Le peso, le salaire journalier et la base de cotisation

La monnaie est le peso mexicain (MXN), noté « $ ». La loi fixe un salaire minimum par jour et non par mois : au 1er janvier 2026, il est de 315,04 pesos pour la zone générale et de 440,87 pesos pour la zone libre de la frontière nord, d'après un décompte publié par le cabinet Veritas à partir de la publication officielle de la CONASAMI, la commission nationale des salaires minimums, qui a annoncé une hausse de 13 % pour la zone générale. La page de la CONASAMI n'a pas pu être ouverte lors de la rédaction : le montant est à confirmer sur gob.mx.

Les cotisations de sécurité sociale ne se calculent pas sur le salaire contractuel, mais sur le « salario base de cotización » (SBC), c'est-à-dire le salaire journalier augmenté de la part proportionnelle des prestations légales (aguinaldo, prime de vacances, etc.). Avec le facteur d'intégration minimum de 1,0493, Veritas obtient un SBC de 330,57 pesos par jour pour un salarié au minimum de la zone générale et de 462,60 pesos à la frontière nord. Un autre repère compte : l'UMA (« Unidad de Medida y Actualización »), une unité de compte indexée sur l'inflation, fixée à 117,31 pesos par jour depuis le 1er février 2026. Les plafonds et exonérations fiscales et sociales s'expriment en UMA et non en salaires minimums.

L'ISR : un barème mensuel à onze tranches

L'impôt sur le revenu, ou ISR (« impuesto sobre la renta »), est retenu chaque mois par l'employeur à partir du tarif de l'article 96 de la loi, publié dans l'annexe 8 de la résolution miscellanée fiscale 2026 du SAT (Servicio de Administración Tributaria). Le calcul est simple : on repère la tranche qui contient le revenu imposable mensuel, on retranche la limite inférieure, on multiplie l'excédent par le pourcentage de la tranche et on ajoute la quote-part fixe.

Limite inférieure ($)Limite supérieure ($)Quote-part fixe ($)% sur l'excédent
0,01844,590,001,92
844,607 168,5116,226,40
7 168,5212 598,02420,9510,88
12 598,0314 644,641 011,6816,00
14 644,6517 533,641 339,1417,92
17 533,6535 362,831 856,8421,36
35 362,8455 736,685 665,1623,52
55 736,69106 410,5010 457,0930,00
106 410,51141 880,6625 659,2332,00
141 880,67425 641,9937 009,6934,00
425 642,00et au-delà133 488,5435,00

Ce tableau vaut pour une période mensuelle. Pour une paie hebdomadaire, décadaire ou quinzaine, qui est très courante au Mexique, le SAT publie des tarifs spécifiques à la période : il n'est pas correct de diviser le résultat mensuel, et ces tarifs n'ont pas été vérifiés ici.

Le subsidio al empleo : un crédit qui efface l'impôt des bas salaires

Pour les revenus modestes, un crédit d'impôt appelé « subsidio para el empleo » vient en déduction de l'ISR calculé. D'après les sources de conseil fiscal consultées (Veritas, AMCP), qui renvoient au décret publié au Diario Oficial de la Federación le 31 décembre 2025, il s'applique aux salariés dont le revenu mensuel ne dépasse pas 11 492,66 pesos et vaut 536,22 pesos par mois en 2026, soit 15,02 % de l'UMA mensuelle contre 13,8 % auparavant. En janvier, par exception, c'est 15,59 % de l'ancienne UMA qui s'applique, puisque la nouvelle n'entre en vigueur qu'en février. Pour une paie non mensuelle, le montant est divisé par 30,4 puis multiplié par le nombre de jours de la période. Les indemnités de départ et primes d'ancienneté sont exclues de la base.

La lecture du barème montre l'effet : pour 6 000 pesos de revenu imposable, l'ISR brut est de 346,17 pesos, soit moins que le crédit de 536,22 pesos ; l'impôt effectivement supporté est donc nul. Pour 9 000 pesos, il est de 620,22 pesos, ramené à 84,00 pesos après le subsidio. Le texte du décret lui-même n'a pas pu être consulté : à confirmer avant tout calcul définitif.

L'IMSS : ce que le salarié paie réellement

Les cotisations sont versées à l'IMSS, l'Institut mexicain de sécurité sociale, par l'employeur, qui en retient la part salariale sur la paie. Plusieurs branches coexistent : maladie et maternité, invalidité et vie, retraite (cesantía en edad avanzada y vejez), crèches, risques professionnels et logement. Les parts à la charge du salarié sont, pour la plupart, de faibles pourcentages du SBC.

Seules deux valeurs salariales ont pu être confirmées dans ce travail : 0,375 % du SBC pour les frais médicaux des retraités, fixé par l'article 25 de la loi sur la sécurité sociale, et 1,125 % pour la cesantía et la vejez, qu'une page du Centre de conciliation du travail de Sinaloa décrit comme figée. Les autres quotes-parts (excédent au-delà de trois UMA, prestations en espèces, invalidité et vie) n'ont pas été vérifiées : plutôt que de les recopier de mémoire, cette page renvoie à l'IMSS. En revanche, la charge patronale pour la retraite, elle, grimpe en 2026 selon le barème : 3,150 % du SBC pour un salaire au minimum jusqu'à 9,623 % à partir de 4,01 UMA.

