Simulateur de salaire net en France (2026)
Calcul dans votre navigateur, sans envoi de données. Net = montant viré sur le compte bancaire (après cotisations et impôt à la source quand il existe). Résultat indicatif, voir les hypothèses affichées sous le résultat.
Pourquoi le simulateur salarié n'est qu'un repère de comparaison
Le simulateur placé en haut de page applique les règles d'un salarié du secteur privé : des cotisations salariales prélevées sur le brut, la CSG et la CRDS, puis le prélèvement à la source. Un indépendant ne se trouve dans aucune de ces situations. Il n'a ni employeur qui verse la part patronale, ni brut à saisir, et ses cotisations ne sont pas retenues à la source mais appelées par un organisme après coup, sur la base de son revenu professionnel.
Le simulateur reste utile pour une seule question : à quel salaire brut mensuel correspond le niveau de vie que je vise ? En entrant, par exemple, 3 000 € de brut non-cadre, on obtient un net avant impôt de 2 374,79 € par mois et un net à payer de 2 244,40 € avec le taux neutre de la grille 2026. Ce sont des chiffres de salarié ; on les met à côté du revenu d'indépendant calculé plus bas pour juger si l'écart est cohérent avec le risque que l'on prend (pas de chômage, pas d'arrêt maladie rémunéré dès le premier jour, trésorerie irrégulière).
Ce qu'il faut retenir : le « net » d'un indépendant, au sens de cette page, est ce qui reste sur le compte après les charges professionnelles, les cotisations sociales obligatoires et avant l'impôt sur le revenu, puis après l'impôt si l'on veut le montant réellement disponible.
Du chiffre d'affaires au revenu professionnel
Le point de départ est le résultat de l'activité. Pour un indépendant imposé à l'impôt sur le revenu (entreprise individuelle, EURL à l'IR, associé de société de personnes), il s'agit du chiffre d'affaires encaissé moins les charges déductibles : loyer du local, matériel, assurances, déplacements, comptable, achats. Le résultat est un bénéfice industriel et commercial (BIC) ou non commercial (BNC) selon l'activité.
Quand la structure est soumise à l'impôt sur les sociétés, le raisonnement change : le dirigeant se verse une rémunération, éventuellement des dividendes, et c'est cette rémunération (majorée des cotisations déductibles et d'une fraction des dividendes) qui sert de base sociale. Les règles ci-dessous valent principalement pour le cas le plus courant, l'entreprise individuelle au réel.
- Chiffre d'affaires : tout ce que vous avez encaissé, hors TVA si vous y êtes assujetti.
- Charges déductibles : uniquement celles engagées dans l'intérêt de l'activité et justifiées.
- Bénéfice avant cotisations : c'est le chiffre qui entre dans le calcul de l'assiette sociale.
Une conséquence pratique : acheter un équipement fait baisser le bénéfice imposable et l'assiette sociale, mais l'argent est bien sorti de votre compte. Le revenu disponible ne suit donc pas toujours le bénéfice du même exercice.
L'assiette sociale unique : abattement de 26 %, plancher et plafond
Depuis la réforme applicable aux revenus acquis à partir de 2025, une seule assiette sert au calcul des cotisations et des contributions sociales (CSG et CRDS). Pour un indépendant à l'IR, elle s'obtient en partant du revenu brut social, c'est-à-dire le revenu professionnel avant déduction des cotisations, puis en appliquant un abattement forfaitaire de 26 %. Autrement dit, l'assiette représente 74 % du bénéfice avant cotisations.
Le plafond annuel de la sécurité sociale (PASS) 2026 est de 48 060 €. Les articles spécialisés publiés début 2026 indiquent que l'assiette est encadrée par un plancher égal à 1,76 % du PASS (environ 846 €) et un plafond égal à 130 % du PASS (environ 62 478 €) ; ces deux bornes sont des calculs à partir du pourcentage annoncé et sont à confirmer auprès de l'Urssaf avant toute décision.
L'application est progressive : les acomptes de début 2026 ont été calculés sur les anciennes bases, puis la régularisation de l'année 2025 et les appels de 2026 ont été recalculés avec les nouvelles règles à partir du printemps. Si vous avez reçu un remboursement de CSG-CRDS à ce titre, il compense en général la hausse des cotisations de retraite évoquée plus bas.
