Un barème mensuel à six tranches
L'autorité fiscale israélienne publie chaque année un tableau de retenue mensuelle. Pour les revenus du travail en 2026, le livret officiel de déduction mensuelle donne :
| Revenu mensuel imposable (NIS) | Taux |
|---|---|
| jusqu'à 7 010 | 10 % |
| de 7 011 à 10 060 | 14 % |
| de 10 061 à 19 000 | 20 % |
| de 19 001 à 25 100 | 31 % |
| de 25 101 à 46 690 | 35 % |
| au-delà de 46 690 | 47 % |
Ce barème est progressif par tranches, comme en France : chaque taux ne frappe que la fraction de salaire comprise dans sa tranche. À cela s'ajoute une surtaxe de 3 % (mas yesef) sur la part du revenu annuel imposable supérieure à 721 560 NIS, soit 60 130 NIS par mois ; pour les revenus de source capitalistique, la surtaxe est portée à 5 % au-delà du même seuil.
Le calcul se fait par mois et non sur l'année : l'employeur retient chaque mois l'impôt résultant du seul salaire du mois, en tenant compte des points de crédit déclarés. Un bonus versé en un mois donné peut donc être taxé plus lourdement que le reste, avant une éventuelle régularisation lors de la déclaration annuelle.
Les points de crédit (nekudot zikui)
Le mécanisme le plus singulier pour un lecteur français est celui des points de crédit. Chaque point vaut 242 NIS par mois en 2026 : on calcule l'impôt selon le barème, puis on retranche 242 NIS par point détenu. Un résident dispose d'un nombre de points qui dépend de sa situation : sexe, enfants, nouvel immigrant, ancien soldat, diplôme, handicap. Le livret officiel consulté ne précise pas le décompte standard ; il s'obtient via le formulaire de déclaration que le salarié remet à son employeur (formulaire 101) et dont la liste détaillée figure sur le site de l'administration fiscale.
L'effet est une réduction d'impôt fixe, comparable à une décote : à 3 points, l'impôt baisse de 726 NIS par mois. Pour un petit salaire, le crédit peut faire tomber l'impôt à zéro, sans jamais le rendre négatif ; pour un cadre, il ne représente qu'une part faible de la facture.
Un salarié qui cumule deux emplois ne peut utiliser ses points que chez l'un d'eux : le second employeur applique en principe une retenue sans crédit, donc plus lourde. C'est une cause fréquente de net inférieur aux attentes.
Bituach Leumi et cotisation santé : deux étages
L'Institut national d'assurance (Bituach Leumi) prélève une cotisation de sécurité sociale et une cotisation d'assurance santé. Les deux sont calculées selon un tarif réduit jusqu'à 60 % du salaire moyen, puis au tarif plein au-delà, avec un plafond d'assiette. Les taux publiés au 1er janvier 2026 sont les suivants.
| Tranche de salaire mensuel | Assurance nationale (salarié) | Santé (salarié) | Total salarié | Total employeur |
|---|---|---|---|---|
| jusqu'à 7 703 NIS (taux réduit) | 1,04 % | 3,23 % | 4,27 % | 4,51 % |
| de 7 703 à 51 910 NIS (taux plein) | 7 % | 5,17 % | 12,17 % | 7,6 % |
Le plafond d'assiette, 51 910 NIS par mois, est actualisé chaque janvier en fonction des prix à la consommation. Au-delà, plus aucune cotisation de ce type n'est due. La cotisation employeur n'est pas retirée du net, mais elle compte dans le coût du salarié : au taux plein, l'employeur paie 7,6 % de plus en plus du brut.
Contrairement à la France, l'assurance maladie est financée par une cotisation individuelle indépendante de l'assurance sociale ; elle donne accès au système de santé par l'intermédiaire des caisses (kupot holim), dont le fonctionnement dépasse le cadre de cette page.
Exemple : 12 000 NIS bruts par mois
Hypothèses : salarié résident, un seul employeur, 3 points de crédit (hypothèse d'école), aucune retenue de pension ni de fonds d'études.
- Impôt selon le barème : 7 010 × 10 % = 701 NIS ; (10 060 − 7 010) × 14 % = 427 NIS ; (12 000 − 10 060) × 20 % = 388 NIS. Total : 1 516 NIS.
- Crédit : 3 × 242 = 726 NIS. Impôt retenu : 790 NIS.
- Cotisation : 7 703 × 4,27 % = 328,92 NIS ; (12 000 − 7 703) × 12,17 % = 522,97 NIS. Total : 851,89 NIS.
