Le point de départ : un cumul de salaires bruts, pas un dernier salaire
Le salaire de référence est la somme de toutes les rémunérations brutes (salaires, primes, gratifications) perçues au titre des contrats de travail compris dans la période de référence. Un salarié qui a perçu 2 400 € brut pendant deux ans a donc un salaire de référence de 57 600 €, quelle que soit la dernière paie. Cette logique explique pourquoi une augmentation obtenue dans les derniers mois pèse peu, alors qu'une année de salaires plus élevés reste présente dans le calcul.
Le salaire de référence n'est pas encore un montant journalier. Il doit être converti en salaire journalier de référence (SJR), qui sert ensuite de base aux deux formules d'allocation. Chaque étape a ses plafonds : le salaire mensuel brut pris en compte est limité à 16 020 €, et le SJR lui-même ne peut pas dépasser 526,86 € selon la fiche « Données à connaître » de France Travail mise à jour au 1er avril 2026.
Seuls les contrats de travail terminés ou rompus comptent pour l'ouverture de droits ; les revenus d'une activité indépendante, d'un capital ou d'une pension n'entrent pas dans le salaire de référence.
La période de référence : 24 mois, ou 36 mois à partir de 55 ans
France Travail remonte à partir de la fin du dernier contrat : 24 mois pour la plupart des demandeurs d'emploi, 36 mois pour les personnes de 55 ans et plus. La fenêtre plus large protège les seniors qui ont connu une baisse d'activité en fin de carrière.
| Situation | Période de référence | Effet pratique |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 24 mois avant la fin du dernier contrat | Tous les salaires de ces 24 mois sont additionnés |
| 55 ans et plus | 36 mois avant la fin du dernier contrat | Trois années de salaires, dont les mieux payées |
| Emploi unique de 8 mois | Le même cadre de 24 mois | Les mois sans contrat comptent dans la division, ce qui abaisse le SJR |
Cette fenêtre est ouverte aux salariés du privé comme aux employés d'entreprises publiques sans statut. Les agents titulaires de la fonction publique relèvent d'un autre dispositif, géré directement par leur employeur.
Quelles rémunérations sont retenues, lesquelles sont écartées
La fiche de service-public sur le SJR distingue précisément ce qui entre dans l'assiette. Le principe est que les sommes qui rémunèrent le travail effectué comptent, et que celles qui compensent une rupture, un remboursement ou un droit déjà indemnisé sont exclues.
| Élément | Retenu dans le salaire de référence ? |
|---|---|
| Salaire de base, heures supplémentaires, primes régulières | Oui |
| Prime de bilan versée à la fin du contrat | Oui, en totalité, si elle est versée dans la période de référence |
| Treizième mois, gratification annuelle | Seule la part se rapportant à la période de douze mois est retenue |
| Indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, indemnité de rupture conventionnelle | Non |
| Indemnité compensatrice de congés payés, indemnité de préavis, de non-concurrence | Non |
| Prime de précarité de fin de CDD, remboursements de frais | Non |
| Indemnités journalières de la Sécurité sociale | Non, mais la période d'arrêt est reconstituée (voir plus bas) |
Une conséquence concrète : un salarié licencié qui touche 30 000 € d'indemnité de licenciement n'augmente pas son allocation, et ne la voit pas non plus réduite par cette somme. Les congés payés non pris, versés en indemnité, ne comptent pas davantage.
Du salaire de référence au SJR : la division par les jours calendaires
Selon la fiche de service-public vérifiée pour cette page, le salaire de référence est divisé par le nombre de jours calendaires, travaillés ou non, courant du premier jour du premier contrat au dernier jour du dernier contrat de la période. Les jours non travaillés inclus dans la durée d'indemnisation ne peuvent pas dépasser 70 % des jours travaillés pour un contrat terminé à partir du 1er avril 2025 (75 % avant cette date). La formulation de France Travail dans sa page « montant de l'allocation » est plus synthétique et parle d'une division par la durée d'indemnisation ; la notification individuelle reste donc la référence pour le chiffre exact.
Exemple : 24 mois d'emploi continu à 2 400 € brut
Salaire de référence : 2 400 € × 24 = 57 600 €. Période : 730 jours calendaires (octobre 2024 à septembre 2026, sans interruption). SJR : 57 600 ÷ 730 = 78,90 €.
Exemple : une interruption de neuf mois dans la fenêtre
Imaginons 15 mois travaillés à 2 400 € (36 000 €), neuf mois sans contrat. Les jours non travaillés (environ 270) restent dans la fenêtre dans la limite de 70 % des jours travaillés (environ 457 jours, soit un plafond de 320 jours non travaillés) : ils sont donc comptés intégralement. Le SJR vaut 36 000 ÷ 730 = 49,32 €, nettement plus bas que dans l'exemple continu. L'ancienneté de l'activité ne suffit pas : c'est la densité de travail qui détermine le montant.
