Une réforme fiscale qui s'applique à la paie de 2026
La loi n° 23/053 du 30 novembre 2023 est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. D'après le résumé de PaySpace, elle remplace l'impôt cédulaire sur les rémunérations, l'IPR, par un impôt sur le revenu des personnes physiques, l'IRPP, et l'impôt sur les bénéfices et profits (IBP) par un impôt sur les sociétés. Le même résumé précise que les taux progressifs restent inchangés sous la nouvelle loi. Pour le salarié, ce changement de nom ne bouleverse donc pas le barème, mais il peut changer l'intitulé de la ligne sur le bulletin et certaines règles d'application.
La monnaie légale est le franc congolais (CDF). Le contrat peut exprimer la rémunération dans une autre unité ; c'est un point à clarifier avant de signer, car le barème s'applique en francs congolais et le taux de change du jour détermine donc la base imposable.
L'employeur est le collecteur : il retient l'impôt à chaque paie et le reverse au plus tard le 15 du mois suivant, y compris par une déclaration à zéro lorsqu'aucune rémunération n'a été versée. Le salarié dont la rémunération a été entièrement soumise à retenue est dispensé de déclaration annuelle ; les autres déposent la leur avant le 30 avril de l'année suivante.
Le barème annuel en francs congolais
La fiche PwC (relue le 21 avril 2026) donne le barème progressif suivant, appliqué au revenu imposable de l'année.
| Tranche annuelle (CDF) | Taux | Impôt cumulé au sommet de la tranche |
|---|---|---|
| De 0 à 1 944 000 | 3 % | 58 320 |
| De 1 944 001 à 21 600 000 | 15 % | environ 3 006 720 |
| De 21 600 001 à 43 200 000 | 30 % | environ 9 486 720 |
| Au-delà de 43 200 000 | 40 % |
Un plafond complète le dispositif : toujours selon PwC, l'impôt ne peut pas excéder 30 % du salaire imposable. Quant à la base, PaySpace indique que le barème s'applique au revenu net global arrondi au millier de francs inférieur.
Attention aux barèmes qui circulent sous d'autres seuils (des simulateurs affichent par exemple une première tranche de 524 160 CDF). Ils ne correspondent pas à la fiche PwC et ne sont pas utilisés ici. Pour un calcul définitif, la direction générale des impôts reste la référence.
Le rabais pour charges de famille
Selon le résumé de PaySpace sur la loi de 2023, l'impôt brut est réduit de 2 % par personne à charge, dans la limite de 9 personnes. Aucun rabais n'est accordé sur la part de revenu qui dépasse la troisième tranche. En pratique, cet allègement concerne surtout les salariés aux revenus moyens ayant plusieurs enfants.
Quelques repères : un salarié avec 3 personnes à charge bénéficie d'un rabais de 6 % de son impôt, et le maximum, à 9 personnes, est de 18 %. Le rabais est donc proportionnel à l'impôt, et non un montant fixe : plus l'impôt est élevé, plus l'économie en francs est importante. Les conditions de reconnaissance des personnes à charge (âge, justificatifs, état civil) sont fixées par la loi et se vérifient auprès de l'employeur ou de l'administration.
Trois exemples chiffrés sur le revenu imposable annuel
Exemple 1 : 3 000 000 CDF imposables par an, sans charge de famille
La première tranche donne 1 944 000 x 3 % = 58 320 CDF. Le reste, 1 056 000 CDF, est taxé à 15 %, soit 158 400 CDF. L'impôt annuel est de 216 720 CDF, soit 18 060 CDF par mois pour une base mensuelle de 250 000 CDF, c'est-à-dire un taux effectif de 7,2 %.
Exemple 2 : le même revenu avec deux personnes à charge
Le rabais de 2 % par personne représente 4 % de l'impôt brut, soit 8 668,80 CDF. L'impôt tombe à environ 208 051 CDF avant application de la règle d'arrondi à la centaine de francs prévue par la loi.
Exemple 3 : 30 000 000 CDF imposables par an
Impôt sur les deux premières tranches : environ 3 006 720 CDF. Il s'y ajoute 30 % de la part comprise entre 21 600 000 et 30 000 000 CDF, soit 8 400 000 x 30 % = 2 520 000 CDF. Total : environ 5 526 720 CDF, soit un taux effectif de 18,4 %, sous le plafond de 30 % du salaire imposable.
Ces exemples portent sur l'impôt seul. Ils ne déduisent pas les cotisations sociales, car la part salariale de la CNSS n'a pas été confirmée par une source officielle lors de la préparation de cette page.
