Une monnaie, deux caisses et une retenue de 5 %
La monnaie est l'ouguiya mauritanien (MRU), qui vaut environ 0,022 euro à la date du 14 avril 2025 retenue par le CLEISS. Les montants de cette page sont exprimés dans cette unité. Le CLEISS précise que cette conversion n'a été relevée qu'à cette date : elle sert à situer les ordres de grandeur, pas à convertir un contrat.
Le régime des salariés du secteur privé repose sur plusieurs organismes. La CNSS, établissement public à caractère industriel et commercial placé sous la tutelle du ministère de la Fonction publique et du Travail, gère la vieillesse, l'invalidité, les survivants, les accidents du travail, les maladies professionnelles et les prestations familiales. La CNAM, rattachée au ministère de la Santé, gère l'assurance maladie des salariés et celle de plusieurs catégories d'agents publics. Une troisième caisse, la CNASS, propose depuis septembre 2023 une assurance maladie volontaire aux travailleurs non salariés. L'Office national de la médecine du travail, enfin, est financé par un prélèvement patronal.
Le CLEISS note aussi que le régime ne couvre pas le risque chômage. L'affiliation est obligatoire pour les salariés relevant du Code du travail depuis février 2021, y compris les stagiaires, apprentis et travailleurs temporaires ou occasionnels.
Les taux au 1er janvier 2025
| Risque | Part salarié | Part employeur | Plafond mensuel |
|---|---|---|---|
| Maladie (CNAM) | 4 % | 5 % | aucun, totalité du salaire |
| Vieillesse, invalidité, décès, accidents du travail, prestations familiales (CNSS) | 1 % | 13 % | 70 000 MRU |
| Médecine du travail (ONMT) | aucune | 2 % | 70 000 MRU |
| Total | 5 % | 20 % |
La différence entre les deux assiettes est le premier fait à retenir. La cotisation maladie suit le salaire sans limite, alors que la cotisation CNSS s'arrête de croître à 70 000 MRU de salaire mensuel : au-delà, 1 % de 70 000 MRU, soit 700 MRU, est le maximum que le salarié verse à la CNSS, côté vieillesse comprise.
Les retraités ne sont pas oubliés : une cotisation maladie de 2,5 % de la pension est versée à la CNAM. Les cotisations se règlent par trimestre, ce qui explique que l'employeur les provisionne chaque mois mais les verse en bloc.
Deux exemples de passage du brut au net avant ITS
Un salaire brut de 20 000 MRU
Le salaire est inférieur au plafond de la CNSS. Retenue CNSS : 1 % de 20 000 MRU, soit 200 MRU. Retenue CNAM : 4 % de 20 000 MRU, soit 800 MRU. Total : 1 000 MRU, soit 5 % du brut. Net avant impôt : 19 000 MRU. Côté employeur, les cotisations atteignent 20 % : 2 600 MRU pour la CNSS, 400 MRU pour la médecine du travail et 1 000 MRU pour la CNAM, soit 4 000 MRU.
Un salaire brut de 100 000 MRU
Le plafond de 70 000 MRU s'applique à la CNSS : 1 % de 70 000 MRU, soit 700 MRU. La CNAM, elle, porte sur l'intégralité du salaire : 4 % de 100 000 MRU, soit 4 000 MRU. Total : 4 700 MRU, soit 4,7 % du brut. Net avant impôt : 95 300 MRU. L'employeur verse 9 100 MRU à la CNSS (13 % de 70 000), 1 400 MRU à la médecine du travail (2 % de 70 000) et 5 000 MRU à la CNAM (5 % de 100 000), soit 15 500 MRU, ou 15,5 % du brut seulement.
Ces exemples montrent l'effet dégressif du plafond : le taux global de retenue passe de 5 % à 4,7 % entre les deux salaires, et le taux patronal de 20 % à 15,5 %. Ils s'arrêtent avant l'impôt, dont le barème n'a pas pu être vérifié.
L'impôt sur les traitements et salaires : ce que l'on sait
Le salarié mauritanien supporte en outre l'impôt sur les traitements et salaires (ITS), retenu à la source par l'employeur. Il s'agit d'un impôt progressif, calculé sur le salaire après déduction des cotisations sociales, avec une prise en compte de la situation familiale. Un guide d'emploi consulté pour cette page évoque une échelle de 0 % à 40 %, sans en donner les seuils ni la date.
