Le SMMLV et l’auxilio de transporte en 2026
Le décret 1469 de 2025 a fixé le salaire minimum mensuel légal vigent (SMMLV) pour 2026 à 1 750 905 pesos colombiens (COP), soit une hausse de 23 % par rapport aux 1 423 500 COP de 2025. Le décret 1470 de 2025 a porté l’auxilio de transporte à 249 095 COP, contre 200 000 COP l’année précédente (+24,5 %). Les deux valeurs s’appliquent depuis le 1er janvier 2026.
| Élément | 2025 | 2026 |
|---|---|---|
| SMMLV mensuel | 1 423 500 COP | 1 750 905 COP |
| Valeur journalière (÷ 30) | – | 58 364 COP |
| Auxilio de transporte | 200 000 COP | 249 095 COP |
| Total reçu au minimum, avant retenues | – | 2 000 000 COP |
L’aide au transport est due aux salariés dont le salaire n’excède pas deux SMMLV, soit 3 501 810 COP. Elle s’ajoute au salaire mais ne sert pas de base de cotisation : c’est pourquoi un salarié au minimum perçoit un net de 1 859 928 COP, valeur de l’exemple détaillé plus bas.
Le litige sur le décret du minimum
Des recours en nullité contre l’augmentation ont été déposés devant le Conseil d’État colombien. Le 10 octobre 2026, le quotidien Portafolio rapportait que, selon le ministère du Travail, le dépôt de ces recours ne suspend pas les effets du décret et qu’aucun salarié n’aurait à rembourser quoi que ce soit ; les employeurs doivent continuer de payer sur la base de 1 750 905 COP. La situation étant susceptible de changer, la vérification de la valeur applicable doit précéder toute paie.
Les retenues sociales : 4 % santé, 4 % pension
La base de cotisation s’appelle l’IBC (ingreso base de cotización). Le calculateur de l’UGPP, l’organisme de contrôle des cotisations, affiche une cotisation de santé de 12,5 % et une cotisation de pension de 16 %, calculées sur l’IBC. Dans le cas d’un salarié, ces totaux sont répartis entre employeur et salarié : le salarié supporte 4 % de santé (l’employeur 8,5 %) et 4 % de pension (l’employeur 12 %). Le résultat est cohérent avec l’exemple d’un salarié au minimum, dont les retenues cumulées sont de 8 %.
| Branche | Total | Salarié | Employeur |
|---|---|---|---|
| Santé | 12,5 % | 4 % | 8,5 % |
| Pension | 16 % | 4 % | 12 % |
Le plancher de l’IBC est le SMMLV : si le salaire est inférieur, le calcul est ajusté au minimum. Le plafond est de 25 SMMLV, soit 43 772 625 COP en 2026. Au-delà, plus aucune cotisation n’est prélevée.
Fondo de Solidaridad Pensional
Les hauts salaires cotisent en outre au fonds de solidarité pensionnelle (FSP), qui figure comme ligne distincte dans le calculateur de l’UGPP. Son seuil de déclenchement (à partir de quatre SMMLV, soit 7 003 620 COP, d’après la loi 797 de 2003) et son barème progressif sont à confirmer auprès de la UGPP ou de Colpensiones ; ils ne sont pas chiffrés dans cette page.
Quatre exemples de net mensuel avant retenue à la source
Hypothèses : un salarié sous contrat à durée indéterminée, rémunéré en salaire de base uniquement, sans heures supplémentaires, cotisant à 4 % + 4 %. L’aide au transport n’est ajoutée que lorsque le salaire est inférieur ou égal à 3 501 810 COP. Le tableau donne le net avant tout éventuel prélèvement de retenue à la source.
| Salaire de base | Santé 4 % | Pension 4 % | Aide transport | Net |
|---|---|---|---|---|
| 1 750 905 | 70 036 | 70 036 | 249 095 | 1 859 928 |
| 3 000 000 | 120 000 | 120 000 | 249 095 | 3 009 095 |
| 5 000 000 | 200 000 | 200 000 | 0 | 4 600 000 |
| 6 000 000 | 240 000 | 240 000 | 0 | 5 520 000 |
Le premier cas est vérifié par l’article d’un éditeur spécialisé (actualicese), qui indique un net de 1 859 928 COP après retenues de santé et de pension pour un salarié au minimum avec son aide au transport. Dans le deuxième cas, le salaire de 3 000 000 COP reste sous le seuil de deux SMMLV : l’aide de 249 095 COP s’ajoute, et le net ressort à 3 009 095 COP, soit 100,3 % du salaire de base.
Les trois premières lignes restent sous le seuil de la retenue à la source ; la quatrième peut la déclencher, comme le détaille la section suivante.
La retenue à la source sur les salaires (retefuente)
La retenue à la source sur les paiements de travail suit l’article 383 du Statut fiscal (Estatuto Tributario). La retenue n’intervient que si la base mensuelle « dépurée » dépasse 95 UVT. L’UVT (unidad de valor tributario) est fixée à 52 374 COP pour 2026 par la résolution 000238 de la DIAN du 15 décembre 2025 ; 95 UVT représentent donc 4 975 530 COP par mois.
La « base dépurée » se calcule en partant du revenu mensuel du travail, auquel on retire d’abord les cotisations obligatoires de santé et de pension (considérées comme revenus non constitutifs de revenu), puis les déductions admises, enfin une fraction de 25 % de revenu exonéré dans la limite d’un plafond annuel exprimé en UVT. Le texte du Sénat reproduit le tableau de l’article 383 sous forme d’image ; les taux marginaux et les UVT forfaitaires de chaque tranche ne sont donc pas listés ici et doivent être lus dans le texte officiel ou dans le simulateur de la DIAN.
