Simulateur de salaire net en France (2026)
Calcul dans votre navigateur, sans envoi de données. Net = montant viré sur le compte bancaire (après cotisations et impôt à la source quand il existe). Résultat indicatif, voir les hypothèses affichées sous le résultat.
Trois sens du mot « charges »
Dans la conversation courante, « le salaire après charges » peut recouvrir trois étapes successives, qu’il vaut mieux nommer pour ne pas comparer des choses différentes.
- Les charges patronales sont payées par l’employeur en plus du brut. Elles n’apparaissent pas dans le net du salarié ; elles servent à calculer le coût total d’un poste, pas ce qu’il reste à l’employé.
- Les cotisations et contributions salariales sont retenues sur le brut : retraite, CSG, CRDS. Leur déduction donne le net avant impôt sur le revenu.
- Les charges du foyer sont les dépenses contraintes : loyer ou crédit immobilier, énergie, assurances, abonnements, transports, pensions versées. Les déduire du net à payer donne le reste à vivre.
Le revenu disponible au sens strict se situe entre la deuxième et la troisième étape : c’est ce dont dispose le ménage pour consommer et épargner, une fois les prélèvements obligatoires directs enlevés et les prestations reçues ajoutées.
La définition de l’Insee
Selon l’Insee, le revenu disponible est le revenu dont le ménage dispose pour consommer et épargner. Il additionne les revenus d’activité nets des cotisations sociales, les indemnités de chômage, les retraites et pensions, les revenus du patrimoine, les autres prestations sociales perçues et une partie du solde des transferts entre ménages. Il en retranche l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation (selon la définition publiée par l’Insee, dernière mise à jour en 2021), la CSG, la CRDS et les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine.
Le point à retenir pour un particulier est la nature de ce calcul : il porte sur le ménage et non sur la personne, il inclut les prestations, comme la prime d’activité ou les allocations logement, et il se mesure en général sur l’année. Un salarié qui raisonne sur son virement mensuel travaille donc avec une version partielle, plus proche du « net à payer » que du revenu disponible statistique. Le reste de la page distingue les deux niveaux.
La méthode en quatre étapes
- Partir du net à payer de chaque adulte du foyer, c’est-à-dire le virement mensuel après cotisations et après prélèvement à la source.
- Ajouter les prestations régulières : prime d’activité, allocations familiales, aides au logement. Leur montant ne se devine pas : il se simule.
- Ajouter ou retirer les flux irréguliers : treizième mois, prime annuelle, solde d’impôt ou remboursement lors de la régularisation de septembre.
- Retrancher les charges fixes, ramenées au mois : loyer, énergie, assurances, téléphonie, transport, pensions, remboursements d’emprunts. Une dépense annuelle se divise par douze.
Le résultat est le reste à vivre mensuel. Rapporté au net, il dit la marge de manœuvre ; rapporté à la composition du foyer, il permet de comparer des situations différentes. Le taux d’effort logement, soit loyer et charges divisés par le revenu, est l’indicateur le plus utilisé par les bailleurs, qui retiennent souvent un tiers comme repère empirique, sans que ce seuil ait valeur de règle.
Trois salariés, les mêmes charges fixes
Les trois profils sont des salariés non-cadres du privé, célibataires, hors Alsace-Moselle, soumis au taux neutre de prélèvement. Ils supportent les mêmes dépenses contraintes, posées comme hypothèse d’école : loyer 700 €, charges et énergie 110 €, assurances 85 €, internet et mobile 45 €, transport 60 €, soit 1 000 € par mois.
| Brut mensuel | Net avant impôt | Prélèvement (taux neutre) | Net à payer | Reste après 1 000 € de charges | Taux d’effort logement |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 867,02 € (Smic) | 1 477,93 € | 0,00 € (0 %) | 1 477,93 € | 477,93 € | 54,8 % |
| 2 500,00 € | 1 978,99 € | 59,46 € (2,9 %) | 1 919,54 € | 919,54 € | 42,2 % |
| 4 500,00 € | 3 561,78 € | 439,11 € (11,9 %) | 3 122,67 € | 2 122,67 € | 25,9 % |
Le brut du troisième salarié est 2,41 fois celui du premier ; son net à payer est 2,11 fois supérieur ; mais son reste après charges est 4,44 fois plus élevé. Entre le Smic et 2 500 €, le brut augmente de 33,9 % et le reste à vivre de 92,4 %. Plus le salaire est bas, plus chaque euro supplémentaire sert à couvrir des charges rigides, et plus la marge de manœuvre en dépend.
L’effet de levier d’une hausse sur le reste à vivre
Les charges fixes ne bougent pas quand le salaire monte : toute la hausse nette va dans le reste. Pour le deuxième profil, une augmentation de 125 € brut (de 2 500 € à 2 625 €) fait passer le net à payer de 1 919,54 € à 2 002,60 €, soit 83,06 € de plus avec le taux neutre, car la base de prélèvement change de tranche. Le reste après charges passe de 919,54 € à 1 002,60 €, soit 9,0 % de plus pour une hausse de salaire brut de 5 %.