Le plafond de cotisation, exprimé en multiple de l'UMA, coupe l'assiette des gros salaires. Pour un salarié bien payé, la cotisation ne croît donc plus au-delà d'un certain niveau, alors que l'ISR continue de monter jusqu'à 35 %.

Trois exemples d'ISR mensuel

Les calculs ci-dessous ne portent que sur l'ISR, avant la part salariale de l'IMSS, qui n'a pas pu être totalement vérifiée. Ils partent d'un revenu imposable mensuel égal au salaire brut, sans exonération.

Revenu imposableTrancheCalculISR avant subsidioAprès subsidio de 536,22
9 000 $10,88 %420,95 + 10,88 % × 1 831,48620,22 $84,00 $
20 000 $21,36 %1 856,84 + 21,36 % × 2 466,352 383,65 $sans objet (revenu > 11 492,66 $)
45 000 $23,52 %5 665,16 + 23,52 % × 9 637,167 931,82 $sans objet

À 20 000 pesos, l'ISR représente 11,9 % du brut ; à 45 000 pesos, 17,6 %. Il reste à retrancher la cotisation IMSS du salarié pour obtenir le virement réel.

Aguinaldo, vacances et autres éléments de rémunération

Le droit du travail mexicain impose plusieurs compléments. D'après la revue de la CONDUSEF, l'organisme fédéral de protection des usagers financiers, le salarié a droit à un aguinaldo d'au moins 15 jours de salaire par an, à 12 jours de vacances dès la première année et à une prime de vacances de 25 % du salaire correspondant. L'aguinaldo joue le rôle d'un treizième mois partiel, versé en fin d'année, et il est très attendu : beaucoup d'employeurs en offrent davantage dans le contrat.

La participation aux bénéfices (PTU, « participación de los trabajadores en las utilidades ») existe également, mais son pourcentage n'a pas été vérifié ici. Les exonérations d'ISR attachées à l'aguinaldo, à la prime de vacances ou à la PTU sont plafonnées en UMA, dont l'ordre de grandeur n'a pas été confirmé dans ce travail ; la part au-delà du plafond s'ajoute au revenu imposable du mois.

Pièges de lecture pour un employeur ou un expatrié

Premier piège : confondre le salaire « bruto » avec le SBC. Le premier est ce qu'indique le contrat, le second est un chiffre technique plus élevé qui sert de base aux cotisations. Deuxième piège : oublier que le tarif mensuel de l'ISR et le subsidio supposent une paie mensuelle ; une paie à la quinzaine ou à la semaine suit d'autres tableaux. Troisième piège : le net réel dépend de l'IMSS, d'un éventuel prêt au logement (Infonavit) ou d'une pension alimentaire retenue à la source.

Pour un employeur français qui embauche au Mexique, il faut en outre distinguer la zone de salaire minimum de la ville du poste : les montants de 315,04 et 440,87 pesos par jour ne s'appliquent pas de la même manière partout. Un expatrié détaché relève enfin de règles propres de coordination fiscale et sociale entre la France et le Mexique, à vérifier auprès des administrations des deux pays avant de signer.

Questions fréquentes

Quel est le salaire minimum au Mexique en 2026 ?

Selon les chiffres publiés pour 2026, il est de 315,04 pesos par jour dans la zone générale et de 440,87 pesos par jour dans la zone libre de la frontière nord. La publication officielle de la CONASAMI est à consulter pour confirmer ces montants.

Comment l'ISR mensuel est-il calculé ?

L'employeur repère la tranche du revenu imposable dans le barème mensuel 2026 de l'annexe 8 du SAT, soustrait la limite inférieure de la tranche, applique le pourcentage à l'excédent et ajoute la quote-part fixe. Pour 20 000 pesos, le résultat est de 2 383,65 pesos.

À quoi sert le subsidio al empleo ?

C'est un crédit mensuel de 536,22 pesos en 2026 pour les revenus mensuels allant jusqu'à 11 492,66 pesos, d'après des sources de conseil fiscal qui renvoient au décret du 31 décembre 2025. Il vient en déduction de l'ISR calculé.

Qu'est-ce que l'UMA ?

L'unité de mesure et d'actualisation sert à exprimer des plafonds, amendes et exonérations. Elle vaut 117,31 pesos par jour depuis le 1er février 2026.

Existe-t-il un treizième mois ?

Le Mexique impose un aguinaldo d'au moins 15 jours de salaire par an, selon la revue de la CONDUSEF. Il est souvent dépassé par contrat.

L'employeur paie-t-il aussi des cotisations ?

Oui, et la part patronale de la retraite augmente en 2026 selon le niveau du SBC : de 3,150 % pour un salaire au minimum jusqu'à 9,623 % à partir de 4,01 UMA, d'après une page publique du Centre de conciliation du travail de Sinaloa.

Pour aller plus loin : organismes et ressources