Simulateur de salaire net au Maroc
Calcul dans votre navigateur, sans envoi de données. Net = montant viré sur le compte bancaire (après cotisations et impôt à la source quand il existe). Résultat indicatif, voir les hypothèses affichées sous le résultat.
Ce que le simulateur calcule, et ce qu'il vous demande de renseigner
Le simulateur du Maroc part d'un salaire brut mensuel en dirhams (MAD), le multiplie par douze et applique, dans cet ordre, l'assurance maladie obligatoire (AMO), les cotisations que vous saisissez, l'impôt sur le revenu au barème annuel et la réduction pour charges de famille. Le résultat est présenté en deux temps : le net avant impôt, puis le net à payer, c'est-à-dire ce qui arrive réellement sur le compte bancaire après retenue de l'impôt.
Une particularité tient à son honnêteté : seules deux règles sont intégrées comme valeurs officielles, l'AMO à 2,26 % et le barème de l'impôt. Tout le reste est un champ libre ou un champ à confirmer :
- Personnes à charge : de 0 à 6, avec 500 MAD de réduction d'impôt par personne.
- CNSS à court terme et CNSS à long terme (retraite) : deux champs de pourcentage, vides par défaut. Si vous ne connaissez pas le taux, la ligne est ignorée.
- Plafond mensuel d'assiette CNSS : prérempli à 6 000 MAD à titre indicatif, mais sans effet tant que les taux CNSS sont vides.
- CIMR : retraite complémentaire facultative, en pourcentage du brut, vide par défaut.
- Frais professionnels : un pourcentage du brut et un plafond annuel, tous deux vides.
Autrement dit, tant que vous n'avez rien saisi hormis le brut, le résultat est une estimation basse des prélèvements sociaux et haute de l'impôt : il ignore la CNSS et la déduction forfaitaire pour frais professionnels, que beaucoup de bulletins de paie font apparaître. Lisez votre bulletin, reportez les pourcentages qui y figurent, et le calcul se rapproche de votre situation.
L'AMO : une cotisation salariale de 2,26 % sans plafond
La fiche de la CNSS consacrée à l'assurance maladie obligatoire donne le détail suivant : la cotisation globale représente 1,85 % plus 4,52 % de la masse salariale déplafonnée, soit 6,37 %. Cette somme se répartit ainsi : 2,26 % à la charge du salarié, 2,26 % à la charge de l'employeur, et 1,85 % de contribution de solidarité supportée uniquement par l'employeur. Le salarié ne voit donc passer que les 2,26 %.
Deux précisions comptent pour le calcul. D'abord, l'assiette n'est pas plafonnée : sur un brut de 8 000 MAD, la retenue est de 180,80 MAD, et sur 15 000 MAD elle monte à 339,00 MAD. Ensuite, la page de la CNSS ne mentionne pas de date d'effet pour ce taux ; le simulateur le signale dans ses notes plutôt que de l'affirmer pour une période précise.
Cette cotisation est déduite avant le calcul de l'impôt : elle réduit le revenu net imposable, ce qui explique que l'impôt calculé par le simulateur soit toujours légèrement inférieur à ce que donnerait le barème appliqué sur le brut.
Le barème de l'impôt sur le revenu appliqué aux salaires
Le simulateur utilise le barème annuel issu de la loi de finances 2025, applicable aux revenus autres que fonciers acquis à compter du 1er janvier 2025, tel que le présente la note synthétique des mesures fiscales du ministère des Finances. La première tranche exonérée est passée de 30 000 à 40 000 MAD et le taux marginal de 38 % à 37 %. L'impôt se calcule en multipliant le revenu net imposable annuel par le taux de la tranche, puis en retranchant une somme à déduire.
| Revenu net imposable annuel (MAD) | Équivalent mensuel (MAD) | Taux | Somme à déduire (MAD) |
|---|---|---|---|
| 0 à 40 000 | jusqu'à 3 333,33 | 0 % | 0 |
| 40 001 à 60 000 | 3 333,33 à 5 000 | 10 % | 4 000 |
| 60 001 à 80 000 | 5 000 à 6 666,67 | 20 % | 10 000 |
| 80 001 à 100 000 | 6 666,67 à 8 333,33 | 30 % | 18 000 |
| 100 001 à 180 000 | 8 333,33 à 15 000 | 34 % | 22 000 |
| Au-delà de 180 000 | plus de 15 000 | 37 % | 27 400 |
Lisez ce tableau avec prudence : les montants s'appliquent au revenu net imposable, donc après cotisations et déductions, et non au brut. Un salarié à 8 000 MAD de brut ne se situe pas dans la tranche des 8 333 MAD mensuels une fois ses prélèvements retirés.
