Simulateur de salaire net en France (2026)
Calcul dans votre navigateur, sans envoi de données. Net = montant viré sur le compte bancaire (après cotisations et impôt à la source quand il existe). Résultat indicatif, voir les hypothèses affichées sous le résultat.
Deux statuts, deux façons de calculer le revenu
La loi du 3 janvier 1977 sur l'architecture dresse une liste limitative des modes d'exercice. Pour un praticien inscrit à l'Ordre, les trois plus courants sont le salariat dans une agence ou une société d'architecture, l'exercice libéral à titre individuel et l'association au sein d'une société. Le collaborateur libéral, qui travaille pour un confrère sans lien de subordination, est un cas à part : il n'est pas salarié et facture ses prestations.
Le salarié lit une fiche de paie : un brut, des cotisations salariales, la CSG et la CRDS, puis le prélèvement à la source. Le libéral, lui, reçoit des honoraires, déduit ses charges professionnelles (ou applique un abattement forfaitaire en micro-entreprise), paie ses cotisations sociales à partir de ce qu'il encaisse et règle l'impôt sur le revenu l'année suivante, sauf option pour le versement libératoire. Comparer un 'salaire' et un 'chiffre d'affaires' n'a donc aucun sens avant d'avoir converti l'un dans l'unité de l'autre.
Le simulateur placé plus haut calcule un salaire de salarié du privé. Il convient pour la première moitié de cette page, l'architecte en agence. Il ne s'applique pas à l'architecte qui facture : pour lui, il ne fournit qu'un repère de comparaison, celui du salaire brut qui donnerait un net équivalent. Le calcul réel du libéral se fait avec les taux de la micro-entreprise détaillés plus bas.
L'architecte salarié en agence : lecture de la fiche de paie
Dans une agence, la rémunération s'appuie sur la convention collective nationale des entreprises d'architecture (identifiant IDCC 2332). Elle classe les emplois par niveau et par position, et attache à chaque position un coefficient. Le minimum conventionnel est le produit de ce coefficient par une valeur du point qui varie selon le territoire et qui est revalorisée par avenant. Les montants en vigueur sont à lire dans la grille publiée pour votre région : cette page ne les reproduit pas, car ils changent d'un avenant à l'autre et d'un territoire à l'autre.
Les agences versent souvent davantage que le minimum, surtout pour les profils expérimentés ou chargés de la maîtrise d'œuvre. Pour le calcul du net, seul compte le brut mensuel réel inscrit au contrat. Le statut cadre ou non-cadre modifie très peu le résultat en 2026 : la seule ligne propre aux cadres est la cotisation APEC de 0,024 %, plafonnée à 16 020 € de brut mensuel.
Les cotisations salariales s'appliquent ainsi : vieillesse plafonnée à 6,90 % jusqu'à 4 005 € de brut, vieillesse déplafonnée à 0,40 %, retraite complémentaire Agirc-Arrco à 3,15 % jusqu'à 4 005 € puis 8,64 % de 4 005 € à 32 040 €, contribution d'équilibre général à 0,86 % puis 1,08 %, contribution d'équilibre technique de 0,14 % quand le brut dépasse 4 005 €. Viennent ensuite la CSG (9,2 % dont 6,8 % déductibles) et la CRDS (0,5 %) sur 98,25 % du brut.
Trois bruts d'architecte salarié, convertis en net
Les montants ci-dessous viennent du simulateur, pour un cadre en France métropolitaine hors Alsace-Moselle, sans prime. Le net avant impôt est le montant après cotisations, CSG et CRDS. Le net à payer est la somme virée sur le compte, après prélèvement à la source au taux neutre de la grille de mai 2026 ; avec votre taux personnel, il sera différent.
| Brut mensuel | Net avant impôt | Taux neutre | Net à payer |
|---|---|---|---|
| 2 800,00 € | 2 215,80 € | 4,1 % | 2 121,68 € |
| 3 600,00 € | 2 848,89 € | 7,5 % | 2 627,53 € |
| 4 500,00 € | 3 560,70 € | 11,9 % | 3 121,72 € |
Dans l'exemple à 3 600 € de brut, les retenues se décomposent ainsi : 248,40 € de vieillesse plafonnée, 14,40 € de vieillesse déplafonnée, 113,40 € d'Agirc-Arrco, 30,96 € de contribution d'équilibre général, 0,86 € d'APEC, 240,52 € de CSG déductible, 84,89 € de CSG non déductible et 17,68 € de CRDS. Le total fait 751,11 €, soit 20,9 % du brut, avant le prélèvement à la source de 221,36 €.
