Simulateur de salaire net au Luxembourg (2026)
Calcul dans votre navigateur, sans envoi de données. Net = montant viré sur le compte bancaire (après cotisations et impôt à la source quand il existe). Résultat indicatif, voir les hypothèses affichées sous le résultat.
Le bulletin luxembourgeois en six lignes
Un bulletin de paie luxembourgeois se lit en six temps. Le brut du mois, d'abord. Puis les cotisations sociales, regroupées en trois branches pour la part salariale : assurance maladie en nature (soins de santé), maladie en espèces, et assurance pension. Ensuite la contribution à l'assurance dépendance, séparée parce qu'elle suit une assiette particulière. Puis la retenue d'impôt, prélevée par l'employeur selon la classe inscrite sur la fiche de retenue d'impôt remise par l'administration des contributions directes (ACD). Enfin, ce qui surprend les nouveaux arrivants : des crédits d'impôt, versés en plus du salaire, qui augmentent le net.
Le « net » est ce qui arrive sur le compte bancaire après toutes ces lignes. Les déductions de la fiche de retenue (frais de déplacement, dépenses spéciales) réduisent la base d'impôt mais pas le net perçu : elles diminuent la retenue, sans être elles-mêmes versées.
Il n'y a pas de distinction cadre et non-cadre dans les cotisations de nos sources, et nous n'avons pas pu vérifier sur une page officielle l'existence d'un 13e mois obligatoire : si votre contrat ou votre convention collective en prévoit un, la retenue qui lui est appliquée suit un barème distinct que le simulateur ne reproduit pas.
Cotisations 2026 : 11,55 % plus la dépendance
Selon la Caisse nationale de santé et le Centre commun de la sécurité sociale (CCSS), les taux 2026 sont de 5,60 % pour les soins de santé, 0,50 % pour les prestations en espèces et 17 % pour la pension, partagés à parts égales entre salarié et employeur. La part du salarié est donc de 2,80 %, 0,25 % et 8,50 %, soit 11,55 % au total. La pension passe ainsi de 16 % à 17 % en 2026, d'après la CCSS.
L'assiette est le brut cotisable, borné par un minimum égal au salaire social minimum non qualifié (2 771,33 € par mois depuis le 1er juin 2026, 2 703,74 € auparavant) et un maximum égal à cinq fois ce salaire, soit 13 856,63 € par mois depuis juin. Au-delà du plafond, plus rien n'est cotisé. Pour un temps partiel, le plancher est proratisé sur 173 heures par mois.
La contribution dépendance est de 1,40 % de la rémunération diminuée d'un abattement mensuel, fixé au quart du salaire social minimum : 692,83 € depuis le 1er juin 2026 (675,93 € de janvier à mai). Elle n'a ni plancher ni plafond et n'est pas déductible fiscalement. Le simulateur proratise l'abattement pour un temps de travail inférieur à 150 heures par mois. Pour 3 500 € bruts, elle représente 1,4 % × (3 500 − 692,83) = 39,30 €.
Classes d'impôt 1, 1a et 2 : qui est dans quelle classe
La classe d'impôt est attribuée par l'ACD. La classe 1 couvre les contribuables résidents qui ne relèvent ni de la 1a ni de la 2 : célibataires, mariés ou partenaires imposés individuellement, divorcés au-delà de la période transitoire. La classe 1a regroupe les veufs, les contribuables qui bénéficient d'une modération d'impôt pour enfant et ceux qui ont terminé leur 64e année au début de l'année d'imposition. La classe 2 s'applique aux époux ou partenaires imposés collectivement, et dans certains cas aux veufs ou divorcés récents.
La différence est considérable, parce que la classe 2 repose sur un splitting : le barème est appliqué à la moitié du revenu imposable, puis l'impôt est doublé. Le simulateur applique le tarif de base à la classe 1, le splitting à la classe 2, et le tarif de base à la classe 1a, ce qui surestime probablement l'impôt de cette dernière classe. Les formules officielles de la 1a et de la 2 sont dans le règlement grand-ducal du 20 décembre 2024, que nous n'avons pas pu lire en ligne : ce sont des approximations à confirmer.
Le choix entre imposition collective et individuelle pour un couple marié ou partenaire s'exprime auprès de l'ACD et peut changer la classe de chacun.
