Le salaire annuel moyen : la moyenne des 25 meilleures années
Pour un salarié du secteur privé, le salaire de référence retraite est le salaire annuel moyen (SAM). Il correspond à la moyenne des salaires annuels bruts soumis à cotisations des 25 meilleures années de la carrière. Les revenus de l'année du départ ne sont pas pris en compte. Selon la fiche de service-public, ce nombre d'années peut être ramené à 24 ou 23 grâce aux majorations accordées aux parents, selon le nombre d'enfants.
Deux règles à retenir : seuls les salaires soumis à cotisations entrent dans la moyenne, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale de chaque année (48 060 € en 2026), et les années les moins bien payées sont écartées. Une carrière de 40 ans avec 15 années de faible activité est donc moins pénalisée qu'on ne le pense. À l'inverse, une carrière courte de 30 ans oblige à retenir 25 années, quitte à y faire figurer des années médiocres.
La Caisse nationale d'assurance vieillesse conserve les salaires dans un relevé de carrière que chacun peut consulter. Ce sont ces montants, revalorisés pour tenir compte de l'évolution des prix, qui sont retenus, et non les salaires nominaux d'origine.
La formule de la pension de base
Le calcul tient en une ligne : pension annuelle ≈ SAM × taux × (trimestres obtenus ÷ trimestres requis pour le taux plein). Le taux plein est de 50 %. Il s'applique si vous partez avec le nombre de trimestres requis, ou à 67 ans quel que soit le nombre de trimestres.
| Génération | Trimestres requis (taux plein) |
|---|---|
| 1958 à 1960 | 167 |
| 1964 (exemple de la fiche officielle) | 170 |
| 1966 et suivantes | 172 |
Exemple officiel : assuré né en 1964, 170 trimestres, 38 400 € de SAM
Avec 170 trimestres, le calcul donne 38 400 € × 50 % × 170 ÷ 170 = 19 200 € bruts par an, soit 1 600 € bruts par mois. Un départ à 67 ans avec 158 trimestres seulement donne 38 400 € × 50 % × 158 ÷ 170 = 17 844,71 € bruts par an, car le taux de 50 % est maintenu mais la proratisation s'applique.
Valider ses trimestres : le seuil de 1 803 € en 2026
Un trimestre est validé à partir d'un revenu annuel brut soumis à cotisations de 1 803 € en 2026, soit 150 fois le Smic horaire brut du 1er janvier. Quatre trimestres au maximum sont comptés par année civile.
| Trimestres validés dans l'année | Revenu annuel brut requis en 2026 |
|---|---|
| 1 | 1 803 € |
| 2 | 3 606 € |
| 3 | 5 409 € |
| 4 | 7 212 € |
Un salarié à mi-temps au Smic (environ 933 € brut par mois) dépasse largement 7 212 € sur l'année et valide donc quatre trimestres. Le seuil bas explique pourquoi le temps partiel ou les petits contrats ne retardent pas la durée d'assurance, même s'ils abaissent le salaire annuel moyen.
Décote, surcote et ce qu'elles changent concrètement
Si vous partez avant 67 ans sans le nombre de trimestres requis, le taux de 50 % est réduit de 0,625 point par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres. Le taux minimal est donc de 37,5 %. À l'inverse, la surcote augmente la pension pour les trimestres cotisés au-delà de la durée requise, dans les conditions de la fiche dédiée.
Exemple : SAM de 30 000 € et quatre trimestres manquants
Un assuré né en 1966 doit réunir 172 trimestres. Il en compte 168. Son taux devient 50 % − (4 × 0,625 %) = 47,5 %. La pension annuelle est de 30 000 € × 47,5 % × 168 ÷ 172 = 13 918,60 € bruts, soit environ 1 159,88 € par mois. S'il avait atteint 172 trimestres, la pension aurait été de 30 000 × 50 % = 15 000 € par an (1 250 € par mois). L'écart de 1 081,40 € par an pour quatre trimestres manquants se paie jusqu'à la fin de la retraite.
