Simulateur de salaire net en France (2026)
Calcul dans votre navigateur, sans envoi de données. Net = montant viré sur le compte bancaire (après cotisations et impôt à la source quand il existe). Résultat indicatif, voir les hypothèses affichées sous le résultat.
Ce que la loi fixe, et ce qu'elle laisse aux accords
Le Code du travail définit ce qu'est le travail de nuit, mais il ne fixe pas de pourcentage de majoration unique pour toutes les entreprises. D'après la fiche du service public sur le travail de nuit du salarié du secteur privé (vérifiée le 21 mai 2025), la contrepartie obligatoire est un repos compensateur, auquel une majoration de salaire peut s'ajouter. Le montant de cette majoration vient donc de la convention collective, d'un accord d'entreprise ou du contrat de travail.
Pour savoir si une heure est « de nuit », il faut distinguer deux situations :
| Situation | Plage de nuit |
|---|---|
| Accord collectif applicable | Période de 9 heures consécutives incluant minuit-5 h, commençant au plus tôt à 21 h et finissant au plus tard à 7 h |
| Pas d'accord collectif | Tout travail entre 21 h et 6 h |
| Secteurs particuliers (presse, audiovisuel, spectacle vivant, discothèques) | Plages propres, par exemple 7 heures ou plus avec accord |
Conséquence pratique : deux salariés qui terminent leur service à 6 h 30 peuvent avoir un nombre d'heures de nuit différent selon l'accord de leur employeur. La première vérification consiste à repérer, dans la convention collective, la plage retenue et le taux associé. La page du Code du travail numérique consacrée au travail de nuit rappelle d'ailleurs que la plage légale commence à 21 h au plus tôt et se termine à 7 h au plus tard.
Travailleur de nuit ou salarié qui travaille parfois de nuit
Le statut compte, car certaines contreparties légales ne concernent que les travailleurs de nuit. Sans accord, la fiche du service public retient deux seuils alternatifs : au moins 3 heures de travail pendant la plage de nuit, au moins deux fois par semaine selon l'horaire habituel, ou 270 heures de nuit sur 12 mois consécutifs.
Le second seuil se traduit simplement en rythme mensuel : 270 heures divisées par 12 mois donnent 22,5 heures de nuit en moyenne par mois. Un salarié qui fait quatre nuits de 6 heures dans le mois (24 heures) dépasse ce rythme ; celui qui remplace un collègue pendant deux nuits de 5 heures (10 heures) reste en dessous, sauf si sa semaine habituelle contient deux fois 3 heures de nuit.
- Travailleur de nuit : repos compensateur obligatoire, durée maximale de 8 heures consécutives de nuit sauf précision contraire de l'accord, moyenne hebdomadaire plafonnée à 40 heures sur 12 semaines (44 heures si un accord le prévoit).
- Salarié occasionnel de nuit : l'accord peut prévoir une majoration pour travail exceptionnel de nuit, mais rien n'oblige à reproduire les contreparties du travailleur de nuit.
Pour le calcul du salaire, retenez surtout ceci : le statut ne change pas la mécanique de paie, il change le droit à un repos et parfois le taux de la majoration inscrit dans l'accord.
Calculer le taux horaire de référence
Toute majoration se calcule à partir d'un taux horaire. Pour un salarié à temps plein payé 35 heures par semaine, le salaire mensuel correspond à 151,67 heures (35 × 52 ÷ 12 = 151,6667). Le taux horaire de base est donc :
taux horaire = salaire mensuel de base ÷ 151,67
Pour un salaire de base de 2 000 € bruts, le taux est de 13,1865 € l'heure, soit 13,19 € une fois arrondi. À titre de repère, le Smic horaire brut est de 12,31 € depuis le 1er juin 2026 (1 867,02 € bruts par mois à temps plein).
Deux précautions :
- Le taux de base s'entend hors primes variables et hors éléments qui n'ont pas la nature de salaire de base. Si la convention parle de « salaire minimum conventionnel » ou de « taux horaire de la grille », c'est celui-là qu'il faut utiliser.