Le barème de base et les déductions de la fiche de retenue
Aucun nouveau barème n'a été publié pour 2026 : l'ACD indique que la dernière adaptation du tarif date du 1er janvier 2025. Le simulateur reconduit donc ce barème, dont voici l'esquisse.
| Revenu imposable annuel | Taux marginal |
|---|---|
| Jusqu'à 13 230 € | 0 % |
| 13 230 à 15 435 € | 8 % |
| 15 435 à 24 255 € | 9 % à 12 % (+1 point tous les 2 205 €) |
| 24 255 à 54 090 € | 14 % à 38 % (+2 points environ tous les 2 295 €) |
| 54 090 à 117 450 € | 39 % |
| 117 450 à 176 160 € | 40 % |
| 176 160 à 234 870 € | 41 % |
| Au-delà de 234 870 € | 42 % |
Cette succession de petites marches rend la progressivité très fine dans la zone des revenus moyens.
Avant d'appliquer ce barème, le simulateur retranche du revenu annuel les cotisations (hors dépendance), puis les forfaits de la fiche de retenue : 540 € de frais d'obtention (FO), 480 € de dépenses spéciales (DS) et, si vous les saisissez, vos frais de déplacement (jusqu'à 2 574 € par an) et vos autres déductions. Ces montants figurent sur votre fiche : saisissez les chiffres réels.
La contribution au fonds pour l'emploi, qui majore l'impôt, n'est pas ajoutée par le simulateur : son taux n'a pas pu être vérifié sur une page officielle. La retenue réelle peut donc être supérieure à celle affichée.
Les crédits d'impôt : CIS, CI-CO2 et CISSM
Trois crédits viennent s'ajouter à la rémunération. Le crédit d'impôt salarié (CIS) 2026 est, par an, de 300 € plus 2,9 % du brut au-delà de 936 € jusqu'à 11 265 €, puis de 600 € jusqu'à 40 000 € de brut, enfin dégressif de 1,5 % de l'excédent jusqu'à disparaître à 80 000 €. Le crédit CO2 (CI-CO2) est de 216 € par an jusqu'à 40 000 € de brut, dégressif de 0,54 % ensuite, nul à 80 000 €. Ces deux barèmes viennent de l'ACD pour l'année d'imposition 2026.
Le crédit d'impôt pour salaire social minimum (CISSM) est, à ce stade, un barème de 2025 dont la reconduction en 2026 n'est pas confirmée : 81 € par mois pour un brut mensuel fictif de 1 800 à 3 000 €, dégressif jusqu'à zéro à 3 600 €. Le simulateur permet de le désactiver. Il est proratisé aux heures prestées : un temps partiel de 100 heures est ramené à un brut fictif correspondant à un temps plein.
Ces crédits sont versés par l'employeur avec le salaire. À 3 500 € bruts par mois, ils représentent 47,50 € (CIS), 17,10 € (CI-CO2) et 13,50 € (CISSM), soit 78,10 € en plus du net.
Quatre exemples : 2 000, 2 800, 3 500 et 6 000 € bruts
Le tableau ci-dessous donne le net calculé par le simulateur avec les forfaits FO et DS, sans frais de déplacement, CISSM activé, pour un temps plein de 173 heures sauf mention.
| Brut mensuel | Classe | Cotisations + dépendance | Retenue d'impôt | Crédits | Net |
|---|---|---|---|---|---|
| 2 000 € (100 h) | 1 | 253,39 € | 52,94 € | 78,92 € | 1 772,59 € |
| 2 800 € | 1 | 352,90 € | 147,31 € | 149,00 € | 2 448,79 € |
| 3 500 € | 1 | 443,55 € | 271,98 € | 78,10 € | 2 862,57 € |
| 3 500 € | 2 | 443,55 € | 69,55 € | 78,10 € | 3 065,00 € |
| 6 000 € | 1 | 767,30 € | 1 016,96 € | 13,60 € | 4 229,34 € |
| 6 000 € | 2 | 767,30 € | 373,75 € | 13,60 € | 4 872,55 € |
À 2 800 €, le CISSM de 81 € pèse davantage que le CIS (50,00 €) et le CI-CO2 (18,00 €) réunis : sans lui, le net serait de 2 367,79 €. Le passage de la classe 1 à la classe 2 augmente le net de 202,43 € à 3 500 € bruts et de 643,21 € à 6 000 €, ce qui montre l'effet du splitting pour un ménage à un seul revenu.
