Congo ou RDC : deux pays, deux régimes

Les deux pays voisins, séparés par le fleuve Congo, partagent un nom mais ni la monnaie, ni la sécurité sociale, ni la fiscalité. La République du Congo utilise le franc CFA de l'Afrique centrale (XAF), rattaché à l'euro par une parité fixe de 655,957 francs pour 1 euro. La République démocratique du Congo a sa propre monnaie, le franc congolais, et son propre système. Ce site traite chacun sur une page séparée.

Le point de départ de ce calcul est la notion de net retenue ici : le montant viré sur le compte, après cotisations salariales et impôt sur le revenu retenu à la source. Les exemples ci-dessous s'arrêtent au net avant impôt, car le barème de l'impôt sur le revenu des personnes physiques n'a pas pu être confirmé dans un texte officiel pour cette page.

Une architecture sociale en recomposition

La fiche du CLEISS sur le régime congolais, datée de 2024, rappelle que la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a été dissoute par la loi n° 10-2014 et remplacée par deux organismes : la CR2PTSP, chargée des risques professionnels et des pensions du secteur privé, et la CAFED pour les prestations familiales. En attendant la mise en place complète, la CNSS continue de recouvrer les cotisations.

Le Régime d'assurance maladie universelle (RAMU) est financé par les cotisations des employeurs, des travailleurs du secteur privé, des indépendants, de l'État et des pensionnés. Les travailleurs indépendants sont, en revanche, exclus des prestations familiales. En cas d'accident du travail, l'employeur prend en charge les premiers soins et le salaire du jour de l'accident.

Pour un salarié, cette recomposition se traduit par des intitulés qui peuvent différer d'un bulletin à l'autre : la ligne maladie peut s'appeler RAMU, la ligne retraite pension ou CNSS selon l'employeur.

Les taux au 1er janvier 2023

Le CLEISS publie le tableau suivant pour les travailleurs salariés.

BrancheEmployeurSalariéPlafond mensuel
Soins de santé (RAMU)4,55 %2,27 %600 000 FCFA
Prestations familiales (maternité et prestations en espèces comprises)10,03 %aucune600 000 FCFA
Accidents du travail2,25 %aucune600 000 FCFA
Assurance pensions8 %4 %1 200 000 FCFA
Fonds national de construction2 %aucune1 200 000 FCFA
ACPE et FONEA (taxe d'apprentissage de 1 % incluse)0,5 %aucune1 200 000 FCFA
Total27,33 %6,27 %

Le salarié supporte donc 6,27 %, soit 2,27 % de RAMU plafonnés à 600 000 FCFA et 4 % de pension plafonnés à 1 200 000 FCFA. Les totaux de 27,33 % et 6,27 % ne valent que pour les salaires inférieurs au plus petit des deux plafonds, 600 000 FCFA, car les deux plafonds diffèrent.

Deux exemples chiffrés avant impôt

Le premier cas est un salarié à 300 000 FCFA brut par mois, sous les deux plafonds. Le second est un cadre à 800 000 FCFA, entre les deux plafonds.

LigneBrut 300 000Brut 800 000
RAMU salarié 2,27 %6 810 (sur 300 000)13 620 (sur 600 000)
Pension salarié 4 %12 000 (sur 300 000)32 000 (sur 800 000)
Total retenues salariales18 81045 620
Net avant impôt281 190754 380
Charges patronales81 990184 980
Coût total employeur381 990984 980

Pour 800 000 FCFA, les charges patronales se décomposent ainsi : 27 300 de RAMU, 60 180 de prestations familiales et 13 500 d'accidents du travail sur 600 000 FCFA, puis 64 000 de pension, 16 000 pour le fonds de construction et 4 000 pour l'ACPE et le FONEA sur 800 000 FCFA. Le total ressort à 184 980 FCFA.

On voit que la retenue salariale représente 6,27 % du brut à 300 000 FCFA mais seulement 5,7 % à 800 000 FCFA, effet direct du plafond de la RAMU.

Le SMIG : une hausse annoncée pour 2025

Selon WageIndicator, le salaire minimum interprofessionnel garanti est fixé par un décret de novembre 2024 (numéro 2024-2762 selon cette source), dans le cadre d'un Code du travail issu de la loi de 1975 modifiée en 1988 et 1996. Les taux du SMIG correspondent au régime de 40 heures par semaine, ceux du secteur agricole à 46 heures. Les infractions aux règles sur les salaires minimums sont punies d'une amende de 40 000 à 150 000 FCFA, et de 100 000 à 250 000 FCFA en cas de récidive.