Cotisations sociales : ce qui reste à confirmer
La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) gère les cotisations du secteur privé : pensions, risques professionnels et prestations familiales. Les simulateurs en ligne affichent en général une part salariale de 5 % du brut, déductible du revenu imposable, et une part patronale du même ordre. Ce taux n'a pas pu être vérifié auprès de la CNSS ni du CLEISS (la fiche du CLEISS consacrée à la République démocratique du Congo n'a pas pu être ouverte lors de la rédaction). Il n'est donc pas utilisé dans les exemples de cette page, qui se concentrent sur l'impôt.
Demandez à votre employeur la décomposition de vos retenues : taux de la CNSS, éventuelle contribution à la formation professionnelle, avantages en nature. Une retenue qui n'apparaît pas sur le bulletin peut avoir des conséquences sur vos droits à pension.
Cette distinction explique l'écart fréquent entre le net annoncé dans une offre et celui du premier bulletin : le premier ignore souvent l'un ou l'autre de ces postes.
Primes, indemnités de départ et expatriés
Toujours d'après la fiche PwC, les indemnités de licenciement et allocations de départ sont soumises à un taux de 10 %, et les travailleurs journaliers occasionnels à 15 %. Un impôt exceptionnel sur la rémunération des expatriés (IERE) s'applique au taux de 25 %, ramené à 12,5 % pour les sociétés minières pendant leurs dix premières années. Ces régimes particuliers expliquent que deux collaborateurs payés le même montant brut puissent avoir des nets très différents.
La loi de 2023 prévoit aussi des exonérations sur certains éléments : pensions alimentaires, bourses, certaines pensions, frais médicaux justifiés, allocations familiales. Les plafonds des indemnités de transport et de logement n'ont pas été modifiés par la réforme, mais leurs valeurs ne figurent pas dans les sources utilisées ; elles doivent être consultées dans la réglementation en vigueur avant de structurer une rémunération.
Enfin, l'employeur d'un expatrié reverse le prélèvement spécial dans les quinze jours suivant le mois de paiement du salaire, avec une déclaration même lorsque le montant est nul. Cette règle de calendrier s'ajoute à celle du 15 du mois pour les résidents.
Vérifier son bulletin : trois contrôles
- La monnaie et le taux de conversion : si votre rémunération est négociée dans une autre devise, vérifiez que le bulletin indique le taux de conversion utilisé.
- L'intitulé de la ligne d'impôt : depuis 2026, elle peut être libellée IRPP plutôt qu'IPR. Le montant doit rester cohérent avec le barème.
- Le rabais pour charges de famille : s'il n'apparaît pas alors que vous avez des enfants à charge, déposez les justificatifs auprès de l'employeur.
Pour un différend persistant, l'inspection du travail et la direction générale des impôts sont les interlocuteurs ; conservez les bulletins des douze derniers mois, qui servent de preuve en cas de redressement.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'IPR en RDC ?
C'est l'impôt professionnel sur les rémunérations, retenu à la source par l'employeur. Depuis le 1er janvier 2026, la loi n° 23/053 le remplace par l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP), avec des taux progressifs inchangés d'après PaySpace.
Quel est le barème de l'impôt sur les salaires ?
D'après PwC : 3 % jusqu'à 1 944 000 CDF par an, 15 % jusqu'à 21 600 000 CDF, 30 % jusqu'à 43 200 000 CDF et 40 % au-delà, avec un plafond de 30 % du salaire imposable.
Les enfants réduisent-ils l'impôt ?
Oui : l'impôt brut est réduit de 2 % par personne à charge, jusqu'à 9 personnes, mais aucun rabais ne s'applique à la part de revenu située au-delà de la troisième tranche.
Quand l'employeur doit-il verser l'impôt retenu ?
Au plus tard le 15 du mois suivant, avec une déclaration mensuelle même si aucune rémunération n'a été versée. Pour les expatriés, le prélèvement spécial se verse dans les quinze jours suivant le mois de paiement.
Quel est le taux de cotisation du salarié à la CNSS ?
Il n'a pas pu être confirmé auprès d'une source officielle pour cette page ; les simulateurs avancent environ 5 %. Demandez-le à votre employeur ou à la CNSS avant de comparer des offres.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- PwC Worldwide Tax Summaries — RDC, impôt sur le revenuBarème progressif en francs congolais, plafond de 30 % et régimes particuliers, relu en avril 2026.
- PaySpace — RDC, changements annuels au 1er janvier 2026Passage de l'IPR à l'IRPP, rabais familial de 2 % par personne à charge et calendrier des déclarations.