Point à confirmer : ce barème est celui de 2025. Le maintien à l'identique pour 2026 n'a pas pu être vérifié sur la note de circulaire de la loi de finances 2026, dont la consultation était bloquée. Le projet de loi de finances 2027 évoque un barème transitoire qui reprend 34 % et 37 % pour les deux dernières tranches, ce qui suggère une continuité, sans en apporter la preuve.
Exemple détaillé : un salarié à 8 000 MAD brut par mois
Prenons un salarié célibataire sans personne à charge, payé 8 000 MAD brut par mois, sans CNSS ni frais professionnels saisis. Le calcul du simulateur se déroule ainsi :
- Brut annuel : 8 000 × 12 = 96 000 MAD.
- AMO : 2,26 % × 96 000 = 2 169,60 MAD par an, soit 180,80 MAD par mois.
- Net imposable annuel : 96 000 − 2 169,60 = 93 830,40 MAD, qui se situe dans la tranche à 30 %.
- Impôt : 93 830,40 × 30 % − 18 000 = 10 149,12 MAD par an, soit 845,76 MAD par mois.
- Net à payer : 8 000 − 180,80 − 845,76 = 6 973,44 MAD par mois.
Avec deux personnes à charge, la réduction est de 2 × 500 = 1 000 MAD par an, soit 83,33 MAD par mois, et le net passe à 7 056,77 MAD. Le plafond de 3 000 MAD est atteint à six personnes ; au-delà, le simulateur ne compte plus rien.
Pour mesurer l'effet des champs libres, supposons à titre purement illustratif deux cotisations CNSS salariales de 1 % chacune sur une assiette plafonnée à 6 000 MAD. Elles retirent 120 MAD par mois, mais l'impôt diminue d'une quarantaine de dirhams parce que la base imposable baisse : le net tombe à 6 889,44 MAD, soit 84 MAD de moins. Ces pourcentages ne sont pas les taux réels, ils servent seulement à montrer la mécanique ; à vous de lire les vôtres sur le bulletin.
Trois profils de salaire pour situer les ordres de grandeur
Le tableau suivant reprend des résultats du simulateur, sans CNSS, CIMR ni frais professionnels et sans personne à charge. Il met en évidence la progressivité de l'impôt.
| Brut mensuel (MAD) | AMO (MAD) | Impôt mensuel (MAD) | Tranche marginale | Net à payer (MAD) |
|---|---|---|---|---|
| 3 500 | 79,10 | 8,76 | 10 % | 3 412,14 |
| 5 000 | 113,00 | 155,37 | 10 % | 4 731,63 |
| 8 000 | 180,80 | 845,76 | 30 % | 6 973,44 |
| 15 000 | 339,00 | 3 151,41 | 34 % | 11 509,59 |
On voit que le premier salaire est à peine imposé, alors que le dernier perd plus d'un cinquième de son brut en impôt seul (près d'un quart avec l'AMO). Ce constat dépend toutefois de la déduction pour frais professionnels : dans la pratique, une déduction forfaitaire diminue la base imposable et donc l'impôt, surtout pour les salaires moyens. Le simulateur ne l'applique pas tant que vous n'avez pas saisi le taux et le plafond, car aucune valeur 2026 n'a pu être vérifiée dans les sources consultées. Le projet de loi de finances 2027 cite une déduction de 45 % plafonnée à 35 000 dirhams dans l'article 59, mais il s'agit d'une proposition pour 2027, pas de la règle de 2026.
CNSS, CIMR, SMIG : les valeurs que cette page ne chiffre pas
Les pages de la CNSS qui détaillent la part salariale des prestations sociales à court terme et de la retraite, ainsi que le plafond mensuel d'assiette, n'étaient pas consultables par les outils de vérification. Ni le taux ni le plafond ne sont donc écrits ici comme des faits. Le plafond de 6 000 MAD qui préremplit le champ est un repère indicatif : confirmez-le sur votre bulletin ou auprès de la caisse.
La CIMR est un régime de retraite complémentaire géré par une caisse, facultatif et propre à l'entreprise. Si votre employeur y adhère, le taux figure sur la fiche de paie.