Les cotisations ligne par ligne
Pour un artisan, un commerçant ou un professionnel libéral non réglementé, les cotisations obligatoires se décomposent ainsi. Les taux de retraite 2026 proviennent d'une synthèse spécialisée datée de février 2026 ; les autres lignes reprennent le barème 2025 publié par une source de référence, faute de page officielle accessible : à vérifier sur le site de l'Urssaf ou de la Sécurité sociale pour les indépendants.
| Cotisation | Assiette | Taux |
|---|---|---|
| Retraite de base | jusqu'à 1 PASS | 17,87 % |
| Retraite de base | au-delà de 1 PASS | 0,72 % |
| Retraite complémentaire | jusqu'à 1 PASS | 8,1 % |
| Retraite complémentaire | de 1 à 4 PASS | 9,1 % |
| Invalidité-décès | jusqu'à 1 PASS | 1,3 % (barème 2025) |
| CSG-CRDS | assiette sociale | 9,7 % |
| Maladie-maternité | barème progressif | 0 % sous 20 % du PASS, jusqu'à 6,5 % vers 110 % |
| Allocations familiales | au-delà de 110 % du PASS | 0 % puis progressif jusqu'à 3,1 % (barème 2025) |
La maladie fonctionne par paliers : le taux monte avec le revenu, de 0 % pour une assiette inférieure à 20 % du PASS jusqu'à 1,5 % à 40 %, 4 % à 60 % et 6,5 % à 110 %, puis plus lentement au-delà. S'y ajoutent la contribution à la formation professionnelle, d'un montant forfaitaire annuel faible, et une cotisation pour les indemnités journalières.
Il existe aussi des cotisations minimales, notamment en retraite de base, qui s'appliquent quand l'assiette est très basse : un indépendant dont le revenu est quasi nul paie quand même un minimum destiné à valider des trimestres.
Trois exemples chiffrés avec les taux 2026
Les calculs suivants appliquent le tableau ci-dessus à un bénéfice avant cotisations, pour un indépendant à l'IR sans conjoint collaborateur. La maladie est interpolée linéairement dans son palier, ce qui donne un ordre de grandeur et non le montant exact de l'appel de cotisations ; la contribution à la formation professionnelle et l'impôt sont exclus.
| Poste | 25 000 € | 40 000 € | 60 000 € |
|---|---|---|---|
| Assiette sociale (74 %) | 18 500 € | 29 600 € | 44 400 € |
| Retraite de base | 3 306 € | 5 290 € | 7 934 € |
| Retraite complémentaire | 1 499 € | 2 398 € | 3 596 € |
| Invalidité-décès | 241 € | 385 € | 577 € |
| CSG-CRDS (9,7 %) | 1 795 € | 2 871 € | 4 307 € |
| Maladie (estimation) | 257 € | 1 208 € | 2 495 € |
| Total cotisations | 7 096 € | 12 151 € | 18 910 € |
| Revenu avant impôt | 17 904 € | 27 849 € | 41 090 € |
| Par mois | 1 492 € | 2 321 € | 3 424 € |
Le taux global ressort autour de 28 % pour 25 000 €, 30 % pour 40 000 € et 31 à 32 % pour 60 000 €. Pour le cas du milieu : 40 000 € × 74 % = 29 600 € d'assiette ; 29 600 × 17,87 % = 5 289,52 € de retraite de base ; 29 600 × 8,1 % = 2 397,60 € de complémentaire ; 29 600 × 1,3 % = 384,80 € d'invalidité-décès ; 29 600 × 9,7 % = 2 871,20 € de CSG-CRDS.
Comparé au salarié payé 3 000 € brut (2 374,79 € net avant impôt par mois), l'indépendant à 40 000 € de bénéfice, soit 3 333 € par mois avant cotisations, obtient environ 2 321 € avant impôt : le niveau est voisin, mais le salarié bénéficie en plus d'une couverture que l'indépendant finance lui-même.
Appels de cotisations, provisionnel et régularisation
Les cotisations ne sont pas calculées sur le revenu de l'année en cours, inconnu en janvier. Chaque année, un avis de cotisations provisionnelles est établi pour l'année suivante, à partir du dernier revenu déclaré ; on le reçoit en décembre. Une fois la déclaration de revenus transmise et l'administration fiscale informée, une régularisation recalcule les cotisations sur le revenu réel, et son résultat est notifié à l'automne.