Aucune publication officielle de la direction générale des impôts n'a pu être ouverte lors de la préparation de cette page. Les seuils et les taux de l'ITS ne sont donc pas donnés ici. La méthode reste identique à celle des autres pays de la sous-région : on soustrait du brut les cotisations salariales pour obtenir la base, on applique les tranches, on retranche une éventuelle réduction pour charges de famille, et l'on obtient l'impôt du mois.
Si vous recevez une proposition d'embauche, demandez à l'employeur de joindre une simulation de paie qui détaille la ligne ITS. À défaut, la direction générale des impôts reste l'interlocuteur pour un barème à jour.
Le SMIG de 4 500 ouguiyas
Le CLEISS indique, depuis le 1er janvier 2023, un SMIG de 25,962 MRU de l'heure pour un régime de 40 heures hebdomadaires, ce qui correspond à 4 500 MRU par mois. Les travailleurs agricoles et assimilés ont un taux horaire distinct, de 24,612 MRU. Un guide de l'emploi consulté cite un minimum de 40 000 MRU par mois à partir de 2025 ; ce chiffre est neuf fois supérieur à celui du CLEISS et n'est corroboré par aucun texte, il n'est donc pas retenu ici. Si ce point compte pour votre contrat, demandez à l'inspection du travail le décret en vigueur.
Sur la base de 4 500 MRU, la retenue sociale est de 180 MRU pour la CNAM et de 45 MRU pour la CNSS, soit 225 MRU. Le net avant impôt ressort à 4 275 MRU.
Notez l'ordre de grandeur : le plafond de la CNSS (70 000 MRU) représente environ quinze fois le SMIG. La très grande majorité des salariés se situe donc sous ce plafond, et la limite n'a d'effet que sur les rémunérations élevées, comme celles des cadres de sociétés minières ou bancaires.
Les points qui surprennent à l'embauche
- La CNAM pèse plus que la CNSS pour le salarié : 4 % contre 1 %. Dans beaucoup d'autres pays, c'est l'inverse, car la pension est la plus coûteuse des branches.
- La médecine du travail est entièrement payée par l'employeur, sur la même assiette plafonnée que la CNSS.
- Les paiements sont trimestriels : un retard de l'employeur peut ne se voir qu'au trimestre suivant, d'où l'intérêt de demander une attestation d'affiliation.
- L'affiliation est obligatoire pour les stagiaires et apprentis relevant du Code du travail : une rémunération symbolique ne dispense pas de cotisation.
Pour un travailleur indépendant, rien de tout cela ne s'applique de plein droit : il ne relève ni de la vieillesse, ni des accidents du travail, ni des prestations familiales, et ne peut adhérer volontairement qu'à l'assurance maladie via la CNASS.
Questions fréquentes
Combien le salarié cotise-t-il en Mauritanie ?
Selon le CLEISS au 1er janvier 2025, 4 % pour l'assurance maladie (CNAM) sur la totalité du salaire et 1 % pour la CNSS dans la limite de 70 000 MRU par mois, soit 5 % au total sous ce plafond.
Quel est le plafond de la CNSS ?
70 000 MRU de salaire mensuel, qui s'applique à la CNSS et à la médecine du travail. La cotisation maladie de la CNAM n'a pas de plafond.
Quel est le SMIG en Mauritanie ?
Le CLEISS indique 25,962 MRU de l'heure, soit 4 500 MRU par mois pour 40 heures hebdomadaires, depuis le 1er janvier 2023. Les travailleurs agricoles ont un taux horaire de 24,612 MRU.
L'employeur retient-il l'impôt sur le salaire ?
Oui, l'impôt sur les traitements et salaires est retenu à la source. Son barème n'a pas pu être vérifié pour cette page ; demandez-le à la direction générale des impôts ou lisez la ligne ITS de votre bulletin.
Y a-t-il une assurance chômage ?
Non. Le CLEISS précise que le régime mauritanien ne couvre pas le risque chômage.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- CLEISS — Les cotisations en MauritanieTaux des cotisations CNAM, CNSS et médecine du travail, plafond et SMIG, avec dates de mise à jour.
- Rivermate — Mauritanie, fiscalité et paieGuide de l'emploi sur l'ITS, les congés et les cotisations ; source secondaire à recouper avec les administrations.
