La mécanique en quatre temps

Pour un salarié de droit commun, l'employeur letton procède chaque mois en quatre étapes, toutes détaillées par l'administration fiscale VID dans ses présentations de la réforme :

  1. on retire du salaire brut les cotisations sociales obligatoires du salarié, les VSAOI (valsts sociālās apdrošināšanas obligātās iemaksas) ;
  2. on déduit de ce montant le minimum non imposable (neapliekamais minimums) ainsi que, le cas échéant, l'abattement pour personnes à charge ;
  3. on applique à la base obtenue l'impôt sur le revenu des personnes physiques, l'IIN (iedzīvotāju ienākuma nodoklis), au taux de 25,5 % ;
  4. le net est le brut diminué des VSAOI et de l'IIN.

La différence avec la France tient à l'ordre : l'impôt est calculé sur le salaire déjà net de cotisations, et l'abattement fixe s'impute avant le taux, jamais après. Un salaire modeste n'est donc que partiellement imposé, et un salaire très faible ne l'est pas du tout.

Le net désigné ici est celui qui arrive sur le compte du salarié : le prélèvement étant effectué par l'employeur, il n'y a pas d'avance à régler ensuite, sauf revenus complémentaires.

L'IIN : 25,5 % puis 33 %

Selon la présentation de la VID du 9 janvier 2025 et l'article d'information repris par le portail iFinanses, l'impôt sur les revenus d'activité repose depuis 2025 sur deux taux : 25,5 % pour les revenus annuels jusqu'à 105 300 €, et 33 % pour la fraction qui dépasse 105 300 € par an. Un prélèvement additionnel de 3 % s'applique en outre sur les revenus annuels totaux supérieurs à 200 000 € ; il est calculé par le contribuable dans sa déclaration annuelle, donc en 2026 pour les revenus de 2025.

Pour la retenue mensuelle, l'employeur applique un seul taux de 25,5 % au salaire du mois, quel que soit son montant. Le taux de 33 % n'intervient dans la retenue que lorsque le salarié ne paie pas de cotisations sociales lettones : il s'applique alors à la part du revenu mensuel dépassant 8 775 € (un douzième de 105 300 €). Dans les autres cas, la régularisation du dépassement annuel se fait par la déclaration.

Ces chiffres diffèrent de ceux que l'on trouve dans des tableaux d'années antérieures, où le barème comportait d'autres taux : il faut vérifier qu'un document de référence porte bien sur 2026 avant de s'en servir.

Le minimum non imposable et l'abattement pour personnes à charge

Le minimum non imposable est désormais fixe : il ne dépend plus du niveau de revenu. La VID l'établit à 510 € par mois en 2025, 550 € par mois en 2026 et 570 € par mois en 2027. Sur une année complète de 2026, le total est de 6 600 €. Il s'impute en priorité sur le revenu d'activité principal, selon la déclaration remise par le salarié à son employeur.

Pour les retraités qui travaillent, le minimum non imposable est passé de 500 € à 1 000 € par mois ; il peut être réparti à parts égales (500 €) entre l'organisme payeur de la pension et l'employeur.

L'abattement pour personne à charge était de 250 € par mois en 2025. L'article de la VID précise que ce montant est conservé et qu'il sera désormais fixé dans la loi elle-même, et non plus par règlement du gouvernement. Les sources consultées ne donnent pas de nouvelle valeur pour 2026 : il reste donc à vérifier sur la page de la VID avant de l'appliquer. Chaque personne à charge reconnue réduit la base imposable de ce montant, soit une économie d'impôt d'environ 63,75 € par mois (250 € × 25,5 %).

Les cotisations VSAOI : 10,5 % pour le salarié

Les cotisations sociales obligatoires sont de 10,5 % du salaire brut à la charge du salarié, et de 23,59 % à la charge de l'employeur, selon les exemples de la VID. L'assiette est plafonnée à 105 300 € par an ; au-delà, plus aucune cotisation n'est prélevée sur la fraction excédentaire. Le plafond a été relevé de 78 100 € à 105 300 € par la réforme.