Le salaire minimum, SMIG pour le secteur non agricole, SMAG pour l'agriculture, n'est pas chiffré non plus : les textes officiels n'étaient pas lisibles et la presse annonçant une hausse de 5 % en 2026 n'est pas une source suffisante. Pour connaître la valeur en vigueur, consultez le ministère chargé du travail ou le Bulletin officiel.
Ce qui n'est pas modélisé : treizième mois, cadres, fonctionnaires
Le simulateur traite douze mensualités sans treizième mois. Si votre contrat prévoit une gratification annuelle, ajoutez-la au brut annuel et divisez par douze pour obtenir un brut mensuel moyen ; l'impôt réel dépendra du mode de retenue sur les primes, que le calcul ne reproduit pas. Les cadres, les fonctionnaires (qui relèvent d'autres régimes sociaux comme la CNOPS et le RCAR) et les revenus complémentaires ne sont pas distingués non plus.
Le mode de retenue exact par l'employeur, mensuel sur base annuelle d'après la logique du barème, n'est pas confirmé par une page officielle ouverte ; le simulateur le suppose. Enfin, certains avantages, par exemple les bons de nourriture dont le plafond d'exonération est passé de 30 à 40 dirhams par la loi de finances 2025, ou l'indemnité de stage exonérée jusqu'à 6 000 dirhams par mois pour les contrats conclus à partir du 1er janvier 2025, échappent au calcul.
Le résultat doit être lu comme une estimation, utile pour comparer deux offres ou mesurer l'effet d'une augmentation, mais qui ne remplace pas le bulletin de paie établi par l'employeur.
Comment vérifier votre résultat en trois contrôles
Pour valider l'estimation sans attendre la fin du mois, procédez par recoupement :
- Ligne AMO : elle doit valoir 2,26 % de votre brut, sans plafond. Un écart signale une rémunération qui n'entre pas dans l'assiette ou un autre régime.
- Lignes CNSS : reportez le pourcentage et le plafond imprimés sur le bulletin dans les champs dédiés. Vérifiez que le total des cotisations correspond à celui du bulletin avant de regarder l'impôt.
- Impôt : comparez-le à l'impôt du bulletin. Si l'écart est important, la cause la plus probable est une déduction pour frais professionnels non saisie.
Une fois ces trois lignes alignées, le net affiché doit coller à votre virement à quelques dirhams près.
Questions fréquentes
Quel est le taux de l'AMO retenu sur le salaire au Maroc ?
D'après la fiche de la CNSS sur l'assurance maladie obligatoire, le salarié supporte 2,26 % de l'ensemble de sa rémunération, sans plafond. L'employeur paie 2,26 % de son côté, plus 1,85 % de contribution de solidarité à sa seule charge.
Jusqu'à quel salaire n'y a-t-il pas d'impôt sur le revenu ?
Le barème de la loi de finances 2025 exonère la première tranche jusqu'à 40 000 dirhams de revenu net imposable par an, soit environ 3 333 dirhams par mois. Le seuil s'applique après cotisations et déductions : le brut correspondant est donc un peu plus élevé.
Comment fonctionne la réduction pour charges de famille ?
Elle s'élève à 500 dirhams par an et par personne à charge, dans la limite de 3 000 dirhams, soit six personnes. Elle se retranche de l'impôt calculé et ne peut pas le rendre négatif. Elle remplace les anciens montants de 360 et 2 160 dirhams.
Pourquoi les champs CNSS et frais professionnels sont-ils vides ?
Parce que les taux et plafonds applicables en 2026 n'ont pas pu être vérifiés sur des sources officielles lisibles. Plutôt que d'afficher une valeur peut-être fausse, le simulateur vous laisse saisir les pourcentages figurant sur votre bulletin de paie.
Le barème de l'impôt est-il le même en 2026 ?
Le barème utilisé est celui des revenus acquis à compter du 1er janvier 2025. Sa reconduction pour 2026 n'a pas été confirmée par la note de circulaire correspondante ; le projet de loi de finances 2027 semble en reprendre les derniers taux. Vérifiez auprès de l'administration fiscale.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- CNSS Maroc — FAQ sur le régime de l'assurance maladie obligatoireDonne les taux AMO du salarié et de l'employeur et précise que l'assiette n'est pas plafonnée.
- Ministère de l'Économie et des Finances — Note synthétique des mesures fiscales de la loi de finances 2025Publie le barème de l'impôt sur le revenu et la déduction pour charges de famille en vigueur depuis le 1er janvier 2025.