L’inverse est aussi vrai : une charge nouvelle de 83 € par mois, comme une mensualité de crédit, absorbe l’équivalent de cette hausse. Dans la planification budgétaire, il est plus prudent de raisonner en reste à vivre qu’en pourcentage de salaire.
Quand le foyer compte deux salaires, les nets s’additionnent, mais les charges aussi. Deux personnes qui perçoivent respectivement 1 574,99 € (brut de 2 000 €) et 1 919,54 € (brut de 2 500 €) ont ensemble 3 494,53 € de net à payer avec le taux neutre. Si le foyer supporte 1 500 € de charges, le reste est de 1 994,53 €. L’impôt réel du couple, lui, dépend de la déclaration commune ou séparée et du taux transmis par l’administration.
Les flux qui sortent du virement mensuel
Le net à payer ne résume pas toute l’année. Le prélèvement à la source est une avance : le calcul définitif de l’impôt est fait après la déclaration de revenus. Selon la page de l’administration consacrée au sujet, le taux est actualisé chaque mois de septembre, et un solde de 300 € ou moins est prélevé en un seul versement en septembre, tandis qu’un solde supérieur est étalé en quatre prélèvements de septembre à décembre. Ce sont de vrais postes de trésorerie, qu’il faut provisionner.
Il en va de même pour les éléments qui tombent une fois par an : taxe foncière, assurance annuelle, contrôle technique, vacances. Une provision mensuelle simple consiste à diviser le total annuel par douze et à le placer sur un compte séparé. Côté recettes, la prime de treizième mois, un bonus ou la participation sont à comptabiliser à part et non dans le budget courant.
Prestations : le chaînon manquant du calcul
Le revenu disponible de l’Insee intègre les prestations sociales, ce que le simulateur de salaire ne fait pas. Pour une personne au Smic ou un peu au-dessus, la prime d’activité et les aides au logement peuvent représenter une part non négligeable du budget. Leur montant dépend de la composition du foyer, des revenus récents, du loyer et de la zone géographique ; il varie à chaque changement de situation.
La CAF met à disposition un simulateur de prime d’activité, et le portail national des droits sociaux permet de tester d’autres aides. La démarche : saisir le net de chaque adulte, le loyer, la composition du foyer, puis noter le résultat. Une seconde simulation avec une hausse de salaire montre l’effet net sur l’ensemble, aide comprise. Ces estimations n’engagent pas l’organisme : seul le dossier de demande ouvre droit.
Lire les résultats avec prudence
Les montants du tableau reposent sur le taux neutre de prélèvement, qui peut différer de votre taux personnalisé, et sur des charges fictives. Ils ne comprennent ni la mutuelle d’entreprise (déjà déduite du net si elle est obligatoire et à votre charge, ce que le simulateur n’intègre pas), ni les titres-restaurant, ni les frais de garde, ni les pensions alimentaires. Pour un calcul personnel, remplacez les hypothèses par vos relevés bancaires sur trois mois, retirez les opérations exceptionnelles, et refaites le tableau avec votre net à payer réel du bulletin plutôt qu’avec une simulation. L’écart entre les deux mesure ce que le simulateur ne voit pas.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre salaire net et revenu disponible ?
Le net à payer est le virement de l’employeur après cotisations et prélèvement à la source. Le revenu disponible, au sens de l’Insee, concerne le ménage : il ajoute prestations et autres revenus et retranche les prélèvements directs, comme l’impôt sur le revenu.
Qu’appelle-t-on reste à vivre ?
C’est ce qui reste du net à payer, augmenté des prestations régulières, une fois retranchées les charges fixes du mois : loyer, énergie, assurances, abonnements, transport, remboursements. Rapporté au nombre de personnes, il permet de comparer des foyers.
Comment calculer un taux d’effort logement ?
On divise le loyer et les charges locatives par le revenu mensuel du foyer. Avec 810 € de loyer et charges pour 1 919,54 € de net, le taux est de 42,2 %. Un tiers est un repère fréquent chez les bailleurs, sans valeur légale.
Les prestations sociales comptent-elles dans le revenu disponible ?
Oui pour l’Insee, qui les ajoute aux revenus d’activité. Elles ne figurent pas dans le net à payer. Leur montant se simule avec les outils de la CAF et du portail mes droits sociaux.
Faut-il tenir compte de la régularisation de l’impôt ?
Oui. Le prélèvement à la source est une avance. Après la déclaration, un solde de 300 € ou moins est prélevé en une fois en septembre, et au-delà il est étalé sur quatre mois. Un remboursement est possible dans le cas inverse.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- Insee — Définition du revenu disponibleDonne la définition statistique : revenus d’activité nets, prestations et patrimoine, moins les prélèvements directs.
- Économie.gouv.fr — Comprendre le prélèvement à la source en 10 questionsExplique la mise à jour du taux en septembre et le règlement du solde après la déclaration de revenus.
- CAF — Simulateur de prime d’activitéPermet d’estimer la prestation qui s’ajoute au salaire pour obtenir un revenu disponible complet.
