Simulateur de salaire net en France (2026)

Calcul dans votre navigateur, sans envoi de données. Net = montant viré sur le compte bancaire (après cotisations et impôt à la source quand il existe). Résultat indicatif, voir les hypothèses affichées sous le résultat.

Ce que le simulateur salarié ne dit pas pour un livreur

Le simulateur ci-dessus applique le barème d'un salarié du privé : vieillesse, Agirc-Arrco, CSG, CRDS, puis prélèvement à la source. Un livreur indépendant ne relève de rien de tout cela. Il n'a ni employeur ni bulletin de salaire, ne cotise pas à l'assurance chômage et supporte lui-même ses frais de déplacement. Le simulateur ne sert ici que de repère : il permet de traduire le revenu du livreur en brut de salarié équivalent, pour mesurer l'écart avec un emploi salarié rémunéré au SMIC.

Le calcul propre au livreur part du montant encaissé sur la plateforme, tel qu'il figure sur le relevé de ses courses, puis applique trois mécanismes distincts : les cotisations sociales du régime micro-social, l'impôt sur le revenu avec abattement forfaitaire ou versement libératoire, et la TVA si les seuils sont dépassés. Les sections suivantes les prennent dans cet ordre.

Quel statut, quel taux : la livraison est une prestation de services

Un livreur qui transporte des repas pour le compte d'une plateforme réalise une prestation de services à caractère commercial. Dans la plupart des cas, il s'inscrit en micro-entreprise sous la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux de prestations de services. Le code d'activité à déclarer au guichet des formalités est à confirmer au moment de l'inscription ; la catégorie détermine les taux ci-dessous.

Catégorie micro-entrepriseCotisations 2026Abattement fiscalVersement libératoire
BIC vente de marchandises12,3 %71 %1 %
BIC prestations de services21,2 %50 %1,7 %
BNC professions libérales (hors Cipav)25,6 %34 %2,2 %

La livraison relève de la deuxième ligne : 21,2 % de cotisations sur chaque euro encaissé, un abattement de 50 % pour calculer le bénéfice imposable, et 1,7 % si l'on opte pour le versement libératoire. Le plafond de chiffre d'affaires annuel de cette catégorie est de 83 600 € pour les revenus 2026. Une contribution à la formation professionnelle s'ajoute aux cotisations ; son taux est à lire sur le site officiel de l'Urssaf.

1 800 € facturés dans le mois : le calcul détaillé

Retenons un livreur dont les courses du mois totalisent 1 800 € sur le relevé de la plateforme. Ce chiffre correspond à peu près à 84 heures de livraison effective payées au rythme moyen de 21,5 € de l'heure observé en 2025 par l'autorité de régulation du secteur ; il suppose en réalité davantage d'heures de connexion, puisque l'attente entre deux commandes n'est pas payée.

PosteCalculMensuelAnnuel (12 mois)
Chiffre d'affairesrelevé de la plateforme1 800,00 €21 600,00 €
Cotisations sociales21,2 %381,60 €4 579,20 €
Reste avant impôt et frais1 800 − 381,601 418,40 €17 020,80 €
Bénéfice imposableabattement de 50 %900,00 €10 800,00 €
Versement libératoire (option)1,7 % du chiffre d'affaires30,60 €367,20 €
Reste avec l'option1 418,40 − 30,601 387,80 €16 653,60 €

L'abattement de 50 % représente un forfait censé couvrir tous les frais : le livreur ne peut pas déduire en plus l'entretien de son scooter, son carburant ou son forfait téléphonique. En revanche, ces dépenses viennent réellement en moins de sa trésorerie. Si l'on retient, à titre d'hypothèse, 300 € de frais par mois pour un deux-roues motorisé (carburant, assurance, entretien, téléphone), il reste 1 118,40 € avant impôt, soit 1 087,80 € avec l'option du versement libératoire.

Comparaison avec un salarié au SMIC

Au 1er juin 2026, le SMIC mensuel brut pour 35 heures est de 1 867,02 €. Le simulateur donne pour ce salaire un net avant impôt de 1 477,93 € et, comme le taux neutre est alors nul, la même somme virée sur le compte. Les 1 418,40 € du livreur après cotisations correspondent, dans l'échelle du simulateur, à un brut salarié d'environ 1 790 € : on dirait que le livreur gagne presque un SMIC.

La comparaison est trompeuse pour quatre raisons. Les 1 800 € sont bruts de frais alors que le salaire du SMIC ne l'est pas. Ils ne comprennent ni congés payés, ni jours fériés, ni indemnité de maladie versée par un employeur. Le temps de connexion non payé n'apparaît pas dans le chiffre d'affaires. Enfin, un livreur à 1 800 € de facturation travaille souvent bien plus que 35 heures : une enquête de Médecins du Monde auprès d'environ un millier de coursiers, citée par la presse en avril 2026, relevait une moyenne de 63 heures par semaine pour 1 480 € bruts par mois.

Sur la base de 300 € de frais, le reste du livreur tombe à 1 118,40 €, ce qui le place sous le net du SMIC, alors que l'équivalent salarié n'ouvre pas droit aux mêmes protections.

La garantie minimale de revenus : ce que dit l'accord du secteur

Depuis l'accord collectif du 20 avril 2023 conclu sous l'égide de l'Autorité des relations sociales des plateformes d'emploi, les livreurs indépendants bénéficient d'une garantie minimale de revenus par heure d'activité. Un avenant publié par l'ARPE le 10 juillet 2026 la porte de 11,75 € à 19 € par heure d'activité à compter du 1er septembre 2026 et l'apprécie désormais sur une base hebdomadaire, alors que le calcul était mensuel. Les partenaires sociaux envisagent par ailleurs une formule tenant compte des kilomètres parcourus.