- Le nombre d'heures du dénominateur peut différer pour un salarié au forfait, en annualisation ou à temps partiel. Le contrat ou l'accord le précise.
Exemple détaillé : 40 heures de nuit dans le mois
Hypothèse de travail : un salarié non-cadre du secteur privé, en France métropolitaine hors Alsace-Moselle, perçoit 2 000 € bruts de base. Sa convention collective prévoit, dans cet exemple, une majoration de 25 % pour chaque heure de nuit. Ce taux est un exemple de calcul, pas une règle générale. Il effectue 40 heures de nuit dans le mois.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Taux horaire | 2 000 ÷ 151,67 | 13,1865 € |
| Majoration par heure | 13,1865 × 25 % | 3,2966 € |
| Majoration du mois | 3,2966 × 40 h | 131,87 € |
| Brut du mois | 2 000 + 131,87 | 2 131,87 € |
Notez que les 40 heures de nuit sont déjà comprises dans le salaire de base de 2 000 € : seule la majoration s'ajoute. Ajouter l'heure entière à la majoration reviendrait à payer deux fois le temps travaillé.
Le piège de l'arrondi mérite un chiffre. Si l'on arrondit d'abord le taux à 13,19 €, puis la majoration à 3,30 € par heure, on obtient 3,30 × 40 = 132,00 € au lieu de 131,87 €. L'écart de 13 centimes paraît dérisoire, mais il se répète chaque mois et suffit à faire diverger un bulletin d'un contrôle. Les logiciels de paie arrondissent généralement au dernier moment ; la méthode à privilégier est de ne pas arrondir avant le total.
Du brut au net : ce que devient la majoration
La majoration de nuit est un élément de salaire : elle supporte les mêmes cotisations salariales que le reste. Les valeurs ci-dessous viennent du simulateur France de cette page (barème 2026, taux neutre de prélèvement à la source pour le premier cas, taux personnalisé de 8 % pour le second).
| Cas | Brut mensuel | Net avant impôt | Net à payer, taux neutre | Net à payer, taux de 8 % |
|---|---|---|---|---|
| Sans majoration | 2 000,00 € | 1 583,19 € | 1 574,99 € | 1 451,98 € |
| Avec 40 h majorées de 25 % | 2 131,87 € | 1 687,58 € | 1 664,85 € | 1 547,72 € |
| Gain | +131,87 € | +104,39 € | +89,86 € | +95,74 € |
Sur 131,87 € bruts de majoration, 104,39 € restent avant impôt : le reste part en cotisations salariales, CSG et CRDS. L'écart entre les deux colonnes de net à payer provient du taux de prélèvement : le taux neutre de ce mois (1,3 % sur la base calculée) retient peu, alors qu'un taux de 8 % retient davantage mais s'applique aussi au salaire de base.
Le simulateur ci-dessus calcule à partir d'un brut mensuel : saisissez 2 131,87 pour reproduire ce cas, choisissez « non-cadre », laissez Alsace-Moselle décoché et, pour le second résultat, indiquez 8 dans le taux personnalisé. Il n'intègre ni la mutuelle, ni la prévoyance, ni les spécificités d'une convention collective : la fiche de paie réelle peut donc s'écarter de quelques euros.
Repos compensateur et majoration : ne pas les confondre
Le repos compensateur est un temps libre accordé en contrepartie des heures de nuit ; il ne se traduit pas par une ligne de salaire supplémentaire. Lorsque l'accord prévoit uniquement un repos, le salaire reste stable et la contrepartie apparaît sous forme d'un compteur d'heures de repos. Lorsqu'il prévoit les deux, la majoration vient s'ajouter au repos.
Quelques cas qui changent le calcul :
- Majoration convertible en repos : certains accords permettent de choisir entre paiement et repos. Seule la part payée entre dans le brut et dans la base de cotisations.