- Net : 12 000 − 790 − 851,89 = 10 358,11 NIS.
Le net est de 86,3 % du brut dans cet exemple. Sans aucun point de crédit, l'impôt serait de 1 516 NIS et le net de 9 632,11 NIS. L'écart de 726 NIS illustre le poids du formulaire de déclaration.
Ce résultat ne tient pas compte de la retenue de pension obligatoire à la charge du salarié, ni de contributions facultatives (fonds de perfectionnement, assurance invalidité complémentaire), qui réduisent le net mais peuvent ouvrir des avantages fiscaux dont le détail n'a pas été vérifié ici.
Salaire minimum et épargne retraite
Le salaire minimum mensuel est de 6 443,85 NIS depuis le 1er avril 2026 selon Bituach Leumi, soit 34,64 NIS de l'heure sur la base de 186 heures mensuelles, ou 35,40 NIS sur la base de 182 heures. La différence de taux horaire tient à la base d'heures retenue, qui dépend de la semaine de travail contractuelle.
À ce niveau, l'impôt est pratiquement nul avec les points de crédit habituels, car la totalité du salaire se trouve dans la première tranche de 10 % : 644,39 NIS d'impôt avant crédit, moins les points. La cotisation d'assurance, de 4,27 % jusqu'à 7 703 NIS, représente 275,15 NIS.
Le droit israélien reconnaît par ailleurs une assurance pension obligatoire et une indemnité de départ pour les salariés ; les taux de ces cotisations ont une source distincte, le ministère du Travail, et n'ont pas été confirmés pour cette page. Il faut les vérifier sur le site officiel du ministère avant de les intégrer à un calcul. Ils ne figurent pas dans l'exemple chiffré ci-dessus.
Particularités pratiques pour un lecteur francophone
Plusieurs usages locaux surprennent. Le salaire est exprimé en NIS (nouveau shekel) et versé mensuellement . Le « net » que l'on cite dans une offre se réfère à la paie après impôt, cotisations Bituach Leumi et santé, mais souvent avant retenues de pension et de fonds d'études, d'où des écarts entre le net annoncé et le montant viré.
Le nouvel immigrant (oleh chadash) bénéficie de points de crédit supplémentaires pendant une durée limitée suivant son arrivée, d'après les calculateurs spécialisés ; les conditions et la durée exactes n'ont pas été vérifiées ici et sont à faire confirmer par l'administration fiscale avant tout calcul.
Enfin, le traitement des revenus perçus à l'étranger par un résident, ou des revenus israéliens d'un non-résident, obéit à des règles de résidence fiscale et de conventions bilatérales qui sortent du cadre d'un calcul brut-net simple. Un salarié français détaché en Israël, ou un Franco-Israélien, doit demander un avis individuel.
Questions fréquentes
Quels sont les taux d'impôt sur les salaires en Israël en 2026 ?
Six taux mensuels : 10 % jusqu'à 7 010 NIS, 14 % jusqu'à 10 060, 20 % jusqu'à 19 000, 31 % jusqu'à 25 100, 35 % jusqu'à 46 690 puis 47 %. Une surtaxe de 3 % s'applique au-delà de 721 560 NIS par an.
Combien vaut un point de crédit en 2026 ?
242 NIS par mois, déduits de l'impôt calculé. Le nombre de points dépend de la situation personnelle déclarée à l'employeur sur le formulaire prévu à cet effet.
Quelles cotisations Bituach Leumi un salarié paie-t-il ?
Au 1er janvier 2026, 4,27 % du salaire jusqu'à 7 703 NIS (1,04 % d'assurance nationale et 3,23 % de santé), puis 12,17 % au-delà (7 % et 5,17 %), jusqu'à un plafond de 51 910 NIS par mois.
Quel est le salaire minimum en Israël en 2026 ?
6 443,85 NIS par mois depuis le 1er avril 2026, soit 34,64 NIS de l'heure sur la base de 186 heures par mois.
Pourquoi un deuxième emploi réduit-il le net ?
Les points de crédit ne s'utilisent que chez un seul employeur. Le second applique l'impôt sans crédit, ce qui diminue le net, avant régularisation éventuelle lors de la déclaration annuelle.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- Autorité fiscale d'Israël — Livret des retenues mensuelles d'impôt sur le revenu, 2026Barème mensuel, valeur du point de crédit et seuil de la surtaxe pour 2026.
- Bituach Leumi — Taux de cotisation des salariés résidentsTaux salarié et employeur, seuil de 7 703 NIS et plafond de 51 910 NIS.
