Simulateur de salaire net à Monaco (2026)

Calcul dans votre navigateur, sans envoi de données. Net = montant viré sur le compte bancaire (après cotisations et impôt à la source quand il existe). Résultat indicatif, voir les hypothèses affichées sous le résultat.

Trois cotisations salariales, et une quatrième qui ne vous concerne pas

Le bulletin monégasque ne ressemble pas au bulletin français. Pas de CSG ni de CRDS : la page des Caisses Sociales de Monaco et le tableau du CLEISS n'en font pas mention. La part du salarié se limite à trois lignes, que reprend le simulateur :

La quatrième branche, la CCSS (maladie, maternité, invalidité, décès, prestations familiales), est entièrement à la charge de l'employeur : 13,40 % hors CGCS, 13,45 % avec, sur un plafond de 10 000 € par mois. Elle n'apparaît donc pas parmi les retenues du salarié.

Les taux CAR, CCSS et CMRC cités ici sont ceux du 1er octobre 2026 pour l'exercice 2026-2027. Ceux de janvier à septembre 2026 n'ont pas été vérifiés : si vous cherchez le net d'un mois antérieur, comparez avec votre bulletin.

Pourquoi le simulateur affiche 4,008 % et 9,716 %

Les caisses publient des taux globaux pour la CMRC : 7,87 % de droits acquis et 2,15 % non générateurs de droits en tranche A, soit 10,02 % ; 21,59 % et 2,70 % en tranche B, soit 24,29 %. Elles précisent la répartition 60 % employeur, 40 % salarié. Les pourcentages à charge du salarié, 4,008 % et 9,716 %, sont donc le résultat de 40 % × 10,02 % et de 40 % × 24,29 %.

Cette dérivation est cohérente avec la lettre d'information aux employeurs d'octobre 2025, qui mentionne 9,716 % pour la tranche B, mais le pourcentage salarié n'est pas écrit en toutes lettres sur chaque page consultée. Le simulateur le signale dans ses notes : c'est une valeur calculée, à confirmer sur votre bulletin.

La tranche B est définie comme la part du salaire comprise entre le plafond de la tranche A et huit fois ce plafond, d'où la borne de 32 536 € par mois. Elle ne concerne que les rémunérations supérieures à 4 067 € mensuels.

Exemple détaillé : 3 000 € brut par mois

Pour un salarié résident non français payé 3 000 € brut par mois, tout le salaire se situe sous les plafonds de la CAR et de la tranche A de la CMRC :

LigneBaseTauxMontant mensuel
CAR retraite de base3 000 €6,85 %205,50 €
Assurance chômage3 000 €2,40 %72,00 €
CMRC tranche A3 000 €4,008 %120,24 €
CMRC tranche B0 €9,716 %0,00 €
Total des cotisations397,74 €

Le net, avant et après impôt puisqu'il n'y en a pas, est de 3 000 − 397,74 = 2 602,26 € par mois, soit 86,7 % du brut. Pour comparer avec un salarié du privé en France, qui supporte d'autres cotisations, utilisez la page France du site.

Ce que deviennent les plafonds quand le salaire monte

Les plafonds jouent à des niveaux très différents, ce qui donne une courbe du net qui n'est pas une simple proportion. Voici trois niveaux calculés avec le simulateur, hors impôt :

Brut mensuelCARChômageCMRC A + BNet mensuelNet / brut
3 000 €205,50 €72,00 €120,24 €2 602,26 €86,7 %
8 000 €429,91 €192,00 €545,14 €6 832,96 €85,4 %
20 000 €429,91 €384,48 €1 711,06 €17 474,56 €87,4 %

À partir de 6 276 €, la CAR s'arrête de croître : elle vaut 429,91 € que vous gagniez 8 000 € ou 20 000 €. Le chômage continue lui jusqu'à 16 020 € ; au-delà de ce niveau, il plafonne à 384,48 €. Entre-temps la CMRC de tranche B, à 9,716 %, pèse davantage sur la partie de salaire située entre 4 067 € et 32 536 €. Résultat : la part du brut conservée baisse d'abord, puis remonte quand les plafonds s'enchaînent.

Au niveau du salaire minimum monégasque, 2 080,39 € pour 169 heures depuis le 1er juin 2026 (circulaire 2026-8), le net avant impôt est de 1 804,57 €. Le texte précise que les rémunérations minimales doivent être majorées d'une indemnité exceptionnelle de 5 %, non soumise aux cotisations ; le simulateur ne l'ajoute pas.

Pas d'impôt sur le revenu à Monaco, mais une exception pour les Français

Le portail officiel MonServicePublic explique que les Monégasques et les résidents ne sont, en règle générale, pas assujettis à l'impôt sur le revenu, à condition d'exercer leur activité et d'être véritablement établis à Monaco. La seule imposition directe du pays frappe les bénéfices industriels et commerciaux de certaines entreprises, celles qui réalisent plus de 25 % de leur chiffre d'affaires hors de la principauté. La TVA est perçue dans les mêmes conditions qu'en France.