Un article de presse du 15 novembre 2024, repris par un média tchadien, rapporte que le SMIG a été porté de 50 400 à 70 400 FCFA par mois à compter du 1er janvier 2025, soit une hausse de près de 40 %, après adoption d'un projet de décret annoncée à l'issue du Conseil des ministres du 8 novembre. L'article ne cite pas le numéro du décret. Ce montant doit être confirmé par le texte officiel avant d'être utilisé dans un contrat.

Le plancher compte pour une autre raison : le CLEISS indique que le plancher de la rente d'accident du travail et des pensions de vieillesse et d'invalidité est fixé à 60 % du SMIG.

Impôt sur le revenu : pourquoi aucun barème n'est donné

Les recherches n'ont pas permis de consulter le barème de l'impôt sur le revenu des personnes physiques sur les salaires dans un texte officiel de la Direction générale des impôts. Les sites de paie commerciaux et les mémoires universitaires trouvés ne constituent pas des sources vérifiables, et les projets de loi de finances évoqués pour 2026 n'étaient pas des textes adoptés. Cette page n'en publie donc aucun.

Pour reconstituer son net, un salarié peut procéder en trois temps : calculer les retenues sociales avec le tableau ci-dessus, relever sur son bulletin la ligne d'impôt avec sa base, puis demander à son service de paie la référence du barème appliqué. Cette dernière demande est légitime : l'employeur est tenu de justifier une retenue fiscale.

Le plafond de 600 000 FCFA : une ambiguïté de lecture

La fiche du CLEISS sur le régime évoque un montant de 600 000 FCFA par mois dans un contexte précis : le salaire journalier servant de base aux indemnités d'accident du travail ne peut dépasser 1 % du maximum de rémunération annuelle retenue pour l'assiette des cotisations. La formulation est ambiguë. Elle ne remplace pas le tableau des cotisations, qui fixe le plafond de la RAMU et des branches courtes à 600 000 FCFA et celui des pensions à 1 200 000 FCFA.

Dans le doute sur la base de cotisation d'un bulletin, il suffit de comparer la ligne RAMU de ce bulletin à 2,27 % de 600 000 FCFA, soit 13 620 FCFA, pour un salaire supérieur à ce plafond : si la ligne dépasse ce montant, la base n'est pas plafonnée correctement.

Questions fréquentes

Quelles sont les cotisations salariales au Congo-Brazzaville ?

D'après le CLEISS au 1er janvier 2023, le salarié cotise 2,27 % pour la RAMU (plafond de 600 000 FCFA par mois) et 4 % pour la pension (plafond de 1 200 000 FCFA), soit 6,27 % au total pour les salaires inférieurs à 600 000 FCFA.

Quelle est la part de l'employeur ?

Le CLEISS indique 27,33 % : 4,55 % de RAMU, 10,03 % de prestations familiales, 2,25 % d'accidents du travail, 8 % de pension, 2 % pour le Fonds national de construction et 0,5 % pour l'ACPE et le FONEA. Les plafonds diffèrent selon les branches.

La CNSS existe-t-elle encore ?

Elle a été dissoute par la loi n° 10-2014 et remplacée par la CR2PTSP et la CAFED, mais le CLEISS précise qu'elle continue de recouvrer les cotisations en attendant la mise en place complète des nouveaux organismes.

Quel est le SMIG au Congo-Brazzaville ?

Un article de presse du 15 novembre 2024 rapporte une hausse de 50 400 à 70 400 FCFA par mois au 1er janvier 2025. Le numéro du décret n'est pas cité dans l'article : le montant est à confirmer avec le texte officiel.

Le Congo-Brazzaville et la RDC ont-ils le même système ?

Non. Le Congo-Brazzaville utilise le franc CFA d'Afrique centrale et son propre régime de sécurité sociale, la RDC le franc congolais et un régime distinct. Les deux pays ont des pages séparées sur ce site.

Les exemples donnent-ils le net après impôt ?

Non, ils s'arrêtent au net avant impôt car le barème de l'impôt sur le revenu n'a pas pu être confirmé dans un texte officiel. Le montant réellement viré est inférieur de la retenue fiscale figurant sur le bulletin.

Pour aller plus loin : organismes et ressources