- Heures de nuit qui sont aussi des heures supplémentaires : au-delà de 35 heures par semaine, les heures supplémentaires sont majorées de 25 % pour les huit premières heures puis de 50 %, sauf taux conventionnel d'au moins 10 % (fiche du service public, vérifiée le 8 juin 2026). Que les deux majorations se cumulent ou que la plus favorable s'applique dépend de l'accord ; sans texte clair, demandez une réponse écrite à l'employeur ou au service de paie.
- Jours fériés et dimanches travaillés la nuit : chaque règle s'apprécie séparément ; une même heure peut cumuler plusieurs contreparties.
Les points à contrôler sur le bulletin
Une vérification en quatre temps évite la plupart des litiges.
- Le nombre d'heures de nuit : rapprochez le relevé d'horaires (ou le planning) de la ligne du bulletin. Une demi-heure oubliée par nuit sur dix nuits représente cinq heures de majoration.
- Le taux appliqué : retrouvez-le dans la convention collective ou l'accord d'entreprise. Si le bulletin indique un pourcentage différent, demandez la source.
- L'assiette : la majoration doit figurer dans le brut soumis à cotisations. Elle n'est pas une indemnité exonérée.
- Le net imposable : il augmente de la même manière. Une majoration de 131,87 € bruts ajoute ainsi une retenue d'impôt si le taux de prélèvement est positif.
Ces contrôles se font avec un seul document de référence : l'accord, et non la pratique des collègues. Un salarié embauché avant un changement d'accord peut conserver des avantages acquis, ce qui explique des écarts entre deux bulletins au sein d'une même équipe.
Si la majoration est versée sous forme de prime de panier ou d'indemnité de repas, son traitement fiscal et social diffère : il s'agit d'un autre élément, qui ne se confond pas avec la majoration pour heure de nuit.
Questions fréquentes
Existe-t-il un pourcentage légal de majoration pour une heure de nuit ?
Pas de pourcentage unique dans le Code du travail pour tous les salariés. La contrepartie obligatoire pour un travailleur de nuit est un repos compensateur ; une majoration de salaire peut s'y ajouter, et son taux vient de la convention collective, d'un accord ou du contrat. Consultez le texte applicable à votre entreprise.
À partir de quelle heure compte-t-on le travail de nuit ?
En l'absence d'accord collectif, tout travail entre 21 h et 6 h est du travail de nuit. Avec un accord, la plage est de 9 heures consécutives incluant minuit-5 h, commençant au plus tôt à 21 h et finissant au plus tard à 7 h. Certains secteurs, comme la presse ou le spectacle vivant, ont leurs propres plages.
Comment calculer le taux horaire pour un temps plein payé au mois ?
Divisez le salaire mensuel de base par 151,67, qui correspond à 35 heures par semaine sur 52 semaines divisées par 12 mois. Pour 2 000 € bruts, cela donne 13,19 € de l'heure environ. Conservez les décimales dans le calcul et n'arrondissez que le total.
La majoration de nuit est-elle soumise aux cotisations ?
Oui, elle fait partie du salaire brut et supporte les mêmes cotisations salariales, la CSG et la CRDS. Dans l'exemple de 40 heures à 25 %, 131,87 € de majoration brute ajoutent 104,39 € de net avant impôt, avant prélèvement à la source.
Le simulateur tient-il compte des heures de nuit ?
Non, il part d'un brut mensuel global. Il faut d'abord calculer le brut total, majoration comprise, puis le saisir dans le simulateur. Il ne gère pas la prévoyance, la mutuelle ni les règles propres à une convention collective.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- Service-public.gouv.fr — Travail de nuit du salarié du secteur privéDéfinit la plage de nuit, le statut de travailleur de nuit, les durées maximales et les contreparties.
- Code du travail numérique — Le travail de nuitFiche du ministère du Travail sur la plage légale et les compensations possibles.
- INRS — Travail en horaires atypiques : cadre réglementaireRappelle le cadre réglementaire du travail de nuit côté santé et sécurité au travail.