- Déductions de l’article 387 : intérêts de crédit immobilier, médecine prépayée jusqu’à 16 UVT par mois, personnes à charge à 10 % du revenu avec un plafond de 32 UVT par mois.
- Plafond global de l’article 388 : les déductions et revenus exonérés ne dépassent pas 40 % du paiement.
- Taux majoré sur demande : le salarié peut demander par écrit à son employeur d’appliquer un taux de retenue plus élevé.
Pour un salaire de 5 000 000 COP, la base après santé et pension est de 4 600 000 COP, déjà inférieure à 4 975 530 COP avant même les exonérations : aucune retenue n’est opérée. Pour 6 000 000 COP, la base après cotisations est de 5 520 000 COP, supérieure au seuil avant exonérations ; le montant de la retenue dépend alors des déductions personnelles et de la fraction de 25 % exonérée, et le calcul exact doit se faire avec le tableau officiel.
Prima de servicios et cesantías : le complément de rémunération
Deux prestations légales viennent s’ajouter au salaire et expliquent qu’un salarié colombien raisonne en rémunération annuelle plus qu’en mensualité. La « prima de servicios » est une prime versée en deux fois dans l’année, qui fonctionne comme un treizième mois fractionné. Les « cesantías » sont une épargne de fin de contrat, versée à un fonds par l’employeur, assortie d’intérêts.
| Poste | Coût journalier au minimum 2026 | Équivalent mensuel |
|---|---|---|
| Prima de servicios | 5 556 COP | environ 166 700 COP |
| Cesantías | 5 556 COP | environ 166 700 COP |
| Intérêts sur cesantías | 667 COP | environ 20 000 COP |
Ces valeurs viennent du tableau de coûts de l’employeur publié par actualicese pour un salarié au minimum, base salaire plus aide au transport (2 000 000 COP) : 2 000 000 ÷ 12 donne 166 667 COP par mois, soit 5 556 COP par jour. Les intérêts (667 COP par jour) équivalent à 12 % des cesantías. La prima et les cesantías sont une obligation de l’employeur ; elles ne sont pas retenues sur le salaire et n’apparaissent donc pas dans le net mensuel, mais elles augmentent le revenu annuel d’environ deux mois de salaire.
Dans un contrat négocié en « salaire intégral » (un régime réservé aux hauts salaires), certaines de ces prestations sont absorbées par le salaire ; ce régime n’est pas détaillé ici et se vérifie dans le contrat.
Lire une offre d’emploi en Colombie
Pour comparer deux offres, quelques questions suffisent à éviter les malentendus.
- Le montant annoncé est-il un salaire de base, un « salario integral », ou un total incluant des bonus non salariaux ?
- Les pagos no salariales (bonus, aides) sont-ils exclus de l’IBC ? Leur traitement dans l’IBC est encadré par la loi et se vérifie auprès de la UGPP avant d’inclure ces montants dans un calcul de net.
- L’employeur verse-t-il l’aide au transport ? Elle n’est obligatoire que jusqu’à deux SMMLV.
- Quelle est la fréquence de paie, mensuelle ou bimensuelle ? Les montants de cette page sont mensuels.
La déclaration PILA (planilla integrada de liquidación de aportes) permet à l’employeur de payer les cotisations, et au salarié de vérifier qu’elles sont correctement versées. Le salarié doit pouvoir consulter ses versements santé et pension.
Questions fréquentes
Quel est le salaire minimum en Colombie en 2026 ?
Le SMMLV est de 1 750 905 COP par mois depuis le 1er janvier 2026 (décret 1469 de 2025), soit +23 %. L’aide au transport est de 249 095 COP (décret 1470 de 2025), due jusqu’à deux SMMLV. Des recours sont examinés par le Conseil d’État, mais le ministère du Travail indique en octobre 2026 que le décret reste applicable.
Combien le salarié paie-t-il de cotisations ?
4 % du salaire pour la santé et 4 % pour la pension, soit 8 %. L’employeur ajoute 8,5 % de santé et 12 % de pension. Au minimum, le net est de 1 859 928 COP avec l’aide au transport. Les hauts salaires cotisent aussi au fonds de solidarité pensionnelle.
À partir de quel salaire la retenue à la source s’applique-t-elle ?
Quand la base mensuelle dépurée dépasse 95 UVT, soit 4 975 530 COP avec une UVT de 52 374 COP en 2026. Les cotisations de santé et de pension, certaines déductions et une fraction exonérée de 25 % réduisent la base.
Quel est le plafond de cotisation ?
25 SMMLV, soit 43 772 625 COP en 2026. Le plancher est le SMMLV : un salaire inférieur est ramené à 1 750 905 COP pour le calcul des cotisations.
Le treizième mois existe-t-il ?
Pas sous ce nom. La prima de servicios joue ce rôle : elle représente un douzième de la rémunération (salaire plus aide au transport) par an, versée en deux fois. Les cesantías et leurs intérêts s’y ajoutent.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- Secretaría del Senado — Estatuto Tributario, articles 371 à 396Texte de l’article 383 sur la retenue à la source des salaires et des articles 387 et 388 sur les déductions.
- UGPP — Calculadora del ingreso base de cotizaciónCalcule l’IBC avec les taux de santé et de pension, le plancher d’un SMMLV et le plafond de 25 SMMLV.
- actualicese — Salario mínimo 2026 en ColombiaReprend les décrets 1469 et 1470 de 2025, le net au minimum et les coûts journaliers de prima et de cesantías.