Les provisions se paient au choix tous les mois (le 5 ou le 20) ou par trimestre (5 février, 5 mai, 5 août et 5 novembre), par télépaiement, prélèvement ou virement. Le mécanisme crée un risque de trésorerie que l'on gère en mettant de côté une fraction de chaque encaissement : après une bonne année, la régularisation réclame un solde en plus des provisions de l'année suivante, qui augmentent aussi.
- Revenu en baisse : demander la modulation des provisions pour éviter d'avancer des sommes trop élevées.
- Revenu en forte hausse : constituer une épargne dédiée pour absorber le complément.
- Paiement en retard : majorations et pénalités peuvent s'appliquer.
Le démarrage : cotisations forfaitaires et allégements
Dans les deux premières années d'activité, le revenu réel n'est pas encore connu. Les cotisations provisionnelles sont alors calculées sur une base forfaitaire égale à 19 % du PASS, soit 9 131 € en 2026 (48 060 × 19 %). Une fois les revenus déclarés, la régularisation ajuste le montant à la hausse ou à la baisse. Le risque, pour qui démarre bien, est un complément important la première année suivant le démarrage.
L'aide à la création ou à la reprise d'entreprise (ACRE) peut alléger les cotisations pendant une période limitée, sous conditions de situation du créateur. Le détail du taux d'exonération et des conditions se vérifie sur la page de l'Urssaf correspondante, car il a changé plusieurs fois ces dernières années.
De l'impôt au revenu réellement disponible
Le revenu après cotisations reste imposable. Pour un indépendant à l'IR, le bénéfice est inclus dans la déclaration de revenus du foyer. Le prélèvement à la source s'applique sous forme d'acompte contemporain, calculé par l'administration et prélevé sur le compte, mensuellement ou trimestriellement. Le taux personnalisé du foyer figure sur l'avis d'imposition.
Pour estimer le montant disponible, on retient le bénéfice, on retire les cotisations (exemple : 27 849 € pour 40 000 €), puis l'acompte d'impôt. Les cotisations sociales obligatoires sont déductibles du revenu imposable ; la CSG non déductible fait exception. Pour un résultat précis, il faut utiliser le simulateur de l'administration fiscale avec la composition réelle du foyer, et ne pas se contenter du taux neutre applicable aux salaires.
Questions fréquentes
Le simulateur de salaire brut en net est-il valable pour un indépendant ?
Non. Il applique les cotisations salariales et le prélèvement à la source d'un salarié du privé. Il sert seulement de repère pour comparer un revenu d'indépendant à un salaire équivalent ; les cotisations d'un indépendant se calculent à partir du bénéfice et de l'assiette sociale décrite sur cette page.
Sur quelle base sont calculées les cotisations d'un indépendant en 2026 ?
Sur une assiette sociale unique : le revenu professionnel avant cotisations, diminué d'un abattement forfaitaire de 26 %. Cette même assiette sert aux cotisations et à la CSG-CRDS. Pour un bénéfice de 40 000 €, elle est de 29 600 €.
Pourquoi mes cotisations changent-elles après la déclaration de revenus ?
Parce que les appels de l'année sont provisionnels, fixés d'après un revenu antérieur. Quand le revenu réel est connu, une régularisation recalcule les cotisations dues et débouche sur un complément à payer ou sur un remboursement.
Combien payer la première année d'activité ?
Pendant les deux premières années, les cotisations provisionnelles reposent sur une base forfaitaire de 19 % du PASS, soit 9 131 € en 2026, avant régularisation sur les revenus réels. L'ACRE peut réduire la charge sous conditions.
Les cotisations sont-elles déductibles du revenu imposable ?
Les cotisations sociales obligatoires sont en principe déductibles du revenu imposable ; la part de CSG non déductible ne l'est pas. Le montant exact dépend du régime fiscal choisi et se confirme auprès de l'administration fiscale ou d'un expert-comptable.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- Entreprendre.Service-Public — Régime social du gérant d'EURL (cotisations des indépendants)Décrit les cotisations des travailleurs non-salariés, les provisions et la régularisation.
- Weblex — Tableau des cotisations sociales des travailleurs indépendants (année 2025)Donne les taux et planchers par cotisation et les montants forfaitaires du démarrage.
- Assurance retraite — Circulaire CNAV 2025-14 sur la réforme de l'assiette des indépendantsTexte de la caisse de retraite sur les nouvelles règles d'assiette applicables aux revenus 2025.
