Lire une fiche de paie coréenne : le brut, les déductions et le net
En Corée du Sud, la fiche de paie mensuelle (en coréen 급여명세서) sépare nettement deux familles de retenues. Les premières sont les cotisations sociales obligatoires, que les employeurs et les salariés désignent sous le nom de « quatre grandes assurances » (4대보험). Les secondes sont l'impôt sur le revenu du travail et la taxe locale qui s'y ajoute. Le salaire effectivement viré correspond au brut mensuel diminué de ces deux blocs.
Le terme « quatre assurances » est un peu trompeur pour qui compare avec la France. Il désigne la pension nationale, l'assurance maladie (avec, en annexe, l'assurance de soins de longue durée facturée à part), l'assurance emploi et l'assurance contre les accidents du travail. Cette dernière est entièrement à la charge de l'employeur : elle n'apparaît donc pas dans les déductions du salarié, qui voit en pratique quatre à cinq lignes selon la manière dont son employeur présente les soins de longue durée.
Le net coréen est donc, comme dans la définition retenue sur ce site, la somme réellement virée après cotisations salariales et impôt retenu à la source. La nuance importante tient au calendrier fiscal : la retenue mensuelle est calculée à partir d'un barème simplifié, puis régularisée lors du règlement annuel de début d'année (le 연말정산). Le net d'un mois donné n'est donc qu'une estimation de ce que le salarié aura réellement payé sur l'exercice.
Pension nationale : 9,5 % en 2026, dont 4,75 % pour le salarié
La pension nationale (국민연금) est financée à parité par l'employeur et le salarié. Selon la présentation de la hausse annoncée pour 2026, le taux global est de 9,5 % depuis janvier 2026 ; il avait été de 9 % jusqu'en 2025 et doit progresser de 0,5 point par an pour atteindre 10 % au 1er janvier 2027. La part du salarié s'établit donc à 4,75 % cette année, puis à 5 % l'an prochain.
Le prélèvement ne s'applique pas au brut réel, mais à un « revenu mensuel de référence » encadré par un plancher et un plafond. À compter du 1er juillet 2026, la borne haute passe de 6 370 000 à 6 590 000 wons et la borne basse de 400 000 à 410 000 wons. Concrètement, un salarié payé 8 000 000 de wons par mois cotise sur 6 590 000, soit 313 025 wons à 4,75 %, alors que le même salarié aurait cotisé 302 575 wons avant l'ajustement de juillet. Cet écrêtement explique que le poids relatif de la pension baisse pour les hauts salaires.
| Période d'application | Borne basse mensuelle | Borne haute mensuelle | Cotisation salariale maximale à 4,75 % |
|---|---|---|---|
| Janvier à juin 2026 | 400 000 wons | 6 370 000 wons | 302 575 wons |
| Depuis le 1er juillet 2026 | 410 000 wons | 6 590 000 wons | 313 025 wons |
Ces bornes sont révisées chaque année en juillet. Pour la période suivante, il faudra consulter les annonces du Service national de pension (NPS).
Assurance maladie, soins de longue durée et assurance emploi
L'assurance maladie nationale (국민건강보험) fonctionne comme une cotisation proportionnelle au salaire, partagée à égalité entre employeur et salarié. D'après le guide 2026 consulté pour cette page, la part du salarié est de 3,595 % du salaire mensuel, soit 7,19 % au total. Les bornes mensuelles de cette assiette n'ont pas pu être confirmées ici : elles sont à vérifier auprès du Service national d'assurance maladie (NHIS).
L'assurance de soins de longue durée (노인장기요양보험) n'est pas un pourcentage du salaire mais un pourcentage de la prime d'assurance maladie. Le même guide indique un taux de 13,14 % de la prime, réparti pour moitié entre l'employeur et le salarié ; le salarié supporte donc 6,57 % de la prime totale d'assurance maladie. Le calcul se fait en deux temps : on détermine d'abord la prime maladie, puis on lui applique ce coefficient.
