Partir du bon revenu : la déduction pour revenus salariés
Le fisc japonais n'impose pas directement le salaire brut. Il applique d'abord une déduction pour frais forfaitaire, la kyūyo shotoku kōjo, qui transforme le salaire annuel en « revenu salarial » (kyūyo shotoku). L'administration fiscale nationale (NTA) donne la formule en vigueur pour les revenus de 2025 et au-delà, où A est le salaire annuel brut et B égale A divisé par quatre, arrondi au millier inférieur :
| Salaire annuel brut (A) | Revenu salarial |
|---|---|
| jusqu'à 650 999 yens | 0 |
| de 651 000 à 1 899 999 yens | A − 650 000 |
| de 1 900 000 à 3 599 999 yens | B × 2,8 − 80 000 |
| de 3 600 000 à 6 599 999 yens | B × 3,2 − 440 000 |
| de 6 600 000 à 8 499 999 yens | A × 0,9 − 1 100 000 |
| 8 500 000 yens ou plus | A − 1 950 000 |
Le plancher de déduction est passé de 550 000 à 650 000 yens avec la réforme de 2025. Pour un salaire de 5 000 000 yens, B = 1 250 000, le revenu salarial est de 3 560 000 yens et la déduction de 1 440 000 yens.
La déduction ne dépend ni des frais réels ni du métier : chacun la reçoit selon son salaire. Les salariés dont le salaire dépasse 8 500 000 yens et qui ont un enfant de moins de 23 ans ou une personne handicapée à charge bénéficient d'un abattement supplémentaire.
Les déductions personnelles et le barème de l'impôt national
Du revenu salarial, on retranche ensuite les cotisations sociales payées dans l'année et les déductions personnelles. La principale est la déduction de base (kiso kōjo). Pour 2026, la NTA publie des montants qui varient avec le revenu total : 950 000 yens jusqu'à 1 320 000 yens de revenu, 880 000 yens jusqu'à 3 360 000, 680 000 yens jusqu'à 4 890 000, 630 000 yens jusqu'à 6 550 000, puis 580 000 yens jusqu'à 23 500 000 yens. À partir de 2027, les trois tranches intermédiaires basculent à 580 000 yens.
La réforme a aussi créé une déduction pour parent éloigné (tokutei shinzoku tokubetsu kōjo), pouvant atteindre 630 000 yens, pour un dépendant de 19 à moins de 23 ans dont le revenu total se situe entre 580 000 et 1 230 000 yens. Les plafonds de revenu des conjoints et des personnes à charge passent de 480 000 à 580 000 yens.
Le revenu ainsi obtenu (revenu imposable) passe dans un tableau de calcul rapide, publié par la NTA au 1er avril 2026 :
| Revenu imposable (yens) | Taux | Montant à retrancher |
|---|---|---|
| 1 000 à 1 949 000 | 5 % | 0 |
| 1 950 000 à 3 299 000 | 10 % | 97 500 |
| 3 300 000 à 6 949 000 | 20 % | 427 500 |
| 6 950 000 à 8 999 000 | 23 % | 636 000 |
| 9 000 000 à 17 999 000 | 33 % | 1 536 000 |
| 18 000 000 à 39 999 000 | 40 % | 2 796 000 |
| 40 000 000 et plus | 45 % | 4 796 000 |
L'impôt s'obtient par revenu imposable × taux − montant à retrancher. À cet impôt s'ajoute la surtaxe de reconstruction (fukkō tokubetsu shotokuzei), égale en principe à 2,1 % de l'impôt de base. La NTA annonce que, à partir de 2027, le taux de cette surtaxe baissera et sa durée sera allongée, sans changer le taux global.
Les assurances sociales (shakai hoken) prélevées sur le salaire
Dans les entreprises de taille ordinaire, quatre cotisations sont prélevées sur le salaire de base et sur les primes. Les montants se calculent sur une rémunération mensuelle standard classée par grade, ce qui produit un léger arrondi par rapport au salaire exact.
- Assurance maladie : pour 2026, la caisse Kyōkai Kenpo publie 9,85 % à Tokyo (9,21 % à Niigata, le taux le plus bas, et 10,55 % à Saga, le plus élevé), en baisse par rapport à 9,91 % l'an dernier. Ce taux est en principe réparti entre l'employeur et le salarié.
- Assurance soins de longue durée : 1,62 %, uniforme dans le pays, pour les assurés de 40 à 64 ans.
- Soutien à l'enfance et à la famille : une contribution de 0,23 % s'ajoute à partir de la paie d'avril 2026 (versée en mai).
- Retraite salariale (kōsei nenkin) : le taux de 18,3 % est fixé depuis septembre 2017. Elle est en principe partagée à parts égales, soit 9,15 % pour le salarié.
- Assurance emploi : pour l'exercice du 1er avril 2026 au 31 mars 2027, le taux est de 0,5 % pour le salarié, 0,85 % pour l'employeur, 1,35 % au total dans le secteur général.
Ces cotisations salariales sont déductibles du revenu pour l'impôt, ce qui réduit l'assiette dans le calcul de la section suivante. Le montant exact dépend de la région (taux d'assurance maladie) et de l'âge (soins de longue durée).
Exemple : 5 000 000 yens bruts par an à Tokyo
Hypothèses : salarié célibataire de moins de 40 ans, sans personne à charge, travaillant à Tokyo, sans prime séparée, avec un salaire mensuel de 416 667 yens ; les arrondis liés aux grades de rémunération sont ignorés.
- Assurance maladie : 416 667 × 4,925 % = 20 521 yens par mois. Retraite : 416 667 × 9,15 % = 38 125 yens. Assurance emploi : 416 667 × 0,5 % = 2 083 yens. Total : environ 60 729 yens par mois, soit 728 750 yens par an.