De l'allocation journalière : deux formules, un plancher et un plafond
France Travail calcule deux montants et verse le plus favorable : 40,4 % du SJR augmentés d'une partie fixe de 13,18 € par jour, ou 57 % du SJR. L'allocation ne peut pas être inférieure à 32,13 € par jour et ne peut pas dépasser 75 % du SJR. Ces valeurs figurent sur la page de France Travail et dans le document « Données à connaître » du 1er avril 2026.
| Salaire brut mensuel (24 mois continus) | SJR | 40,4 % + 13,18 € | 57 % du SJR | Allocation retenue |
|---|---|---|---|---|
| 1 500 € | 49,32 € | 33,10 € | 28,11 € | 33,10 € par jour |
| 2 400 € | 78,90 € | 45,06 € | 44,98 € | 45,06 € par jour |
| 3 500 € | 115,07 € | 59,67 € | 65,59 € | 65,59 € par jour |
La partie fixe avantage les bas salaires, tandis que le pourcentage de 57 % prend le relais à partir d'un SJR d'environ 80 €. Pour 2 400 € brut, les deux formules sont presque équivalentes : 45,06 € contre 44,98 €. Sur un mois de 30 jours, l'allocation retenue représente 1 351,80 € bruts, soit environ 57 % du salaire de référence mensuel. Sur un mois de 31 jours, elle atteint 1 396,86 €.
Le plafond de 75 % du SJR ne joue que sur des SJR très faibles ; pour 2 400 € brut, il correspond à 59,18 € par jour, très au-dessus de l'allocation.
Temps partiel, arrêt maladie, inaptitude : les reconstitutions
Plusieurs situations faussent la photographie des salaires bruts. France Travail les neutralise de deux façons.
- Arrêts maladie, congés maternité ou paternité, activité partielle : le salaire habituel est reconstitué pour la période concernée, de sorte qu'un arrêt de plusieurs mois n'abaisse pas le salaire de référence.
- Inaptitude : pour une procédure engagée à partir du 1er avril 2025, le mois précédant le licenciement correspondant à la période de reclassement est reconstitué.
- Temps partiel : la partie fixe de 13,18 € et l'allocation minimale de 32,13 € sont réduites au prorata du temps de travail. Pour un contrat à 80 % qui donne un salaire de 1 920 € brut, le SJR est de 63,12 €, la partie fixe devient 10,54 €, et l'allocation retenue 36,04 € (40,4 % du SJR plus 10,54 €), contre 35,98 € avec la formule à 57 %.
Un salarié qui a alterné temps plein et temps partiel dans la fenêtre voit simplement ses salaires additionnés ; seule la partie fixe et le plancher subissent le prorata. La page dédiée au salaire de référence après temps partiel détaille cet effet pour les autres prestations.
Relire sa notification d'allocation : cinq contrôles utiles
- Vérifiez la période de référence : 24 mois ou 36 mois, avec les dates exactes de début et de fin.
- Comparez le total des salaires bruts retenus avec vos bulletins de paie ou les attestations d'employeur transmises : un contrat oublié fait chuter le SJR.
- Contrôlez la présence des primes de fin de contrat versées pendant la fenêtre et l'absence des indemnités de rupture.
- Recalculez à la main le SJR (salaire de référence ÷ jours) puis les deux formules d'allocation ; l'écart ne doit pas dépasser quelques centimes.
- En cas d'écart, demandez la révision à votre conseiller en joignant les pièces ; l'attestation d'employeur rectifiée est souvent suffisante.
Les montants affichés sont bruts : la CSG, la CRDS et la retenue de retraite complémentaire s'appliquent selon votre situation, et le net perçu est donc plus faible. À partir du 1er septembre 2026, un plafonnement de la durée d'indemnisation s'applique aux ruptures conventionnelles individuelles, ce que France Travail signale dans la description de son calcul ; le détail de cette règle se lit sur la page de l'organisme.
Questions fréquentes
Le salaire de référence tient-il compte de mon indemnité de licenciement ?
Non. Les indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle, de préavis et de congés payés sont exclues. Seules les rémunérations du travail effectué sont additionnées, ainsi que la prime de bilan versée dans la période de référence.
Pourquoi mon SJR est-il plus bas que mon salaire journalier habituel ?
Parce que la division se fait par des jours calendaires et non par les seuls jours travaillés. Un salarié à 2 400 € brut qui a travaillé sans interruption obtient 78,90 € par jour, alors que 2 400 € divisés par 30 donne 80 €. Les périodes sans contrat dans la fenêtre diminuent encore le résultat.
Quel est le montant minimum de l'allocation journalière ?
La page de France Travail indique 32,13 € par jour pour l'allocation minimale, et une partie fixe de 13,18 € par jour. Ces deux valeurs sont réduites au prorata en cas de temps partiel, et l'allocation reste plafonnée à 75 % du SJR.
Les arrêts maladie baissent-ils le calcul ?
Non. France Travail reconstitue le salaire habituel pour les périodes de maladie, de maternité, de paternité et d'activité partielle comprises dans la période de référence.
À 56 ans, ma période de référence est-elle de 24 mois ?
Non, elle est de 36 mois pour les personnes de 55 ans et plus. Le salaire de référence additionne donc trois années de rémunérations, ce qui peut jouer en faveur des salariés dont les derniers mois ont été moins bien payés.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- France Travail — Comment est calculé le montant de mon allocationDonne les deux formules de l'ARE, la partie fixe de 13,18 € et l'allocation minimale de 32,13 €.
- France Travail — Données à connaître sur les allocations, 1er avril 2026Fournit le plafond du salaire de référence (16 020 €) et le SJR maximum de 526,86 €.
- Service-Public — Allocation chômage : comment est calculé le salaire journalier de référenceDétaille les rémunérations incluses ou exclues et la division par les jours calendaires.