Pour comparaison, l'ACD publie un exemple officiel : 3 500 € bruts en classe 2 donnent 3 085,88 € de net avec les paramètres du 1er janvier 2025. Le simulateur donne 3 065,00 € avec ceux de 2026, notamment la pension passée de 8 à 8,5 % : l'écart s'explique en grande partie par cette hausse, mais les deux calculs ne sont pas strictement comparables.
Salaire social minimum, résidents et non-résidents
Depuis le 1er juin 2026, selon l'Inspection générale de la sécurité sociale, le salaire social minimum mensuel (173 heures) est de 2 771,33 € pour un salarié non qualifié de 18 ans ou plus, soit 16,0192 € de l'heure. Un salarié qualifié perçoit 120 % de ce montant, soit 3 325,59 €. Les jeunes de 17 à 18 ans touchent 80 % (2 217,06 €) et ceux de 15 à 17 ans 75 % (2 078,49 €). Un temps plein au minimum non qualifié en classe 1 obtient, avec les forfaits, un net d'environ 2 428 € dans le simulateur, crédits compris.
Le simulateur est conçu pour les résidents. Pour les non-résidents, dont les nombreux frontaliers de France, de Belgique et d'Allemagne, la fiche de retenue de l'ACD pour 2026 mentionne des taux fixes de retenue de 15 %, 21 % ou 33 % selon la classe, sauf demande d'une classe d'impôt pour le ménage sur la base de la part des revenus professionnels. Ce régime n'est pas modélisé et sa lecture est à vérifier auprès de l'administration.
Restent aussi hors champ : les heures supplémentaires et leurs suppléments, qui ont des règles de retenue propres, les modérations d'impôt pour enfants, les avantages en nature (chèques-repas, véhicule), le crédit d'impôt monoparental réservé à la classe 1a et le statut de fonctionnaire.
Questions fréquentes
Pourquoi le net est-il plus élevé en classe 2 qu'en classe 1 ?
La classe 2 applique le barème à la moitié du revenu imposable, puis double l'impôt (splitting). Pour un ménage à un seul revenu, cela réduit sensiblement la retenue. À 3 500 € bruts, le simulateur donne 3 065,00 € en classe 2 contre 2 862,57 € en classe 1, soit 202,43 € de plus par mois.
Qu'est-ce que la contribution dépendance ?
Une cotisation de 1,40 % calculée sur le brut diminué d'un abattement de 692,83 € par mois depuis le 1er juin 2026. Elle n'a ni plancher ni plafond et n'est pas déductible de l'impôt. Elle finance l'assurance dépendance, qui prend en charge les besoins d'aide à la vie quotidienne.
Les crédits d'impôt sont-ils inclus dans mon net ?
Oui, le simulateur les ajoute : CIS et CI-CO2 selon les barèmes 2026 de l'ACD, et CISSM selon le barème de 2025, dont la reconduction en 2026 n'est pas confirmée. Vous pouvez désactiver le CISSM. À 3 500 € bruts, ces crédits représentent 78,10 € par mois.
Le simulateur convient-il aux frontaliers ?
Il est prévu pour les résidents. Pour un non-résident, la fiche de retenue prévoit des taux fixes ou une classe sur demande, et l'impôt final dépend aussi de la convention fiscale avec le pays de résidence. Aucun de ces cas n'est modélisé ; demandez à l'ACD ou à votre employeur.
Le barème d'impôt de 2026 est-il celui de 2025 ?
Oui, par défaut : l'administration indique que la dernière adaptation date du 1er janvier 2025, et nous n'avons pas trouvé de barème 2026. Si un nouveau tarif était publié, les retenues changeraient légèrement.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- Administration des contributions directes - Calcul d'une rémunération mensuelle netteExemple officiel pas à pas : cotisations, retenue d'impôt, dépendance et crédits d'impôt.
- CCSS - Paramètres sociauxTaux de cotisation par branche en 2026 et minimum et maximum cotisables.
- IGSS - Paramètres sociaux au 1er juin 2026Salaire social minimum, plafond cotisable et abattement de l'assurance dépendance.