- Revenu salarial : 3 560 000 yens (voir formule ci-dessus).
- Revenu imposable : revenu salarial moins cotisations sociales moins déduction de base de 680 000 yens (revenu de 3 560 000 yens, tranche de 3 360 000 à 4 890 000) : 3 560 000 − 728 750 − 680 000 = 2 151 250, arrondi à 2 151 000 yens.
- Impôt : 2 151 000 × 10 % − 97 500 = 117 600 yens. Surtaxe de reconstruction : 2,1 % = 2 470 yens. Total : environ 120 070 yens.
Le net annuel avant taxe de résidence est donc d'environ 4 151 180 yens, soit 83 % du brut. La contribution de soutien à l'enfance de 0,23 % (dont la part du salarié n'est pas précisée dans les sources consultées) et la cotisation de soins de longue durée pour les 40 ans et plus réduisent un peu ce résultat.
Ce calcul est celui du système annuel ; la retenue mensuelle de l'employeur utilise des tableaux et se régularise à l'ajustement de fin d'année (nenmatsu chōsei), qui peut produire un remboursement ou un complément.
La taxe de résidence, payée avec un an de retard
Le Japon prélève en plus une taxe de résidence locale (jūminzei), perçue par la municipalité et la préfecture. Elle n'est pas calculée par les tableaux de l'administration fiscale nationale, mais à partir du revenu de l'année précédente, et elle est en général retenue sur le salaire par mensualités sur douze mois. Son taux général est de l'ordre de 10 % du revenu imposable local, avec des déductions légèrement différentes ; le taux exact, la part forfaitaire et les éventuelles contributions annexes sont à confirmer auprès de la mairie, car les sources consultées pour cette page ne les détaillent pas.
Conséquence pratique : un salarié qui arrive au Japon n'en paie pas la première année, mais en subit la totalité l'année suivante, alors qu'il peut avoir quitté le pays ou changé d'emploi. Inversement, un salarié qui perd son emploi reste redevable de la taxe correspondant au revenu de l'année écoulée. Pour une négociation salariale, il faut donc comparer le net de la première année et celui des années suivantes.
Dans l'exemple précédent, cette taxe réduit encore le net de plusieurs centaines de milliers de yens par an ; ce montant n'a pas été chiffré ici faute de source vérifiée.
Primes, salaire minimum et particularités
Beaucoup d'entreprises japonaises versent une partie de la rémunération sous forme de primes semestrielles (shōyo), qui subissent les mêmes cotisations sociales et sont imposées par une retenue spécifique. Pour comparer deux offres, il faut donc distinguer le salaire annuel total du salaire mensuel affiché : multiplier le mensuel par douze ne donne pas toujours le total annuel.
Le salaire minimum est fixé par préfecture et revalorisé chaque année par le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales. Les valeurs de 2026 n'ont pas été vérifiées pour cette page : elles sont à consulter dans le tableau officiel du ministère pour la préfecture concernée.
Quant aux seuils de revenu qui déclenchent l'impôt ou les assurances sociales pour les travailleurs à temps partiel, ils ont été remaniés par la réforme de 2025. La NTA indique que les plafonds de revenu des dépendants passent de 480 000 à 580 000 yens et celui des étudiants salariés de 750 000 à 850 000 yens ; les conditions d'affiliation aux assurances sociales relèvent d'une autre réglementation et doivent être vérifiées séparément.
Questions fréquentes
Quels sont les taux d'impôt sur le revenu au Japon ?
Sept taux nationaux selon le revenu imposable : 5 %, 10 %, 20 %, 23 %, 33 %, 40 % et 45 %, calculés avec un montant à retrancher. À l'impôt s'ajoute la surtaxe de reconstruction de 2,1 % de l'impôt de base.
Quelle est la cotisation retraite d'un salarié japonais ?
Le taux de la retraite salariale est de 18,3 %, fixé depuis septembre 2017. La part du salarié est de moitié, soit 9,15 %, le reste étant à la charge de l'employeur.
Quel est le taux d'assurance maladie à Tokyo en 2026 ?
9,85 % pour la caisse Kyōkai Kenpo, contre 9,91 % l'an dernier. Les taux régionaux vont de 9,21 % à Niigata à 10,55 % à Saga ; la cotisation est en principe partagée entre salarié et employeur.
Qu'est-ce que la déduction de base en 2026 ?
Une déduction de 950 000 yens (revenu jusqu'à 1 320 000), 880 000 yens (jusqu'à 3 360 000), 680 000 yens (jusqu'à 4 890 000), 630 000 yens (jusqu'à 6 550 000) puis 580 000 yens ensuite. Les tranches intermédiaires tombent à 580 000 yens dès 2027.
Pourquoi la taxe de résidence surprend-elle les nouveaux arrivants ?
Elle repose sur le revenu de l'année précédente : rien la première année, puis des prélèvements mensuels l'année suivante, même si l'on a changé d'emploi ou de pays.
Le taux de l'assurance emploi a-t-il changé ?
Pour l'exercice d'avril 2026 à mars 2027, il est de 0,5 % à la charge du salarié et de 0,85 % pour l'employeur, soit 1,35 % au total dans le secteur général.
Pour aller plus loin : organismes et ressources
- Agence nationale des impôts du Japon (NTA) — Barème de l'impôt sur le revenuTableau officiel des taux et montants à retrancher, avec la surtaxe de reconstruction de 2,1 %.
- Kyōkai Kenpo — Taux de cotisation 2026 par préfectureTaux d'assurance maladie par préfecture, taux des soins de longue durée et contribution de soutien à l'enfance.
- Ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales — Taux d'assurance emploi 2026Taux de l'assurance emploi pour l'exercice d'avril 2026 à mars 2027, parts salarié et employeur.