Les VSAOI sont les cotisations d'assurance sociale obligatoire de l'État letton ; les sources consultées ne détaillent pas leur ventilation par branche. La cotisation de l'employeur, versée en plus du brut, constitue la part patronale du coût du travail ; avec le brut, elle donne un coût d'emploi de 123,59 % du salaire brut, hors assurances facultatives.

Comme pour le minimum non imposable, ces taux relèvent de la législation fiscale et sociale de l'année. Un salarié qui cotise ailleurs dans l'Union européenne peut ne pas relever des VSAOI, et son régime fiscal change alors, comme le signale la VID à propos du taux de 33 %.

Trois exemples chiffrés pour 2026

Hypothèses communes : un seul employeur, minimum non imposable de 550 € appliqué, aucune personne à charge, cotisations de 10,5 %, IIN de 25,5 %.

Brut mensuelVSAOI (10,5 %)Base imposableIIN (25,5 %)Net
780 € (minimum)81,90 €148,10 €37,77 €660,33 €
1 500 €157,50 €792,50 €202,09 €1 140,41 €
3 000 €315,00 €2 135,00 €544,43 €2 140,58 €

La base imposable est le brut moins les VSAOI moins 550 €. Le taux effectif global de prélèvement passe de 15,3 % au minimum à 28,6 % pour un salaire de 3 000 €, preuve de la progressivité de fait que crée l'abattement fixe.

Avec une personne à charge et 1 500 € bruts, la base serait de 542,50 € (1 342,50 − 550 − 250), l'IIN de 138,34 € et le net de 1 204,16 €. Ce dernier calcul suppose que l'abattement de 250 € est encore en vigueur en 2026 ; il doit être confirmé par la VID.

Salaire minimum, treizième mois et coût employeur

Le ministère letton du Bien-être (Labklājības ministrija) a annoncé un salaire minimum mensuel de 780 € à partir du 1er janvier 2026. Pour un temps plein, ce montant est brut ; son net, calculé ci-dessus, s'élève à 660,33 € dans la configuration de base.

Les sources consultées ne décrivent pas de treizième mois obligatoire. Les employeurs lettons versent plutôt, selon les secteurs, des primes ponctuelles de fin d'année dont le montant est fixé par le contrat ou la convention collective. Un tel versement entre dans le revenu du mois et subit les mêmes 10,5 % et 25,5 %.

Plusieurs mesures de 2026 touchent les avantages accordés par l'employeur, ce qui peut compléter la rémunération sans augmenter l'impôt du salarié : cadeaux jusqu'à 100 € par an, indemnités de naissance ou de décès jusqu'à 500 € par enfant, prix de concours jusqu'à 1 500 € par an. Le détail de ces exonérations figure dans l'information de la VID.

La monnaie est l'euro, la Lettonie ayant rejoint la zone euro : les salaires se comparent donc directement à ceux des autres pays de la zone, ce qui facilite l'évaluation d'une offre pour un salarié français ou frontalier.

Questions fréquentes

Quel est le taux d'impôt sur le revenu en Lettonie en 2026 ?

25,5 % pour les revenus annuels jusqu'à 105 300 €, et 33 % au-delà. La retenue mensuelle de l'employeur applique 25,5 % au salaire du mois, après déduction des cotisations et du minimum non imposable.

Quel est le minimum non imposable en 2026 ?

550 € par mois, soit 6 600 € sur l'année. Il est fixe et ne dépend plus du niveau de revenu ; il passera à 570 € en 2027 selon la VID.

Quelles cotisations sociales paie un salarié letton ?

Des cotisations VSAOI de 10,5 % du brut, plafonnées sur une assiette de 105 300 € par an. L'employeur paie 23,59 % en plus du brut.

Quel est le salaire minimum letton en 2026 ?

780 € bruts par mois depuis le 1er janvier 2026, selon le ministère du Bien-être. Dans le cas de base, il donne environ 660 € nets.

Comment fonctionne l'abattement pour personne à charge ?

Il réduit la base imposable de 250 € par mois et par personne à charge, montant de 2025 conservé et désormais inscrit dans la loi. La valeur de 2026 est à confirmer auprès de la VID.

Pour aller plus loin : organismes et ressources