Effet des années faibles : un SAM recalculé sur deux carrières types
La moyenne des 25 meilleures années se déforme moins vite qu'une moyenne de toute la carrière. Prenons un salarié qui a gagné 36 000 € brut (dans la limite du plafond) pendant 21 années et 28 800 € pendant 4 années de temps partiel : son SAM est de (21 × 36 000 + 4 × 28 800) ÷ 25 = 34 848 €. À taux plein, la pension annuelle est de 17 424 €, soit 1 452 € par mois.
Si les quatre années à temps partiel avaient été à plein temps, la pension serait de 36 000 × 50 % = 18 000 €. L'écart est de 576 € par an. Les quatre années moins payées ne coûtent donc qu'environ 3 % de pension, parce qu'elles n'occupent que 4 places sur 25 dans la moyenne.
Minimum contributif et plafond : les bornes de la pension
La pension de l'Assurance retraite ne peut pas dépasser 50 % du plafond de la Sécurité sociale de l'année du départ, soit 2 002,50 € bruts par mois pour un départ en 2026, sauf surcote. Pour les petites carrières, un minimum contributif peut s'appliquer sous conditions, notamment une retraite à taux plein et un total de retraites ne dépassant pas 1 410,89 € bruts par mois. Il est de 903,94 € bruts par mois dans le cas le plus favorable (trimestres tous cotisés) et de 756,29 € dans les autres cas.
La pension est revalorisée chaque 1er janvier selon l'évolution moyenne des prix à la consommation hors tabac. Elle supporte la CSG, la CRDS et la Casa sauf exonération, ce qui rend le net perçu différent du brut calculé.
Ce que ce calcul ne couvre pas : la retraite complémentaire
La pension de base ne représente qu'une partie du revenu de retraite d'un salarié du privé. La retraite complémentaire Agirc-Arrco fonctionne par points achetés avec les cotisations : elle ne suit pas la logique des 25 meilleures années. Ses règles, ses valeurs de service et ses éventuels coefficients de minoration sont propres à ce régime et doivent être consultés séparément.
Pour une estimation personnalisée, le service « Mon estimation retraite » d'Info-Retraite reste l'outil indiqué. Il réunit les trimestres et les salaires issus de tous les régimes de l'assuré, ce qu'une simple formule ne permet pas.
Questions fréquentes
Pourquoi 25 années et pas toute la carrière ?
La loi retient les 25 meilleures années pour que quelques années de chômage, de petits salaires ou de temps partiel ne tirent pas la pension vers le bas. Les parents peuvent bénéficier de majorations qui ramènent ce nombre à 24 ou 23 années.
Les salaires au-dessus du plafond de la Sécurité sociale comptent-ils ?
Seuls les salaires soumis à cotisations de base sont retenus, dans la limite du plafond annuel (48 060 € en 2026). La pension de l'Assurance retraite est en outre plafonnée à 50 % du plafond mensuel, soit 2 002,50 € bruts pour un départ en 2026.
Combien faut-il gagner pour valider un trimestre en 2026 ?
Un trimestre est validé à partir de 1 803 € bruts soumis à cotisations sur l'année, soit 150 heures de Smic. Quatre trimestres au maximum sont comptés par année civile, pour un revenu annuel de 7 212 € ou plus.
Comment fonctionne la décote ?
Avant 67 ans, chaque trimestre manquant réduit le taux de 50 % de 0,625 point, dans la limite de 20 trimestres, soit un taux minimal de 37,5 %. À 67 ans le taux plein est acquis quel que soit le nombre de trimestres, mais la proratisation sur la durée d'assurance reste applicable.
Mon dernier salaire influence-t-il ma pension ?
Très peu. Les revenus de l'année du départ à la retraite sont exclus du SAM, et seules comptent les 25 meilleures années. Une forte augmentation en fin de carrière ne modifie donc la moyenne que si elle fait entrer une année dans ce classement.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- Service-Public — Montant de la retraite de base du régime généralDonne la formule du salaire annuel moyen, le taux de 50 %, la décote et les montants minimum et maximum.
- Assurance retraite — Retraite progressivePrésente l'un des dispositifs permettant de combiner activité à temps partiel et retraite partielle.
- Info-Retraite — Travail à temps partiel et retraiteExplique l'effet du temps partiel sur la validation des trimestres et la pension.