L'assurance emploi (고용보험) prélève 0,9 % du salaire sur le salarié. L'employeur verse en plus des taux propres, qui dépendent de la taille de l'entreprise, au titre de la stabilisation de l'emploi et du développement des compétences. Aucune part « stabilité de l'emploi » n'est déduite du net du salarié.
Pourquoi la pension pèse plus que les autres lignes
Avec 4,75 %, la pension est la plus lourde des retenues sociales du salarié, devant la maladie à 3,595 %. À l'inverse de l'assurance emploi, elle ne donne droit qu'à une pension de retraite, d'invalidité ou de survivant et n'ouvre aucun droit de remboursement immédiat. Elle est aussi la seule qui évolue mécaniquement d'une année sur l'autre selon le calendrier de réforme.
Exemple chiffré : un salaire de 3 000 000 de wons par mois
Prenons un salarié payé 3 000 000 de wons bruts par mois, soit un montant situé entre les bornes de la pension. Les quatre retenues sociales se calculent ainsi, avec les taux de 2026 cités plus haut :
| Ligne | Base de calcul | Montant mensuel (arrondi) |
|---|---|---|
| Pension nationale | 3 000 000 x 4,75 % | 142 500 wons |
| Assurance maladie | 3 000 000 x 3,595 % | 107 850 wons |
| Soins de longue durée | prime totale de 215 700 wons x 13,14 % / 2 | environ 14 171 wons |
| Assurance emploi | 3 000 000 x 0,9 % | 27 000 wons |
| Total cotisations salariales | environ 291 521 wons, soit 9,7 % du brut |
Avant impôt, ce salarié conserve donc environ 2 708 479 wons. Ce chiffre est un « net avant impôt » : l'impôt sur le revenu retenu à la source, qui dépend de la situation familiale et des déductions déclarées, n'est volontairement pas calculé ici, faute de barème de retenue vérifié pour 2026. Pour obtenir le net à payer, le salarié se reporte à sa propre fiche de paie ou au simulateur de son service de paie.
Impôt sur le revenu : barème progressif et taxe locale de 10 %
L'impôt sur le revenu des résidents suit un barème progressif en huit tranches, applicable aux revenus perçus depuis le 1er janvier 2023. Les tranches ci-dessous s'appliquent au revenu imposable annuel, c'est-à-dire après les déductions propres aux revenus du travail et aux dépenses admises, pas au brut.
| Revenu imposable annuel (wons) | Taux marginal |
|---|---|
| Jusqu'à 14 millions | 6 % |
| De 14 à 50 millions | 15 % |
| De 50 à 88 millions | 24 % |
| De 88 à 150 millions | 35 % |
| De 150 à 300 millions | 38 % |
| De 300 à 500 millions | 40 % |
| De 500 millions à 1 milliard | 42 % |
| Au-delà de 1 milliard | 45 % |
S'y ajoute un impôt local sur le revenu égal à 10 % de l'impôt national, versé à la ville ou à la province du domicile. Un contribuable dont le taux marginal national est de 15 % supporte donc en pratique 16,5 % sur sa tranche, et un contribuable à 45 % arrive à 49,5 %.
Deux points ne sont pas vérifiés ici et doivent rester entre les mains de l'administration : le montant de la déduction forfaitaire pour revenus du travail (qui diminue fortement l'assiette des salaires moyens) et les crédits d'impôt. Ils figurent sur le site du Service national des impôts (NTS), dont les pages sont rédigées en coréen.
Salaire minimum 2026 et seuil de comparaison
Le salaire minimum horaire est fixé à 10 320 wons pour 2026. Sur la base de 209 heures mensuelles, valeur utilisée pour les travailleurs à 40 heures hebdomadaires, la conversion donne 2 156 880 wons par mois. Ce chiffre inclut l'équivalent des heures de repos hebdomadaire payées, ce qui explique pourquoi on multiplie par 209 et non par 173.