Le passage à 4 500 € de brut fait apparaître une ligne de plus, la contribution d'équilibre technique, puisque le salaire dépasse le plafond de 4 005 €. C'est aussi à ce niveau que la vieillesse plafonnée cesse de croître : 276,35 € quel que soit le brut au-dessus de 4 005 €.
L'architecte libéral : Cipav, cotisations sur le chiffre d'affaires
Les architectes relèvent de la Cipav pour la retraite et la prévoyance : l'affiliation est automatique à partir du code d'activité 7111Z déclaré à la création, sans démarche supplémentaire auprès de la caisse. Les cotisations démarrent dès le premier jour d'activité. Sous le régime de la micro-entreprise, elles sont payées à l'Urssaf, qui les reverse ensuite, et elles donnent droit à des points de retraite ainsi qu'à la validation de trimestres, jusqu'à quatre par an.
Le taux global de cotisations 2026 applicable au chiffre d'affaires d'un micro-entrepreneur relevant de la Cipav est de 23,2 %. Il ne faut pas le confondre avec le taux de 25,6 % des professions libérales non réglementées rattachées à la Sécurité sociale des indépendants. Il s'ajoute une contribution à la formation professionnelle, non comprise dans ce pourcentage et dont le taux est à relever sur le site de l'Urssaf.
L'architecte qui choisit la micro-entreprise exerce obligatoirement en mode libéral : c'est ce que précise l'Ordre. La micro-entreprise n'est pas un mode d'exercice mais un statut fiscal et social. L'inscription au tableau de l'Ordre et l'assurance de responsabilité professionnelle restent exigées, et leur coût n'est pas couvert par l'abattement fiscal.
Honoraires de 54 000 € : le calcul complet en micro-BNC
Prenons un architecte qui encaisse 4 500 € d'honoraires par mois, soit 54 000 € sur l'année, tous clients confondus et hors TVA. Il est en micro-entreprise, rattaché à la Cipav.
| Étape | Règle | Montant annuel |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires encaissé | honoraires hors taxe | 54 000 € |
| Cotisations sociales | 23,2 % du chiffre d'affaires | 12 528 € |
| Reste avant impôt et avant frais | 54 000 − 12 528 | 41 472 € |
| Revenu imposable au barème | 54 000 − 34 % d'abattement | 35 640 € |
| Variante : versement libératoire | 2,2 % du chiffre d'affaires | 1 188 € |
Sans option pour le versement libératoire, l'impôt se calcule sur 35 640 € ajoutés aux autres revenus du foyer, selon le nombre de parts. Avec l'option, l'architecte paie 1 188 € et conserve 40 284 € avant frais, soit environ 3 357 € par mois. L'option est ouverte seulement si le revenu fiscal de référence d'il y a deux ans ne dépasse pas 29 579 € pour une personne seule ; ce plafond est majoré pour un couple et par enfant.
L'abattement de 34 % est forfaitaire : aucun frais réel ne se déduit en plus, ni le loyer de l'agence, ni les logiciels de DAO, ni l'assurance. Il existe un minimum d'abattement de 305 €. Le plafond de chiffre d'affaires du micro-BNC est de 83 600 € pour les revenus 2026.
Net comparé : 4 500 € de chiffre d'affaires mensuel contre un brut salarié
Un architecte facturant 4 500 € par mois garde 3 456 € après cotisations (41 472 € divisés par 12). Quel brut de salarié cadre donnerait un net avant impôt comparable ? La courbe du simulateur situe ce niveau autour de 4 370 € de brut mensuel. Le repère est utile pour se situer, mais il survalorise le libéral si on le prend pour un équivalent réel.
D'abord, le salarié a un employeur qui supporte des charges patronales importantes que le libéral doit s'imposer lui-même sous forme de provisions : congés, jours sans chantier, délais de paiement. Ensuite, les cotisations de micro-entreprise ne financent pas les mêmes droits : pas d'assurance chômage, indemnités journalières et prévoyance différentes, retraite complémentaire propre à la Cipav. Enfin, les frais de l'activité (assurance responsabilité, cotisation ordinale, mutuelle, matériel, formation, déplacements sur chantier) se paient sur le net du libéral.
Une règle pratique : pour qu'une activité libérale en micro équivaille à un salaire donné, il faut un chiffre d'affaires nettement supérieur au brut salarial visé. Avec 23,2 % de cotisations sur le chiffre d'affaires, un libéral conserve 76,8 % de chaque euro encaissé avant frais et impôt, alors que le salarié conserve environ 79 % de son brut avant impôt, mais sans les frais à sa charge.
