la mission ; il rompt le contrat à son initiative ; la rupture est anticipée pour faute grave ou force majeure ; la mission est saisonnière, sauf si une convention ou un accord applicable la prévoit. Une convention collective peut aussi prévoir des règles différentes.

Retenez une conséquence pratique : refuser un renouvellement ou démissionner en cours de mission fait perdre l’IFM de cette mission. À l’inverse, accepter un CDI chez l’entreprise utilisatrice supprime aussi l’indemnité, qu’il faut mettre en balance avec la stabilité du poste.

L’indemnité compensatrice de congés payés : 10 % de plus

L’ICCP est due pour chaque mission, quelle qu’en soit la durée, lorsque l’intérimaire n’a pas pris tous ses congés avant la fin du contrat. Elle ne peut pas être inférieure à 10 % de la rémunération totale brute, indemnité de fin de mission comprise. Le calcul s’enchaîne donc : on obtient d’abord le salaire de base, puis on y ajoute 10 % pour l’IFM, enfin on ajoute 10 % de ce total pour l’ICCP.

Le coefficient cumulé est ainsi de 1,10 × 1,10 = 1,21 : une mission payée 1 000 € de salaire de base débouche sur 1 210 € de brut total. Certaines périodes sont assimilées à du travail pour l’ICCP : congé de maternité ou d’adoption, arrêt pour accident du travail ou maladie professionnelle dans la limite d’un an continu, et rappel sous les drapeaux commencé pendant la mission.

Exemple : un mois complet à 13,20 € de l’heure

Une mission d’un mois complet de 35 heures hebdomadaires, soit 151,67 heures, à 13,20 € brut de l’heure.

Ligne du bulletinCalculMontant brut
Salaire de base151,67 × 13,20 €2 002,04 €
Indemnité de fin de mission10 % de 2 002,04 €200,20 €
Indemnité de congés payés10 % de 2 202,24 €220,22 €
Brut totalsomme2 422,46 €

Si l’on applique le simulateur ci-dessus aux deux montants (statut non-cadre), les résultats sont les suivants.

Base de calculNet avant impôtPrélèvement à la source (taux neutre)Net à payer
Salaire de base seul (2 002,04 €)1 584,81 €0,5 % soit 8,21 €1 576,60 €
Brut total (2 422,46 €)1 917,61 €2,9 % soit 57,61 €1 860,00 €

Les indemnités ajoutent donc 283,40 € net pour 420,42 € de brut en plus. L’écart vient des cotisations et de la CSG, mais aussi du taux neutre qui passe de 0,5 % à 2,9 % quand la base mensuelle franchit les seuils de la grille. Ce calcul traite l’ensemble comme un brut ordinaire : c’est l’hypothèse du simulateur, qui ne détaille pas la ventilation du bulletin d’agence.

Missions courtes : le même mécanisme à petite échelle

Pour une mission de trois jours de 7 heures à 13,20 €, le salaire de base est de 277,20 €. L’IFM ajoute 27,72 €, ce qui porte le total à 304,92 €, puis l’ICCP de 30,49 € amène le brut total à 335,41 €. La mission paraît courte, mais le taux horaire apparent est de 15,97 € de brut par heure (335,41 ÷ 21), soit 21 % de plus que le taux affiché.

Cette observation est utile pour comparer une offre d’intérim et un CDD : le taux horaire de l’intérim doit être lu avec 1,21, tandis que celui d’un CDD classique donne droit à une indemnité de fin de contrat selon son propre régime. À l’inverse, l’intérim n’offre pas de congés payés pris en nature : ces dix pour cent compensent la période de non-travail.

Ce que le simulateur ne dit pas

Le résultat est une estimation à partir du régime des salariés non-cadres du privé. Il ignore la mutuelle obligatoire, la prévoyance, les cotisations conventionnelles de la branche du travail temporaire, les frais de transport pris en charge et les primes de panier ou de poste. Il ignore aussi les mois chevauchant deux missions ou des périodes sans mission, qui modifient la base mensuelle du prélèvement à la source.

Pour un contrôle de bulletin, rapprochez le taux horaire du contrat, les heures effectuées, les deux indemnités et le net à payer figurant en bas de page. Vérifiez en particulier que l’assiette de l’ICCP inclut bien l’IFM, comme le prévoit la règle.

Questions fréquentes

L’intérimaire a-t-il droit à une prime de précarité à chaque mission ?

Oui, l’indemnité de fin de mission est due à la fin de chaque mission et doit être au moins égale à 10 % du brut total. Elle n’est pas due si l’intérimaire est embauché en CDI par l’entreprise utilisatrice, s’il rompt lui-même le contrat, en cas de faute grave ou de force majeure, ou pour une mission saisonnière sauf accord contraire.

Les 10 % de congés payés se calculent-ils avant ou après la prime de précarité ?

Après. L’indemnité compensatrice de congés payés est d’au moins 10 % de la rémunération totale brute, indemnité de fin de mission comprise. Le coefficient total est donc 1,10 × 1,10, soit 1,21 appliqué au salaire de base.

Quel salaire un intérimaire doit-il percevoir par rapport aux salariés de l’entreprise ?

Après la période d’essai, au moins celui d’un salarié de l’entreprise utilisatrice de qualification et de poste équivalents, avec les primes et accessoires de salaire prévus pour ce poste. Les jours fériés sont payés dans les mêmes conditions que pour ses collègues.

Le simulateur donne-t-il le net exact d’une mission d’intérim ?

Il en donne une estimation fondée sur les cotisations d’un salarié non-cadre. Il traite le brut total de la mission comme un salaire ordinaire, sans les cotisations conventionnelles du travail temporaire ni la mutuelle. Le bulletin de l’agence reste la référence.

Pourquoi le prélèvement à la source varie-t-il d’une mission à l’autre ?

Sans taux personnalisé, l’agence applique la grille du taux neutre à la base mensuelle de la paie. Un mois qui contient les indemnités de fin de mission et de congés dépasse plus facilement un seuil de la grille, et le taux passe à la tranche suivante.

Pour aller plus loin : organismes et ressources