Cette garantie ne fait pas du livreur un salarié : le montant concerne le chiffre d'affaires facturé, avant cotisations et avant frais. Sur 19 € de l'heure, 21,2 % de cotisations représentent 4,03 €, ce qui laisse 14,97 € avant frais et impôt. Les conditions précises de déclenchement (heures prises en compte, plateformes concernées, périodes) sont fixées par l'avenant et doivent être lues sur le site de l'ARPE plutôt que déduites d'un exemple.

Ce que l'ARPE publie sur les revenus horaires

L'ARPE suit depuis 2021 les indicateurs d'activité des plateformes de livraison. Pour 2025, elle relevait un revenu horaire brut pendant les livraisons de 21,5 € chez Uber Eats, en hausse de 4,7 %, soit la première progression depuis le début du suivi. Uber l'attribue en partie à un revenu minimal par livraison introduit en juin. Sur cinq ans, de 2021 à 2025, ce revenu horaire a reculé de 22,4 % en valeur et d'environ 31,7 % une fois corrigée l'inflation.

Ce chiffre est un revenu brut pendant la livraison. Il exclut le temps d'attente entre deux courses et les cotisations sociales. Il surestime donc le revenu réel par heure de travail, et plus encore le net. Quiconque cherche à estimer son revenu doit partir de son relevé réel et non de la moyenne du secteur.

TVA, plafonds et début d'activité

La franchise en base de TVA couvre les prestations de services jusqu'à 37 500 € de chiffre d'affaires de l'année précédente, avec une tolérance jusqu'à 41 250 € dans l'année en cours. Un livreur à 21 600 € par an en est loin. Au-delà du seuil majoré, la franchise cesse dès le premier jour du dépassement.

Le plafond du régime micro, 83 600 € pour les prestations de services, n'est jamais atteint par un livreur seul, mais il l'est parfois par ceux qui exercent par plusieurs applications avec un véhicule de location ou des remplaçants. Dépasser durablement ce plafond fait basculer vers le régime réel : les règles de tolérance sont à vérifier auprès de l'Urssaf.

À la création, l'aide à la création ou à la reprise d'entreprise réduit les cotisations la première année. Selon le décret du 6 février 2026, le taux d'exonération est limité à 25 % pour les micro-entrepreneurs qui s'inscrivent à partir du 1er juillet 2026, contre 50 % auparavant. Sur 1 800 € de chiffre d'affaires, 25 % de réduction équivalent à environ 95 € par mois la première année, à vérifier sur le site officiel avant de compter dessus.

Déclarations et protections à connaître

Un livreur déclare son chiffre d'affaires à l'Urssaf chaque mois ou chaque trimestre, selon l'option choisie à l'inscription, même quand il est nul. Les plateformes transmettent à l'administration fiscale un relevé annuel des sommes versées : l'écart avec la déclaration du livreur attire l'attention. Les revenus tirés de la plateforme se reportent aussi dans la déclaration annuelle de revenus, à la rubrique des bénéfices industriels et commerciaux en micro.

Côté protection, l'absence d'assurance chômage, la couverture limitée des arrêts maladie et les droits à la retraite proportionnels au chiffre d'affaires doivent peser dans la décision. Le montant des indemnités journalières et les conditions d'ouverture sont à demander à la caisse compétente. Pour les accidents survenus pendant la livraison, la couverture éventuelle proposée par la plateforme est à lire dans les conditions d'utilisation de l'application, et à comparer avec une assurance personnelle.

Questions fréquentes

Quel taux de cotisations pour un livreur Uber Eats en micro-entreprise ?

21,2 % du chiffre d'affaires encaissé en 2026, taux des prestations de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux. La contribution à la formation professionnelle s'ajoute. La catégorie exacte est à confirmer lors de l'inscription au guichet des formalités.

Combien gagne un livreur Uber Eats par heure ?

L'ARPE relevait pour 2025 un revenu horaire brut de 21,5 € pendant les livraisons chez Uber Eats. Ce chiffre exclut l'attente entre deux courses et les cotisations sociales : le net par heure de connexion est nettement inférieur.

Qu'est-ce que la garantie minimale de revenus des livreurs ?

Un plancher horaire fixé par accord collectif sous l'égide de l'ARPE. Selon l'avenant publié en juillet 2026, il passe de 11,75 € à 19 € par heure d'activité au 1er septembre 2026 et s'apprécie par semaine. Il s'agit d'un chiffre d'affaires, avant cotisations et frais.

Faut-il facturer de la TVA quand on livre pour Uber Eats ?

Pas tant que le chiffre d'affaires reste sous la franchise en base : 37 500 € pour les prestations de services, avec une tolérance à 41 250 € en cours d'année. Au-delà, la TVA devient exigible dès le dépassement du seuil majoré.

Le versement libératoire est-il avantageux pour un livreur ?

Il fixe l'impôt à 1,7 % du chiffre d'affaires, soit 30,60 € pour 1 800 €. Il n'est ouvert que si le revenu fiscal de référence d'il y a deux ans ne dépasse pas 29 579 € pour une personne seule. Un foyer non imposable n'a généralement rien à gagner à l'opter.

Peut-on déduire les frais de scooter ou de vélo ?

Pas en micro-entreprise : l'abattement forfaitaire de 50 % remplace la déduction des frais réels. Ces dépenses réduisent la trésorerie sans réduire l'impôt. Passer au régime réel n'est intéressant que si les charges dépassent durablement la moitié du chiffre d'affaires.

Pour aller plus loin : organismes et ressources