Étape 1 : la référence, ce que vous touchez un mois normal

Avant de mesurer une perte, il faut un point de comparaison. Prenons un salarié non cadre rémunéré 2 500 € bruts par mois en 2026. Avec les cotisations salariales, la CSG et la CRDS en vigueur, son net avant impôt est de 1 978,99 €. Après un prélèvement à la source de 59,46 € (taux neutre de 2,9 %), le net à payer, c'est-à-dire la somme virée sur le compte, est de 1 919,54 €.

On comparera la perte à ces deux montants. La comparaison avant impôt est la plus propre, parce que le prélèvement dépend du foyer fiscal. Le net à payer est ce que le salarié ressent dans sa vie quotidienne, mais il est faussé lorsque le taux personnalisé diffère du taux neutre.

Étape 2 : le salaire journalier de base et l'indemnité à 50 %

La Sécurité sociale calcule le salaire journalier de base (SJB) à partir de la moyenne des salaires bruts des trois derniers mois avant l'arrêt. Le diviseur n'est pas affiché sur la page de l'Assurance maladie, mais l'usage est de diviser le total des trois mois par 91,25 jours. L'indemnité journalière (IJ) est ensuite fixée à 50 % du SJB, avec un plafond.

D'après la fiche de service-public.gouv.fr vérifiée le 1er juin 2026, le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le SMIC pour les arrêts commencés depuis le 1er avril 2025 (1,8 fois pour les arrêts antérieurs), ce qui plafonne l'IJ à 42,97 € bruts par jour. Avec un SMIC de 1 867,02 € bruts par mois, le seuil à partir duquel le plafond joue est de 2 613,83 € bruts mensuels. Quelques repères :

Salaire brut mensuelSJB (3 mois / 91,25)IJ brute par jourIJ sur 27 jours
1 867,02 € (SMIC)61,38 €30,69 €828,63 €
2 000 €65,75 €32,88 €887,76 €
2 500 €82,19 €41,10 €1 109,70 €
3 000 € et plusplafonné à 85,94 €42,97 €1 160,19 €

Le versement concerne tous les jours calendaires, week-ends compris, ce qui explique l'usage de 30 jours pour un mois. La caisse règle les IJ après traitement du dossier, puis environ tous les quatorze jours.

Étape 3 : la carence de trois jours et les droits d'ouverture

La Sécurité sociale n'indemnise pas les trois premiers jours de chaque arrêt, sauf exceptions : reprise du travail de 48 heures ou moins entre deux arrêts, premier arrêt pour une affection de longue durée, accident du travail et maladie professionnelle. Pour que les IJ soient versées, il faut aussi justifier d'une activité suffisante : au moins 150 heures de travail sur les trois mois civils (ou 90 jours) précédant l'arrêt, ou une rémunération soumise à cotisations d'au moins 1 015 fois le SMIC horaire sur six mois, pour les six premiers mois d'arrêt. Au-delà, les seuils passent à 600 heures sur douze mois, ou 2 030 fois le SMIC horaire.

La durée maximale est en général de 12 mois d'IJ sur trois années consécutives, portée à trois ans en affection de longue durée. Un salarié qui cumule plusieurs arrêts sur une même période peut donc épuiser ses droits sans en avoir conscience.

Scénario A : moins d'un an d'ancienneté, aucun complément

Le salarié à 2 500 € est arrêté du 1er au 30 novembre, avec moins d'un an d'ancienneté : aucun complément légal de l'employeur. Sur 30 jours calendaires, trois jours de carence : 27 jours indemnisés.

Face à un net avant impôt de 1 978,99 €, la perte est de 943,64 €, soit 47,7 %. Les IJ sont imposables (sauf en affection de longue durée), avec un prélèvement à la source appliqué à partir d'un taux communiqué par l'administration fiscale ; l'écart sur le net à payer dépend de ce taux, qui peut absorber quelques dizaines d'euros de plus.

Scénario B : trois ans d'ancienneté, complément légal

Même salarié avec trois ans d'ancienneté, donc 30 jours à 90 % puis 30 jours à deux tiers. Le complément débute au huitième jour d'absence. Sur la base de 30 jours, le salaire journalier brut est de 83,33 € et la cible à 90 % de 75,00 € par jour (IJ comprises).

PériodeJoursRevenu brut par jourTotal brut
Jours 1 à 3 (carence)30 €0,00 €
Jours 4 à 7 (IJ seules)441,10 €164,40 €
Jours 8 à 30 (IJ + complément = 90 %)2375,00 €1 725,00 €
Total du mois301 889,40 €

En brut, la perte est de 2 500 − 1 889,40 = 610,60 €, soit 24,4 %. En net, on peut estimer l'écart ainsi : les 27 jours d'IJ (1 109,70 €) donnent 1 035,35 € après CSG et CRDS ; le complément (779,70 €) est du revenu de remplacement dont le traitement dépend du bulletin, mais en lui appliquant le ratio net sur brut d'un mois travaillé (79,16 %), on obtient environ 617 €. Le total approche 1 652 € avant impôt, soit une perte d'environ 326 € (16,5 %) par rapport à 1 978,99 €. C'est une estimation, non un calcul de paie.

Quand l'arrêt se prolonge au-delà du premier mois

Le premier mois est le moins coûteux. Dans le scénario B, la période à 90 % s'achève 30 jours après le début du complément, soit au 37e jour d'absence ; ensuite, le revenu de remplacement tombe à deux tiers du salaire brut pendant 30 jours, soit 55,56 € par jour dont 41,10 € d'IJ. Après 60 jours de complément (au 67e jour), le complément cesse et ne reste que l'IJ à 41,10 € par jour, soit environ 49 % du salaire journalier brut. Sur trois mois complets d'arrêt, l'écart cumulé avec le salaire normal se creuse de plus en plus. D'où l'intérêt de vérifier si la convention collective, ou un contrat de prévoyance collective d'entreprise, prend le relais : beaucoup d'entreprises ont mis en place un contrat qui verse des indemnités complémentaires, parfois dès le premier jour.

Réduire la perte : les leviers à vérifier

Questions fréquentes

Combien touche-t-on par jour en arrêt maladie ?

50 % du salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des salaires bruts des trois derniers mois. Le plafond est de 42,97 € bruts par jour d'après la fiche service-public.gouv.fr vérifiée le 1er juin 2026.

Les indemnités journalières sont-elles soumises à la CSG et à l'impôt ?

Oui. D'après l'Assurance maladie, elles supportent 6,2 % de CSG et 0,5 % de CRDS, et sont imposables, sauf celles qui se rapportent à une affection de longue durée. Le prélèvement à la source est calculé avec un taux transmis automatiquement par l'administration fiscale.

Pourquoi le plafond a-t-il baissé ?

Pour les arrêts commencés depuis le 1er avril 2025, le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le SMIC au lieu de 1,8 fois. Les salariés dont la paie dépasse environ 2 613 € bruts par mois sont concernés par ce plafond.

Les jours de week-end sont-ils indemnisés ?

Oui. Les IJ sont versées pour chaque jour calendaire, week-ends inclus, après les trois jours de carence.

Quand mon employeur doit-il compléter mes IJ ?

Quand vous avez au moins un an d'ancienneté, avez transmis votre certificat dans les 48 heures et ne faites pas partie des exclus (saisonniers, intermittents, temporaires, salariés à domicile). Il commence au huitième jour, hors accident du travail ou maladie professionnelle.

Pour aller plus loin : organismes et ressources