Appliqué au minimum, le calcul de la section précédente prend la forme suivante : la pension se monte à environ 102 453 wons, l'assurance maladie à environ 77 540 wons et l'assurance emploi à environ 19 412 wons, soit près de 199 400 wons hors soins de longue durée, ce qui représente environ 9,25 % du brut. Au niveau du salaire minimum, l'impôt retenu à la source est en général très faible ou nul, du fait des déductions applicables aux revenus modestes. Cette affirmation reste générale : elle n'a pas été chiffrée faute de barème de retenue vérifié.
Spécificités coréennes : indemnité de départ, bonus et régularisation annuelle
La Corée du Sud ne connaît pas de treizième mois légal. De nombreuses entreprises versent néanmoins des primes fixes, souvent à l'occasion des fêtes traditionnelles de Seollal et de Chuseok, ou un bonus de performance en fin d'année ; ces versements sont soumis aux mêmes cotisations et à l'impôt que le salaire de base, ce qui peut rendre le net très variable d'un mois à l'autre. Il faut donc toujours lire le contrat pour savoir si le salaire annoncé est un montant mensuel ou un total annuel divisé en douze mensualités.
L'indemnité de départ (퇴직금), calculée en règle générale sur la base d'un mois de salaire moyen par année d'ancienneté, ne relève pas du net mensuel mais mérite une mention : elle s'ajoute à la rémunération totale du salarié, avec une fiscalité distincte de celle du salaire. Les conditions exactes sont à confirmer auprès du ministère de l'Emploi et du Travail.
Enfin, la monnaie est le won (KRW), sans centimes en pratique. Tout comparatif avec l'euro dépend du taux de change du jour ; il convient de ne jamais convertir un net mensuel coréen sans préciser la date de conversion, car l'écart peut représenter plusieurs points en quelques mois.
Questions fréquentes
Quel est le taux de la pension nationale coréenne pour le salarié en 2026 ?
Le taux global est de 9,5 % depuis janvier 2026, partagé à parité : le salarié paie donc 4,75 %. Il est prévu qu'il atteigne 10 % au 1er janvier 2027, ce qui portera la part salariale à 5 %.
Quels plafonds s'appliquent à la pension en 2026 ?
Le revenu mensuel de référence est borné entre 400 000 et 6 370 000 wons jusqu'à fin juin 2026, puis entre 410 000 et 6 590 000 wons à partir du 1er juillet 2026. Au-dessus du plafond, la cotisation n'augmente plus.
L'assurance accident du travail est-elle prélevée sur le salarié ?
Non. L'assurance contre les accidents du travail et les maladies professionnelles est entièrement financée par l'employeur : elle n'apparaît donc pas parmi les retenues du salarié.
Existe-t-il un treizième mois en Corée du Sud ?
Il n'existe pas de treizième mois légal. Certaines entreprises versent des primes à Seollal et Chuseok ou un bonus annuel, selon le contrat ou les accords collectifs, et ces sommes sont soumises à cotisations et impôt.
Quel est le salaire minimum mensuel en 2026 ?
Le minimum horaire est de 10 320 wons. Sur 209 heures par mois, il correspond à 2 156 880 wons mensuels bruts pour un temps plein à 40 heures hebdomadaires.
Pourquoi le net varie-t-il après la régularisation de début d'année ?
La retenue mensuelle repose sur un barème simplifié. Lors du règlement annuel, l'employeur recalcule l'impôt réel à partir des justificatifs du salarié, ce qui produit un remboursement ou un complément à payer sur la paie de février.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- OCDE — Taxing Wages 2026, chapitre CoréeDécrit pour la Corée l'impôt sur le revenu et les cotisations sociales salariales, avec des comparaisons internationales du coin fiscal.
- PwC Worldwide Tax Summaries — Corée, impôts sur le revenu des personnes physiquesReprend le barème progressif en huit tranches et le principe de l'impôt local égal à 10 % de l'impôt national.