Quand le réel devient préférable à la micro-entreprise
La micro-entreprise s'arrête à 83 600 € de chiffre d'affaires pour 2026, et elle devient moins intéressante bien avant si les charges réelles dépassent 34 % des honoraires. Un cabinet qui sous-traite des relevés, achète des licences logicielles coûteuses et rémunère un collaborateur dépasse vite ce seuil.
Exemple : un architecte encaisse 54 000 € et supporte 25 000 € de charges réelles, soit 46 % de ses honoraires. En micro, son revenu imposable est de 35 640 €. Au régime de la déclaration contrôlée, son bénéfice serait de 29 000 €, soit 6 640 € de moins à soumettre au barème. Mais les cotisations sociales des professions libérales au réel se calculent sur le bénéfice avec leurs propres règles de plafonds et de classes : ce calcul n'est pas détaillé ici et doit être demandé à la Cipav ou à un expert-comptable.
La TVA est un autre point de bascule. Le seuil de franchise en base pour les prestations libérales est de 37 500 €, avec un seuil majoré de 41 250 € ; au-delà, l'architecte facture la TVA à ses clients. Beaucoup de maîtres d'ouvrage particuliers la supportent mal, ce qui pèse sur la compétitivité des honoraires.
Passer d'un statut à l'autre : points de vigilance
Un architecte salarié peut cumuler une activité libérale avec l'accord exprès de son employeur et sous réserve de la clause de non-concurrence de son contrat, selon l'Ordre. Le cumul est fréquent, notamment pour des missions de maîtrise d'œuvre de maisons individuelles le week-end. Les deux revenus s'ajoutent alors dans la déclaration de l'impôt sur le revenu : les salaires dans leur rubrique habituelle, les honoraires en micro-BNC dans la déclaration de revenus professionnels non commerciaux.
Un salarié qui démissionne pour s'installer perd son salaire mais aussi ses droits de salarié. La rupture conventionnelle ouvre droit à l'assurance chômage, mais l'allocation et l'activité libérale ne se cumulent pas intégralement. Les règles de cumul sont à vérifier auprès de France Travail avant de signer.
Enfin, côté retraite, les trimestres validés en micro-entreprise dépendent du chiffre d'affaires déclaré, et non du temps passé. Un chiffre d'affaires faible une année peut valider moins de quatre trimestres. La Cipav fournit les règles exactes et l'estimation des droits acquis.
Questions fréquentes
Quelle caisse de retraite pour un architecte libéral ?
La Cipav. L'affiliation est automatique à partir du code d'activité 7111Z indiqué lors de la création de l'activité. Les architectes d'intérieur, économistes de la construction, maîtres d'œuvre et géomètres experts en relèvent aussi.
Quel est le taux de cotisations d'un architecte en micro-entreprise en 2026 ?
23,2 % du chiffre d'affaires encaissé pour les professions libérales relevant de la Cipav. Ce taux ne comprend pas la contribution à la formation professionnelle, qui s'y ajoute.
Un architecte peut-il être micro-entrepreneur ?
Oui. L'Ordre précise que la micro-entreprise n'est pas un mode d'exercice mais un statut social et fiscal : l'architecte qui l'adopte exerce en mode libéral et reste inscrit au tableau de l'Ordre.
Le simulateur de la page est-il valable pour un architecte libéral ?
Non. Il calcule un salaire de salarié du privé. Pour un libéral, il ne donne qu'un repère de comparaison : le brut de salarié qui produirait un net voisin. Le calcul réel part du chiffre d'affaires, avec 23,2 % de cotisations et 34 % d'abattement fiscal.
Quel est le plafond de chiffre d'affaires du micro-BNC en 2026 ?
83 600 € de chiffre d'affaires hors taxe pour les revenus 2026. Le seuil de franchise en base de TVA des prestations libérales est distinct : 37 500 €, avec une tolérance jusqu'à 41 250 €.
Où trouver la grille de salaires minimale d'un architecte salarié ?
Dans la convention collective nationale des entreprises d'architecture (IDCC 2332) et dans ses avenants de salaires, qui fixent une valeur du point par territoire. Les montants changent à chaque avenant : il faut lire la grille de votre région et la comparer au brut de votre contrat.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- Cipav — Qui est assuré à la Cipav ?Confirme l'affiliation automatique des architectes à la Cipav, le code d'activité 7111Z et le fonctionnement en micro-entreprise.
- Ordre des architectes — Les modes d'exercice de la professionDétaille le salariat en agence, l'exercice libéral, la collaboration libérale et la place de la micro-entreprise.
- Service-public Entreprendre — Régime fiscal de la micro-entrepriseDonne les plafonds de chiffre d'affaires 2026, les abattements forfaitaires et les conditions du versement libératoire.
