Pourquoi le net malien se calcule en deux temps
Le premier temps est social : l'employeur prélève sur le brut les cotisations salariales dues à l'Institut national de prévoyance sociale (INPS) et à l'assurance maladie obligatoire. Le second temps est fiscal : sur le revenu restant, il retient l'impôt sur les traitements et salaires (ITS), qu'il reverse à l'administration. Le virement bancaire correspond au résultat des deux temps.
La monnaie est le franc CFA de l'Afrique de l'Ouest (XOF, souvent écrit FCFA), la même que dans les autres pays de l'UEMOA. Les montants de cette page sont donc en FCFA, et les pourcentages sont appliqués au salaire brut mensuel.
Le point de départ est simple à retenir : pour les salariés du secteur privé, les cotisations sociales retenues sur le bulletin atteignent 6,66 % du brut selon la fiche du CLEISS arrêtée au 1er janvier 2025. L'ITS vient en plus, et c'est elle qui fait varier le net d'un salarié à l'autre.
Les cotisations de sécurité sociale, branche par branche
Le CLEISS publie, pour les salariés, les taux suivants au 1er janvier 2025.
| Branche | Part salarié | Part employeur |
|---|---|---|
| Prestations familiales et indemnités de maternité | aucune | 8 % |
| Assurance maladie obligatoire (AMO) | 3,06 % | 3,5 % |
| Accidents du travail et maladies professionnelles | aucune | 1 % à 4 % selon le risque |
| Vieillesse, invalidité, survivants | 3,6 % | 5,4 % (dont 3,4 % vieillesse et 2 % invalidité et décès) |
| Taxe ANPE | aucune | 1 % |
| Total | 6,66 % | 18,9 % à 21,9 % |
Une particularité mérite d'être soulignée : pour les salariés, le CLEISS précise qu'il n'y a aucun plafond. Les cotisations sont calculées sur la totalité du salaire. Un cadre bien payé supporte donc le même pourcentage qu'un employé au salaire minimum, ce qui n'est pas le cas dans les pays voisins qui plafonnent la base sociale.
La gestion est partagée. L'INPS couvre les accidents du travail, les maladies professionnelles, les pensions et les prestations familiales du secteur privé et collecte les cotisations. La Caisse nationale d'assurance maladie (CANAM) gère l'AMO ; elle délègue à l'INPS la collecte pour les travailleurs du privé, tandis que les fonctionnaires relèvent d'une autre caisse, la CMSS.
L'impôt sur les traitements et salaires : ce qu'on peut affirmer
L'ITS est un impôt progressif sur les revenus d'activité salariée. Il est calculé après déduction des cotisations sociales obligatoires, ce qui en fait un impôt sur le salaire « net social » et non sur le brut. Les tranches, les abattements et la réduction pour charges de famille sont fixés par le code général des impôts et ses lois de finances successives.
Pour cette page, aucun barème de l'ITS n'a pu être vérifié auprès d'un texte ou d'une publication de la direction générale des impôts du Mali. Les barèmes qui circulent sur des sites de simulation ou dans des mémoires universitaires diffèrent d'une source à l'autre (nombre de tranches, seuils, taux maximal), ce qui prouve que certains sont obsolètes. Aucun taux d'ITS n'est donc donné ici. Les calculs de cette page s'arrêtent volontairement au « net avant ITS ».
Ce que vous pouvez faire concrètement : demander à votre employeur le montant d'ITS figurant sur votre bulletin, ou interroger la direction générale des impôts pour obtenir le barème en vigueur et les déductions pour personnes à charge. Un simulateur n'est fiable que s'il cite la loi de finances de l'année.
Exemple : de 200 000 FCFA brut au net avant ITS
Prenons un salaire brut mensuel de 200 000 FCFA, sans plafond à appliquer.
| Étape | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Brut | 200 000 FCFA | |
| Cotisation vieillesse INPS | 3,6 % de 200 000 | 7 200 FCFA |
| Assurance maladie AMO | 3,06 % de 200 000 | 6 120 FCFA |
| Total des retenues sociales | 6,66 % | 13 320 FCFA |
| Net avant ITS | 200 000 - 13 320 | 186 680 FCFA |
Le montant réellement viré est égal à 186 680 FCFA diminués de l'ITS, qui dépend du barème et de la situation familiale. Pour un salaire de 500 000 FCFA, les retenues sociales sont de 33 300 FCFA et le net avant ITS de 466 700 FCFA : la proportion ne change pas, faute de plafond.
Sur le plan de l'employeur, la même base de 200 000 FCFA entraîne entre 37 800 et 43 800 FCFA de charges patronales, soit 18,9 % à 21,9 %. Le coût total mensuel du poste se situe donc entre 237 800 et 243 800 FCFA, hors taxes spécifiques à l'entreprise.
