Les retenues du salarié : SEM, IVM et Banco Popular

La paie costaricaine repose sur la CCSS (Caja Costarricense de Seguro Social), l'organisme qui gère à la fois l'assurance maladie-maternité et le régime de retraite. Côté salarié, trois lignes composent ce que l'on appelle les « cuotas obreras ». Selon la presse économique costaricaine, qui reprend les taux fixés pour 2026, elles se décomposent ainsi :

Ligne de la fiche de paieSignificationTaux salarié 2026
SEMSeguro de Enfermedad y Maternidad (maladie et maternité)5,50 %
IVMInvalidité, vieillesse et décès (retraite de base)4,33 %
Banco PopularCotisation au titre de la loi de protection du travailleur1,00 %
Total salarié10,83 %

La ligne qui bouge est l'IVM : elle passe de 4,17 % à 4,33 % au 1er janvier 2026. Un cabinet de conseil indique que ces taux de l'IVM restent en vigueur jusqu'au 31 décembre 2028, conformément à un calendrier de hausses progressives décidé il y a plusieurs années. Les cotisations patronales totales sont, elles, estimées à 26,83 % ; elles ne diminuent pas le net du salarié mais pèsent sur le coût total de l'embauche.

Le prélèvement s'effectue sur le salaire brut mensuel déclaré, sans plafond de cotisation signalé dans les sources consultées. Le salarié ne choisit pas : tout emploi déclaré déclenche ces trois lignes.

L'impôt sur les salaires : exonération jusqu'à 918 000 colones

Contrairement aux cotisations, l'impôt sur le revenu du travail (impuesto sobre la renta de salarios) ne touche que les salaires les plus élevés. Pour 2026, le ministère des Finances a fixé le seuil d'exonération mensuelle à 918 000 colones, contre 922 000 en 2025, soit un recul d'environ 0,38 %. Le décret de référence est le 45333-H.

Salaire mensuel brut (colones)Taux sur la fraction concernée
Jusqu'à 918 0000 % (exonéré)
De 918 000 à 1 347 00010 %
De 1 347 000 à 2 364 00015 %
De 2 364 000 à 4 727 00020 %
Au-delà de 4 727 00025 %

Des crédits d'impôt mensuels viennent réduire la retenue des salariés qui ont des personnes à charge : 1 710 colones par enfant et 2 590 colones pour le conjoint, selon l'analyse d'un cabinet juridique. Le salarié doit les déclarer à l'employeur pour qu'ils soient pris en compte dans la retenue mensuelle.

Un salarié qui gagne 900 000 colones ne paie donc aucun impôt sur son salaire, mais cotise tout de même à la CCSS. Le décalage entre un salarié modeste et un cadre est donc moins visible sur la ligne sociale (taux uniforme) que sur la ligne fiscale (taux progressif).

Exemple 1 : un salaire de 900 000 colones

Pour un salaire brut de 900 000 colones par mois, inférieur au seuil d'exonération, seul le bloc social s'applique :

Le net mensuel est de 802 530 colones, soit 89,2 % du brut. Pour ce niveau de revenu, le net est essentiellement fixé par la seule retenue de 10,83 %, ce qui rend le calcul très simple.

Exemple 2 : un salaire de 1 500 000 colones

Avec un brut de 1 500 000 colones, l'impôt entre en jeu. Le calcul ci-dessous applique le barème directement au salaire brut, ce qui est la lecture usuelle du décret ; la base exacte (avant ou après cotisations) est à confirmer auprès de l'administration fiscale ou du service de paie de l'employeur.

ÉtapeCalculMontant (colones)
Cotisations CCSS1 500 000 x 10,83 %162 450
Impôt, première tranche(1 347 000 - 918 000) x 10 %42 900
Impôt, deuxième tranche(1 500 000 - 1 347 000) x 15 %22 950
Impôt total, avant crédits65 850
Net à payer1 500 000 - 162 450 - 65 8501 271 700

Le net représente environ 84,8 % du brut. Si ce salarié déclare un conjoint à charge, le crédit mensuel de 2 590 colones ramène l'impôt à 63 260 colones et le net à 1 274 290 colones.

À titre de comparaison, pour 3 000 000 de colones bruts, les cotisations atteignent 324 900 colones et l'impôt 322 650 colones (42 900 + 152 550 + 127 200), ce qui laisse un net de 2 352 450 colones avant crédits, soit environ 78,4 % du brut.