L'exception concerne les ressortissants français, régis par la convention franco-monégasque du 18 mai 1963. Selon la doctrine fiscale publiée au BOFiP, les Français qui ont transféré leur domicile à Monaco, ou qui ne justifiaient pas de cinq ans de résidence habituelle sur place au 13 octobre 1962, restent imposables en France sur l'ensemble de leurs revenus. Des exceptions existent, par exemple pour les Français nés à Monaco et y résidant sans interruption, ou pour certains conjoints de Monégasques.

Concrètement, aucune retenue n'est opérée par l'employeur monégasque : l'impôt français se règle par déclaration annuelle, auprès du service des impôts de Menton. Il n'apparaît donc jamais sur la fiche de paie, ce qui explique le champ optionnel du simulateur, décrit plus bas.

Le champ « taux d'impôt français » : comment l'utiliser sans se tromper

Le simulateur propose un champ facultatif, laissé vide par défaut. Si vous relevez de l'article 7-1 de la convention, vous pouvez y saisir un taux estimé ; il est alors appliqué au net avant impôt. Avec 10 %, le salarié à 3 000 € voit 260,23 € déduits et son net s'établit à 2 342,03 € par mois.

Cette fonction est volontairement simplifiée : l'impôt français réel dépend du quotient familial, des autres revenus du foyer et du barème progressif, et il se règle en général au cours de l'année suivante, pas chaque mois. Le chiffre doit donc se lire comme une provision mensuelle personnelle, non comme une retenue. Les heures supplémentaires des salariés concernés sont exonérées d'impôt en vertu de l'article 81 quater du CGI, ce que le calcul ne prend pas en compte. Pour estimer votre taux, utilisez le simulateur de la page France du site ou celui de l'administration fiscale.

Si vous êtes résident monégasque non français, laissez le champ vide : l'impôt vaut alors zéro et le net à payer égale le net avant impôt.

Ce que le simulateur n'inclut pas

Plusieurs éléments courants d'un bulletin monégasque sont hors calcul. La mutuelle et la prévoyance, facultatives ou conventionnelles, s'ajoutent selon l'entreprise. La distinction cadre et non-cadre, le treizième mois et le régime des fonctionnaires de l'État ne sont pas pris en compte, et leur existence n'a pas été vérifiée. La cotisation C.C.P.B., de 21,50 % au 1er janvier 2024 pour le secteur du bâtiment, n'est pas retenue, faute de répartition précise entre salarié et employeur. Les gens de maison relèvent d'une base spéciale, hors périmètre.

Un cas mérite une mention : le frontalier qui habite en France et travaille à Monaco paie les mêmes cotisations sociales monégasques, mais relève du droit fiscal français pour son impôt. Les règles complètes de cette situation n'ont pas été reprises ici ; renseignez-vous auprès de l'administration française.

Questions fréquentes

Y a-t-il de la CSG ou de la CRDS sur un salaire monégasque ?

Non. Les tableaux des caisses monégasques et du CLEISS ne mentionnent ni CSG ni CRDS. Les retenues salariales portent sur la CAR (6,85 %), l'assurance chômage (2,40 %) et la CMRC (40 % de la cotisation de retraite complémentaire).

Pourquoi la CCSS n'apparaît-elle pas dans les retenues ?

Parce que la cotisation de la Caisse de Compensation des Services Sociaux est entièrement patronale d'après la page des Caisses Sociales de Monaco : 13,40 % hors CGCS ou 13,45 % avec, sur un plafond de 10 000 euros par mois.

Un Français résidant à Monaco paie-t-il un impôt sur ses revenus ?

En règle générale oui, en France, selon la convention franco-monégasque de 1963, s'il a transféré son domicile à Monaco ou ne justifiait pas de cinq ans de résidence au 13 octobre 1962. Des exceptions existent. L'impôt se paie par déclaration, sans retenue à la source.

Quel est le salaire minimum à Monaco en 2026 ?

Depuis le 1er juin 2026, le SMIC monégasque des plus de 18 ans est de 12,31 euros de l'heure, soit 2 080,39 euros par mois pour 169 heures. Une indemnité exceptionnelle de 5 %, non soumise aux cotisations, s'y ajoute selon la circulaire 2026-8.

Les taux affichés valent-ils pour tout 2026 ?

Les taux de la CAR, de la CCSS et de la CMRC sont ceux en vigueur au 1er octobre 2026 ; l'assurance chômage date du 1er janvier 2026. Les taux de janvier à septembre n'ont pas été vérifiés, donc comparez avec votre bulletin pour un mois plus ancien.

Pour aller plus loin : organismes et ressources