Salaire minimum : deux chiffres, une vérification à faire
Le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) est le plancher légal. Le CLEISS indique qu'il est de 40 000 FCFA par mois depuis le 1er janvier 2016. Un article de presse économique publié en 2026 évoque au contraire 45 000 FCFA brut par mois et affirme qu'aucune revalorisation officielle n'a été annoncée pour 2026. Les deux chiffres ne coïncident pas, et aucune de ces sources n'est un décret.
La conséquence est claire : avant de contester ou de négocier un salaire de base, il faut lire le texte réglementaire en vigueur ou interroger la direction du travail. Les conventions collectives de branche, souvent plus favorables, fixent par ailleurs leurs propres grilles par catégorie, et ce sont elles qui comptent pour la majorité des salariés qualifiés.
Quel que soit le plancher retenu, les retenues sociales de 6,66 % s'appliquent en totalité. Sur un SMIG de 40 000 FCFA, elles représentent 2 664 FCFA, soit un net avant ITS de 37 336 FCFA.
Maladie, maternité et congés : ce que prévoit le régime
La fiche du CLEISS sur le régime malien précise quelques règles qui touchent directement la paie. Pour une maladie non professionnelle, l'employeur doit continuer à rémunérer le travailleur pendant son absence pour une durée pouvant aller jusqu'à six mois : le salaire complet est dû pendant la durée du préavis la première année, puis la moitié du salaire ensuite. Pour chaque naissance viable, le salarié a droit à trois jours de congé payés à 100 % du salaire journalier, remboursés à l'employeur par l'INPS, à prendre dans une période de quinze jours incluant la naissance.
Ces maintiens de salaire expliquent pourquoi un bulletin peut afficher un brut inchangé pendant une absence : la rémunération reste calculée sur le salaire habituel, avec les mêmes retenues sociales, et la caisse intervient ensuite en remboursement de l'employeur.
Les travailleurs non salariés, eux, ne relèvent pas de ce régime obligatoire. Ils peuvent s'affilier volontairement aux branches pension, maladie et prestations familiales, avec des cotisations calculées sur cinq classes de revenu : 125 000 FCFA par trimestre pour la première classe, jusqu'à 1 000 000 FCFA pour la dernière.
Lire son bulletin de paie malien
Un bulletin conforme fait apparaître, dans cet ordre, le salaire de base, les accessoires imposables (primes, indemnités, heures supplémentaires), le brut, les retenues INPS et AMO, la base de l'ITS, le montant de l'ITS puis le net à payer. Trois vérifications rapides s'imposent.
- Les retenues sociales doivent représenter 6,66 % du brut, sans plafond. Un écart important est anormal.
- La base de l'ITS doit être inférieure au brut d'au moins le montant des retenues sociales.
- Les primes exceptionnelles, les avantages en nature et les remboursements de frais ne sont pas traités de la même façon ; demandez la justification de chaque ligne.
L'employeur est tenu de déclarer et de verser les cotisations à l'INPS et l'impôt retenu à l'administration. Le salarié qui constate l'absence de cotisations sur son bulletin doit réagir vite, car elles conditionnent ses droits aux pensions et aux prestations.
Questions fréquentes
Quel est le total des cotisations salariales au Mali ?
D'après le CLEISS au 1er janvier 2025, le salarié du secteur privé supporte 3,6 % pour la vieillesse, l'invalidité et les survivants et 3,06 % pour l'assurance maladie, soit 6,66 % du brut, sans plafond.
Existe-t-il un plafond de cotisation pour les salariés ?
Non. Le CLEISS indique que les cotisations des salariés sont calculées sur la totalité du salaire. Les plafonds trimestriels ne concernent que les travailleurs non salariés affiliés volontairement.
Quel est le SMIG au Mali ?
Le CLEISS cite 40 000 FCFA par mois depuis le 1er janvier 2016, alors qu'un article de 2026 évoque 45 000 FCFA. Les sources divergent : vérifiez le dernier texte officiel auprès de la direction du travail.
Quel est le barème de l'ITS ?
Il est fixé par le code général des impôts et la loi de finances. Les barèmes trouvés en ligne se contredisent, donc cette page ne donne pas de taux. Demandez-le à la direction générale des impôts ou lisez la ligne ITS de votre bulletin.
Qui verse l'assurance maladie des salariés du privé ?
L'AMO est gérée par la CANAM, mais la collecte des cotisations des travailleurs du privé est déléguée à l'INPS ; le prélèvement figure donc sur le même bulletin que les autres retenues.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- CLEISS — Les cotisations au MaliTaux salariaux et patronaux de l'INPS et de l'AMO au 1er janvier 2025, absence de plafond et SMIG.
- Les Afriques — Salaire moyen au Mali en 2026Article de presse économique qui rapporte un SMIG de 45 000 FCFA, à rapprocher du chiffre du CLEISS.
- Africarrières — Mali, fiscalité de l'employeurGuide pratique sur les charges liées à l'emploi et les contributions patronales au Mali.