Salaire minimum et rémunération en colones

Le salaire minimum n'est pas unique au Costa Rica : il est fixé chaque année par décret selon la catégorie du poste (travailleur non qualifié, qualifié, semi-qualifié, spécialisé, puis niveaux techniques et professionnels). Pour 2026, c'est le décret exécutif 45303-MTSS qui s'applique depuis le 1er janvier, avec une augmentation générale de 1,63 % et des hausses supplémentaires pour certaines catégories. Les montants mensuels de chaque catégorie ne figurent pas dans les extraits lisibles consultés, et sont donc volontairement omis ici : le tableau complet doit être lu dans le décret publié à la Gaceta.

Le colon (code CRC) est la monnaie officielle. Les offres d'emploi internationales sont parfois libellées en dollars américains ; dans ce cas, les cotisations et l'impôt sont tout de même calculés sur la contre-valeur en colones, ce qui expose le salarié aux variations de change d'un mois à l'autre.

Le treizième mois costaricain : l'aguinaldo

Le dispositif le plus proche du treizième mois s'appelle l'aguinaldo. Il s'agit d'un complément versé en décembre, équivalant en règle générale à un douzième des salaires perçus sur la période de référence, qui court de décembre de l'année précédente à novembre. Un salarié qui touche un salaire stable de 1 500 000 colones sur toute la période reçoit donc l'équivalent d'un mois de salaire. Cette règle générale est indiquée sans avoir été confirmée ici sur le site du ministère du Travail : le calendrier précis de paiement, ainsi que le traitement de l'aguinaldo au regard des cotisations et de l'impôt, sont à vérifier avant tout calcul annuel.

Pour un salarié recruté en cours d'année, le montant est proratisé selon les mois effectivement travaillés. C'est un point à négocier explicitement lorsqu'un contrat est présenté en « salaire annuel » : il faut savoir si l'aguinaldo est inclus dans le total annoncé ou s'il vient en plus.

Ce qu'il faut vérifier avant d'accepter une offre

Trois contrôles évitent la plupart des mauvaises surprises. D'abord, s'assurer que le contrat précise un salaire brut mensuel en colones et non un montant « net » : l'écart entre les deux est de plus de 10 % dès le premier colon. Ensuite, demander la liste des avantages exclus de l'assiette de cotisation, car la nature des éléments inclus dans l'assiette (primes, avantages en nature) est à confirmer auprès de la CCSS. Enfin, vérifier que l'employeur déclare bien le salarié à la CCSS avec le salaire réel : une sous-déclaration réduit les droits à la pension et aux indemnités maladie, même si elle augmente temporairement le net.

Pour un salarié indépendant ou un prestataire facturant en son nom, ce raisonnement ne s'applique pas : les règles de cotisation et d'impôt diffèrent et ne sont pas traitées ici.

Questions fréquentes

Quel est le total des retenues sociales du salarié au Costa Rica en 2026 ?

Le total est de 10,83 % du salaire brut : 5,50 % pour l'assurance maladie-maternité, 4,33 % pour le régime de retraite IVM et 1,00 % pour le Banco Popular.

À partir de quel salaire paie-t-on l'impôt sur les salaires ?

L'impôt commence à partir de 918 000 colones par mois en 2026, contre 922 000 colones en 2025. La fraction comprise entre 918 000 et 1 347 000 colones est taxée à 10 %.

Les enfants et le conjoint donnent-ils droit à un crédit d'impôt ?

Oui, des crédits mensuels de 1 710 colones par enfant et de 2 590 colones pour le conjoint sont indiqués par un cabinet juridique local. Le salarié doit informer son employeur pour qu'ils soient appliqués à la retenue.

L'IVM augmentera-t-il encore après 2026 ?

Selon un cabinet de conseil, les taux de l'IVM fixés pour 2026 restent applicables jusqu'au 31 décembre 2028. Une nouvelle échéance pourrait être décidée ensuite par la CCSS.

Peut-on connaître le salaire minimum exact de 2026 ici ?

Le salaire minimum dépend de la catégorie de poste et résulte du décret 45303-MTSS, avec une augmentation générale de 1,63 %. Les montants par catégorie ne sont pas reproduits faute de lecture vérifiée ; ils figurent dans le décret et sur le site du ministère du Travail.

Pour aller plus loin : organismes et ressources